mardi 30 novembre 2010

L'affaire de l'esclave Furcy



http://ecx.images-amazon.com/images/I/41gkxpzxn2L._SL500_AA300_.jpgL'affaire de l'esclave Furcy
Mohammed Aïssaoui
Gallimard, 2010
Fraîchement lauréat du prix RFO!
 
 
 
 
Encore une fois, la coupable se nomme clara.Qu'elle soit cependant remerciée...
 
 
 
Jorge Semprun, à propos de la littérature de la déportation, affirmait "Sans la fiction, le souvenir périt."
 
Même s'il ne s'agit pas ici de fiction, Mohammed Aïssaoui déclare en quatrième de couverture avoir "éprouvé le désir - le désir fort, impérieux- de retrouver et de comprendre Furcy. De l'imaginer aussi."
 
S'appuyant sur des documents récemment mis à la disposition du public ou des études sur des thèmes plus globaux, il s'est intéressé à cette histoire incroyable : en 1817, à l'ile de la Réunion encore nommée île Bourbon, un esclave d'origine indienne découvre que sa mère décédée était en réalité affranchie depuis des années et que lui, Furcy, devrait l'être aussi. Il se décide à intenter un procès à son maître., et c'est le début de vingt-sept années de lutte, d'espoirs différés, d'audiences et de plaidoiries.
 
Sachez tout d'abord que, "comme la loi l'exigeait, un esclave ne pouvait attaquer son maître (ou une autre personne) en justice sans passer par ... son maître. C'est le propriétaire qui portait la voix de l'esclave."
 
Et pourtant Furcy, calme, digne, en dépit de l'emprisonnement puis l'envoi dans l'ile de France toute proche (actuellement ile Maurice), dans le but de calmer l'effervescence née à la Réunion chez les propriétaires craignant une propagation de ces idées de liberté, malgré l'éloignement en France des magistrats qui lui ont accordé un fidèle soutien, tient bon; Mohammed Aïssaoui, avec l'émotion que l'on imagine, a retrouvé des lettres de Furcy. Et moi aussi je me le représente à ses procès, tenant dans la main gauche la Déclaration des droits de l'homme...
 
L'auteur a opté pour un style d'une grande sobriété; un tel sujet est dur et ne demande pas de l'enrobage. La documentation que l'on sent minutieuse se coule aisément dans le texte.
 
"Enfin, tout était moins monochrome qu'on veut bien le croire. Bien sûr, il y avait des noirs esclaves. Mais des noirs possédaient des esclaves, et nombre d'entre eux étaient farouchement opposés à toute idée d'abolition. Des noirs chassaient, jusqu'à les tuer, d'autres noirs. Des noirs asservissaient des métis... Et il arrivait souvent que, dès qu'un esclave devenait affranchi, il ambitionnait de posséder des esclaves, lui aussi. Des blancs aidaient des noirs, et vice versa...(...)
Il suffisait d'observer le système économique, et tout s'éclairait. (...) Si l'on regardait de plus près, tout était organisé pour maintenir le système en place: l'homme considéré comme une marchandise; l'interdiction pour les esclaves de posséder et donc de s'enrichir; l'interdiction de s'instruire."
 
Vous l'aurez compris, la lecture de L'affaire de l'esclave Furcy est absolument indispensable.
 
"C'est le problème pour tout un pan de l'histoire : les victimes ne laissent pas de traces. Quand je me suis penché sur cette affaire, je m'attendais à trouver des témoignages directs. Il n'y a rien, ou presque rien. Que des silences. Trop de silences. Et des morts anonymes. Une histoire sans archives." On ignore quand et où est mort Furcy...
 
http://aphgreunion.free.fr/Garreau1849.jpg
 
 
 
Tableau de Garreau, 1849. Sarda Garriga, commissaire général de la République,  annonce aux esclaves de La Réunion leur libération, le 20 décembre 1848.
 
  (lire aussi l'article entier )
http://www.histoire-image.org/pleincadre/img/p.gif

Commenter cet article

Sabbio Il y a 2 ans


J'en avais entendu parler il y a quelques mois puis, plus récemment chez Clara et l'ai donc noté sur ma LAL, préciseusement... il me faut le lire!



Choupynette Il y a 2 ans

cela a l'air passionnant!! Au fait, le Rosa Montero est arrivé chez moi aujourd'hui!


juliette Il y a 2 ans


Incredible comment qu'on est trop pareilles! J'en avais entendu parlé sur inter, c'était passionnant...Je l'ai offert à deux oncles et moi comme d'hab j'attends le poche...






juliette Il y a 2 ans


Et pour Noël, je m'offre les Abbey, les Craig Jonson et les WilliamG.Tapply en 'grand format' (sortiront jamais en poche, le format n'est pas trop gros en plus les livres sont beaux, ce qui n'est
pas toujours le cas). Je vais y aller un par un, imagine que je n'aime pas (non!!!!!!)



juliette Il y a 2 ans


Tout ça pour dire : tu m'as contaminée!



Lystig Il y a 2 ans


quelle tentatrice cette clara !



clara Il y a 2 ans


Je plaide coupable !!!! Oui, et sans remord en plus...



clara Il y a 2 ans


Et scoop un jour, scoop toujours : il y aura une adaptation au cinéma !



Bruno Il y a 2 ans


une incroyable histoire, un incroyable destin! Voilà un roman qu'il me plairait de lire! où ai je encore ranger le N° de teléphone du Père Noel?



Cynthia Il y a 2 ans


Je serais sans doute passée à côté de ce livre sans vos avis éclairés, je note donc ;)



Aifelle Il y a 2 ans


Déjà repéré chez Clara tu t'en doutes  mais je vais laisser passer la trêve des confiseurs, j'ai envie de
lectures plus légères en ce moment, je n'en peux plus de la noirceur du monde.



Marie Il y a 2 ans


C'est sûr, il ne faut pas oublier l'Histoire, même les périodes les moins glorieuses ! Je note ce titre...






Hélène Il y a 2 ans


Bon combien de livres peut contenir une liste pour le père Noël ? Il a des quotas, tu crois ?



juliette Il y a 2 ans


Indian creek, je l'ai et je l'ai lu!... Totem c'est pas cher! Merci quand même...



Dominique Il y a 2 ans


Entre Clara et toi vous vous y entendez pour nous faire craquer, je vais attendre patiemment une sortie poche car j'ai déjà dans ma PAL un livre sur l'esclavage qui attend depuis ... mais la
référence de celui ci est notée



zarline Il y a 2 ans


Billet très tentant, comme d'hab J'ai lu beaucoup beaucoup d'ouvrages sur l'esclavage lors de mon séjour au Ghana
(le plus marquant reste Equiano's travel) et bon, pourquoi pas revenir à ce thème avec un livre de qualité.


HS: J'ai pensé à toi ce week-end. Je suis tombée dans une bouquinerie sur Le gang de la clé à molette mais Mr. Z a insisté qu'il l'avait déjà et qu'il suffisait qu'il aille le chercher en
Anglettere lors de son prochain voyage. J'attends de voir ça (et pourquoi je l'écoute d'abord... bon ok, j'ai acheté une dizaine d'autres livres ce jour-là, hum hum)



Suzanne Il y a 2 ans


Ô que oui que je note. Sirop Keisha tu as de belles découvertes à nous offrir! Merci.



Yv Il y a 2 ans


Etonnant comme histoire, mais tellement propice à un bon livre !



maggie Il y a 2 ans


Moi aussi il me semble indispensable de connaître ce livre !!!! Quelle phrase choc de Semprun, je suis conquise !



Gwenaelle Il y a 2 ans


je vais le lire, Clara et toi m'avez convaincue mais pas tout de suite...



In Cold Blog Il y a 2 ans


A la suite du billet de Clara, je m'étais dit qu'il fallait absolument que je sorte ce livre de ma PAL. Ton billet me rappelle cruellement combien je ne suis au fond qu'un velléitaire.



Ellcrys Il y a 2 ans


Tu viens de me convaincre de lire ce livre, d'autant plus qu'il traite d'un pan important de l'histoire mondiale.



Griotte Il y a 2 ans


Repéré chez Clara à la suite du Prix RFO ! Ton billet conforte donc mon envie de le lire !



Géraldine Il y a 2 ans


Et bien figure toi que tu me donnes envie là, même si le sujet n'est pas franchement drôle. Mais l'histoire des DOM - et donc de l'esclavage indubitablement- m'intéresse.



L'Ogresse Il y a 2 ans


Bon, bon, pas le choix alors, je le note !



Stephie Il y a 2 ans


Si c'est indispensable, je note. Il me tente beaucoup en plus. Merci du conseil



A_girl_from_earth Il y a 2 ans


Dis-donc t'as une nouvelle fournisseuse d'idées de lecture (j'évite le mot "coupable") redoutable!! (bouclier renforcé
max ON)



Jackie Brown Il y a 2 ans


Il est dans ma liste, mais je ne pense pas que j'arriverai à le trouver ici.



Jackie Brown Il y a 2 ans


J'espère qu'il sortira en poche un de ces jours.



attila Il y a 1 an

j'avais pas entendu parler de ce livre qui m'a brûlé les mains la semaine dernière chez mon libraire ..... mais j'en avais déjà ..... 6 ....... et oui, je sais que c'est pas raisonnable mais les
livres contrairement à la clope, c'est un investissement toujours productif et sur du long terme !!! ( dixit une ancienne accro à la cigarette ...)


j'y retourne demain ....... et cette fois-ci il rentre avec moi !!!!

lundi 29 novembre 2010

La nuit de l'oracle



http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/5/9/9782742747955.jpgLa nuit de l'oracle
Paul Auster
Actes Sud, 2004
238 pages totalement austériennes
 
 
 
Lecture commune avec Soie et Stéphie
 
 
Relevant d'une maladie qui l'a conduit près de la mort et ayant délaissé un peu l'écriture de romans, Sydney Orr quitte l'appartement de Brooklyn qu'il occupe avec sa femme Grace pour de courtes promenades dans le quartier ou des visites à son ami John Trause, un écrivain célèbre.
 
Il découvre par hasard une toute petite papeterie tenue par un chinois, où il achète un joli carnet bleu, dans lequel il commence à écrire avec "du plaisir, un sentiment exaltant et fou de plénitude".  Le point de départ est une anecdote fournie par Trause, découverte dans un roman de Hammett : un nommé Flitcraft quitte tout, famille, travail, après avoir frôlé la mort.  "La chute d'une poutre pouvait inopinément mettre fin à sa vie: il changerait sa vie inopinément, juste en s'en allant."
 
"Les mots me venaient, rapides, en douceur, sans effort apparent. (...). Les mots suivants semblait toujours être là, prêt à sortir de ma plume. Je voyais mon Flitcraft comme un nommé Nick Bowen. "
Ce Bowen est directeur littéraire, reçoit le manuscrit oublié d'un roman de Sylvia Maxwell, intitulé La nuit de l'oracle. Qui raconte l'histoire d'un homme qui lors de crises pouvait connaître certaines parties de l'avenir. Bref, Bowen échappe lui aussi à un accident mortel, et part à Kansas City.
 
Le lecteur habitué à Paul Auster reconnaîtra avec plaisir l'intrusion d'histoires dans l'histoire, habilement narrées en parallèle, dans un style fluide qui permet de suivre facilement. Sauf que là s'ajoutent de très longues notes de bas de page, passionnantes, qui éclairent la vie passée de Sydney Orr et obligent le lecteur à décrocher (à regret) d'une histoire pour se plonger dans une autre. Dur pour les nerfs, mais vivifiant pour le cerveau!
 
Nous sommes là en plein coeur du processus de création littéraire.
En effet Sydney décide de donner à Rosa Leightman, petite fille de Sylvia Maxwell, le corps de Grace, tout en donnant à Bowen un physique éloigné du sien. Pourquoi Kansas City? Sydney découvrira qu'en fait il se rappelait un événement qui s'y était déroulé. Bowen y rencontre un type qui collectionne les annuaires (Sydney possède l'annuaire de Varsovie daté de 1937-1938). "Il y a d'autres décisions à prendre, bien entendu, une foule de détails significatifs à imaginer (...).Depuis combien de temps Rosa vit-elle à New York, par exemple? Qu'y fait-elle?..." "Je ne rédigeais pas encore l'histoire, je ne faisais que l'esquisser à grands traits et je ne pouvais pas me permettre de m'enliser dans le détail de considérations secondaires.(...) Pour le moment je ne souhaitais que foncer droit devant moi, découvrir où allaient me conduire les images que j'avais en tête." John Krause apparaît dans l'histoire de Bowen. Sydney ne découvrira pas pourquoi ce choix de Sylvia Maxwell.
 
Tout commence à pas mal se mélanger... Un rêve de Grace évoque une situation critique pour Bowen. Mais "tant qu'on est dans un rêve, il y a toujours moyen de sortir". Ce qui arrive dans un roman peut-il influencer la réalité?
 
Encore une fois Paul Auster bouscule son lecteur et ne lui laisse pas la possibilité de décrocher des pages de son roman. C'est éblouissant mais ce qui pourrait n'être d'artificiel est passionnant grâce au talent de conteur hors pair d'Auster. Il a vraiment l'art d'inventer des histoires parfois incroyables, mais en un paragraphe le lecteur est pieds et poings liés.
 
D'autres avis : chez BOB
 

Partager cet article


Commenter cet article

Isabelle Il y a 2 ans


J'avais adoré ce roman ! Mon premier Auster, et le seul à ce jour... mais j'en lirai donc, c'est certain ! Surtout si ses autres romans sont aussi uniques !






Cécile Il y a 2 ans


Pas très emballée par "Seul dans le noir", unique roman que j'ai lu de cet auteur. De plus, le sujet ne m'attire pas tant que çà. En aurais-tu un autre à me proposer pour me laisser séduire ?




Aifelle Il y a 2 ans


Pas de tentation chez toi ce matin, Paul Auster m'indiffère (pas taper).



Stephie Il y a 2 ans


J'ai eu du mal à y entrer puis me suis régalée. Merci pour cette lecture commune.



juliette Il y a 2 ans


Comme je le disais à Amanda Meyre, je me souviens avoir adoré mais tous les Auster se mélangent dans ma tête!!!






clara Il y a 2 ans


Je n'ai aucune excuse... je n'ai toujours pas lu cet auteur ! Pas me punition, promis?



Gwenaelle Il y a 2 ans


Moi aussi je m'étais laissée captiver par ce roman mais si je devais en faire le résumé aujourd'hui, je serais très très embêtée...



Dominique Il y a 2 ans


je te sens très enthousiaste, j'ai beaucoup lu et aimé Auster mais maintenant je cale, je m'ennuie un peu
j'ai souris en lisant qu'il y avait une histire de carnet bleu, il y a qq années il avait écrit un carnet rouge   Cet homme apprécie les carnets !



Kathel Il y a 2 ans


Je lai lu et beaucoup aimé, mais je dois dire que je ne m'en souviens plus très bien, même en lisant ton billet attentivement... J'ai remarqué cela avec les romans de PA : difficiles à résumer,
ils laissent peu de traces dans la mémoire !



Irrégulière Il y a 2 ans


Je note...



Valérie Il y a 2 ans


Je suis encore en phase de découverte d'Auster, alors je note. J'ai tant aimé Invisible.



Neph Il y a 2 ans


J'en ai lu deux-trois de lui, et j'avais repéré celui-là...



Soie Il y a 2 ans


Hum ... à te lire je me demande si malgré deux lectures je ne suis pas passée à côté d'une partie de l'histoire ... A lire nos billets respectifs il n'est pas évident à première vue qu'on parle
du même livre ... sourire ... je m'empresse de dire que je l'ai trouvé passionnant aussi.


Pour les annotations en fin de page, j'adore ton expression : éprouvant pour les nerfs mais vivifiant pour le cerveau, son livre c'est exactement cela.


je ne sais pas si j'ai eu le cerveau bien oxygéné ...sourire ... il va falloir certainement que je m'entraîne assidûment.


J'ai principalement retenu ce que chaque personne (Trauser, Grace et le narrateur) avait d'ambigü vis à vis des deux autres... et pourtant la sincérité indéniable des liens qui les unissaient.


Une très belle lecture en tout cas que je suis contente d'avoir partagée avec toi et Stephie.



Reka Il y a 2 ans


Ma découverte de l'auteur s'est amorcée avec ce roman-là... Mais je n'ai pas adhéré du tout. Pourtant l'idée de départ me plaisait, mais je n'ai pas été conquise... Ce livre m'a ennuyée.



Océane Il y a 2 ans


Un bel écrivain, qui sait frapper avec des mots. Je le lirais certainement.



sylire Il y a 2 ans


Ah, oui ! Un super roman !



Géraldine Il y a 2 ans


Rencontre avec l'auteur prévue en début d'année prochaine pour moi. Depuis le temps que je lis des billets sur lui, il est temps que je passe à la vitesse supérieure !



Manu Il y a 2 ans


Un beau roman, comme d'habitude, mais pas mon préféré de l'auteur !



Géraldine Il y a 2 ans


Mais non ! C'est juste que chaque livre est une rencontre avec un nouvel auteur !!



dominique Il y a 2 ans


C'est un de mes préférés de Paul Auster. Beaucoup de plaisir à la lecture. Pas gai du tout,mais pourtant nimbé d'un sorte de désinvolture sympathique.


Je compte encore lire Brooklin foolies et le Diable par la queue...



Alex-Mot-à-Mots Il y a 2 ans


Je me laisserai bien tenter par ce titre d'Auster, il y a longtemps que je n'en ai pas lu.



Maeve Il y a 2 ans





Oulala ! Ca fait une éternité que je n'ai pas lu du Paul Auster... !



Karine :) Il y a 2 ans


J'ai aimé ce que j'ai lu d'Auster mais bizarrement, je ne l'ai pas lu depuis un petit moment... faudrait, faudrait!



Marie Il y a 2 ans


Tiens ?! Je voulais lire absolument lire ce roman lorsqu'il est sorti en 2008 ou 2009... Et puis je l'ai oublié, enseveli dans les pages de ma liste ! Je crois que je vais maintenant attendre sa
sortie en poche !  



Marie Il y a 2 ans


2004 ? Ah ben zut, je croyais qu'il était beaucoup plus récent !






keisha Il y a 2 ans


@ Marie


Et moi je pensais que c'était un "vieux" cru, alors tu vois, ça fait une moyennne!



Ellcrys Il y a 2 ans


Ce Paul Auster est dans ma bibliothèque et n'attends que moi. Ce sera mon deuxième de l'auteur, et je pense le lire bientôt.



keisha Il y a 2 ans


@ Ellcrys


Auster est lui même à 110% là dedans!



Griotte Il y a 2 ans


Il est dans ma PAL depuis quelques temps... Va falloir que je le fasse sortir de là !



keisha Il y a 2 ans


@ Griotte


En effet, il est temps, c'est du Paul Auster bien reconnaissable et efficace...



cathe Il y a 2 ans


Je l'avais lu à sortie et je m'en souviens comme d'un magnifique roman à la construction en abîme sur le dédale de la création littéraire :-)



keisha Il y a 2 ans


@ cathe


Je pense que c'est une des plus "austériens" de l'auteur, j'adore ces constructions brillantes et maîtrisées, tu as totalment raison d'évoquer la mise en abyme (dont l'auteur est spécialiste) et
le dédale de la création littéraire, génialement abordée ici. J'en aurais bien pris cent pages de plus!



céline Il y a 2 ans


Tu as raison, Paul Auster a l'art de nous faire croire à l'invraisemblable, à nous passionner avec des histoires pleines de hasards et d'entrecroisements... Je me souviens aussi de ce titre comme
d'un "pur condensé" Austérien !



keisha Il y a 2 ans


@ céline


J'ignore s'il faut commencer par ce titre, ça passe ou ça casse, mais moi j'adore, j'y trouve ce que j'aime chez Auster...



céline Il y a 2 ans


J'ai adoré aussi, mais je me suis d'autant plus amusée que j'avais déjà lu beaucoup d'autres Paul Auster ! Je ne suis pas sûre que je le conseillerai comme première lecture de cet auteur, mais
sais-t-on jamais !



keisha Il y a 2 ans


@ céline


Sait-on jamais, comme tu dis... Pour un lecteur qui adore ce genre de jeux avec un auteur, oui! Sinon, autant prendre Brooklyn Follies, par exemple.


Pour ma part j'ai démarré la découverte d'Auster avec La trilogie new yorkaise et peiné un peu, il faudrait que je la reprenne, d'ailleurs... Surtout que ma lecture était hachée, les livres étant
empruntés à la bibli.



céline Il y a 2 ans


C'est drôle j'ai aussi commencé par "La trilogie new yorkaise" et moyennement aimé... Par contre j'ai ensuite dévoré "Moon Palace", et puis tous les autres ont suivi ! Je suis un peu sortie de ma
passion pour Auster mais quel auteur tout de même :-)



keisha Il y a 2 ans


@ céline


J'ai en gros suivi le même parcours... Il me reste encore quelques vieux romans à découvrir, et après c'est fini, alors
je fais durer...


Ceci étant, je lui garde une place dans mon coeur, tout en ayant découvert depuis des auteurs "équivalents" qui m'enchantent aussi.



céline Il y a 2 ans


Je serai curieuse de savoir lesquels, ça pourrait me tenter :-)



keisha Il y a 2 ans


@ Céline


Pour moi, le critère "austérien" c'est un peu le "page-turner" avec histoire dans l'histoire, mise en abyme et tout ça (mais pas forcément tout à la fois!). Le dernier qui m'a fait vraiment
penser à cela c'est Mon nom est Jamaica de Fajardo (dont l'un des personnages est traducteur d'Auster, y'a pas de hasard on dirait...)



céline Il y a 2 ans


Super, c'est noté !



keisha Il y a 2 ans


@ céline


Merci de ta confiance!


Actuellement je suis attirée par les lectures plus nature (sans délaisser les autres), , les goûts changent... Mais je n'oublie pas Auster!

jeudi 25 novembre 2010

Voyage avec Charley



http://ecx.images-amazon.com/images/I/51SZQ1VEX2L._SL500_AA300_.jpgVoyage avec Charley
John Steinbeck
Phébus, 1995
Couverture : Four lane Road (détail) de Hopper
 
 
 
  Edit : L'avis de LN (sans nous concerter...)
 
 
1960. Steinbeck est un écrivain reconnu (il recevra le prix Nobel deux ans plus tard) mais peu épargné par les critiques littéraires américains. Sa santé n'est plus ce qu'elle était, et poussé par une amie, il se lance dans un périple à travers les Etats-Unis avec comme compagnon Charley, caniche français et vrai gentleman né à Bercy. ..
 
En 1937 il avait suivi les migrants pour une série de reportages en Californie, dans une vieille camionnette de boulanger, mais cette fois il part dans un petit camion supportant une petite maisonnette aménagée, qu'il nomme Rossinante.
 
"Je n'avais pas entendu le langage de l'Amérique, humé l'odeur de son herbe, de ses arbres, de son fumier, vu ses collines et ses cours d'eau, ses couleurs et ses qualités de lumière. Je n'en connaissais les changements que par les livres et les journaux. Plus encore, je n'avais pas "senti" le pays depuis vingt-cinq ans. "
 
Pourtant il est conscient qu'il ne doit pas s'illusionner. ""La réalité a trop de formes différentes. "De fait, je ne puis vous présenter  l'Amérique que vous verrez. Il y a tant à voir, et nos yeux du matin décrivent un monde qui ne sera pas celui que contempleront nos yeux de l'après-midi, cependant qu'il ne fait aucun doute que nos yeux las du soir ne pourront décrire qu'un monde fatigué."
 
Privilégiant la campagne à la ville dans son itinéraire, se perdant souvent, curieux de tout, le voilà parti pour reprendre contact avec une Amérique en évolution. Amérique des années 60, en pleine guerre froide, où Martin Luther King et son "I have a dream" n'avaient pas encore ébranlé le sud profond et le monde entier. Amérique où les centres villes se dépeuplent et se paupérisent, aux abords envahis par les centres commerciaux, où le gaspillage engendre des monceaux d'ordures, carcasses de voiture et autres... Amérique où grâce aux mobile- homes on peut s'installer pour un temps, puis partir ailleurs à la recherche d'un travail. Amérique qui s'uniformise par le biais de la radio et de la télévision.
 
De retour à Monterey, il retrouve des amis, mais les quitte rapidement car "on ne peut retourner chez soi car cela n'existe plus."
Un voyage plein de nostalgie bien sûr, raconté avec humour aussi ("sans parler du chien"). Steinbeck cherche à rencontrer les gens, à les faire parler.
 
Beaucoup de moments forts au cours du voyage, je choisirai son passage à la Nouvelle-Orléans :
 
"Deux voitures noires chargées de grands gaillards coiffés de chapeaux de feutre s'arrêtèrent devant l'école. La foule parut retenir sa respiration. Quatre policiers fédéraux sortirent de chaque voiture et en retirèrent la plus petite Noire que l'on ait jamais vue.Elle avait une robe amidonnée d'un blanc aveuglant et des chaussures neuves, blanches, si petites qu'elles semblaient rondes. Son visage et ses petites  jambes très noires contrastaient avec le blanc.
Les grands policiers la déposèrent sur le trottoir et une clameur sauvage jaillit, d l'autre côté de la barricade."(...) L'étrange procession se mit en marche vers l'école."
(...) Le clou du spectacle était encore à venir. La foule attendait le Bllanc qui osait amener son enfant blanc à l'école."
Ensuite jaillissent insultes, hurlements, obscénités. Nous sommes en 1960. "J'étais secoué de nausées."
 
Un récit à découvrir, où Steinbeck se découvre mieux, et qu'importe si cette Amérique a déjà un demi-siècle, il est des réflexions qui ne perdent pas de leur justesse.
  The problem we all live with, Norman Rockwell, 1964 (illustration pour Look représentant une petite fille noire américaine se rendant à l'école escortée par des agents fédéraux).
http://www.lesartistescontemporains.com/Images%20art%20contemporain/rockwell02.jpg
 
 

Commenter cet article

Océane Il y a 2 ans


Steinbeck est un écrivain indispensable pour moi, et je suis contente que Phébus réédite ses ouvrages les moins connus.


(et puis une couverture avec Hopper...je suis faible)



Sabbio Il y a 2 ans


Je note, forcément, j'adore Steinbeck que j'ai découvert vers 13 ans avec "Des souris et des hommes" et que j'ai continué à lire après.



zarline Il y a 2 ans


Encore un auteur que je n'ai jamais lu (my god, il me faudra des siècles pour lire tout ce que je note). Ca a l'air sympa mais je pense quand même commencer par les oeuvres plus connues de cet
auteur. Par contre, je ne suis pas du tout étonnée que tu aies craquer avec cette couverture



Kathel Il y a 2 ans


Encore un écrivain américain qu'il faut que je relise... Ce témoignage me semble particulièrement intéressant !



Ys Il y a 2 ans


Steinbeck est grand. Tellement grand qu'il dépasse Faulkner et Hemingway (pour rester dans les Nobel). Mais ton billet me rappelle que ça fait bien cinq ans que j'ai relu Les raisins de la
colère, faudrait que je m'y remette... ou que je lise ce titre-là peut-être...



Manu Il y a 2 ans


Ah Steinbeck ! Un auteur que j'aime ! Et dont il faut que je continue d'explorer l'oeuvre.



juliette Il y a 2 ans


Très très tentant, je ne connaissais pas...je parle du livre, pas de l'auteur. J'ai eu la chance d'aller à Salinas, de visiter le génial musée Steinbeck et sa jolie aison de naissance... RHhha
c'était bien.


Bref : vu pendant la balade déjeuner, tout a clignoté "Keisha"dans ma tête et j'ai fait un gros effort de retiendage du titre jusqu'au soir! c'est chouette les copinautes, hein? : http://www.amazon.fr/Homme-b%C3%AAtes-Grey-Owl/dp/2876580810/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1290719010&sr=8-3



Lystig Il y a 2 ans


si en plus la couverture est de notre pote Ed...





(il me semble l'avoir vu récemment, non ????????)






Dominique Il y a 2 ans


Je suppose que tu as ce livre dans ta bibli depuis longtemps car hélas hélas il est indisponible en français pour le moment


je l'ai lu à sa sortie il y a au moins 15 ans de ça et il fait partie des livres que j'aime énormément, son récit plein d'humour et de tendresse chaleureuse pour ses amis reste un excellent
souvenir de lecture


On devrait un jour comparer nos lectures sur les récits de voyages je suis certaine que nos routes se croiseraient souvent



maggie Il y a 2 ans


Je ne connais pas beaucoup les écrits de Steinbeck et celui-ci me tente bien... J'aimerai bien poursuivre ainsi la découverte de la litté américaine...



Lystig Il y a 2 ans


je l'ai vu !!!!


na na nère !!!!



LN Il y a 2 ans


C'est marrant, je viens de le finir aussi, mais en VO pour ma part:


http://aufildeslivres.over-blog.com/article-travels-with-charley-in-search-of-america-61534470.html





J'ai moi aussi été très choquée par la scène de violence incroyable à la Nouvelle Orléans.



Lystig Il y a 2 ans


si tu vas à chicago, tu verras la sainte victoire sous toutes les coutures ! plus que tu n'en verrras à aix !



Jackie Brown Il y a 2 ans


Celui-là, je l'avais raté lors de ma période Steinbeck (ben oui, j'ai aussi eu une période Steinbeck). Je l'avais pris à la bibliothèque de l'UFR d'anglais, mais à l'époque, j'avais un peu de mal
à lire en anglais. Ma pauvre liste s'allonge, s'allonge...



Géraldine Il y a 2 ans


4ème essai pour laisser un comm ce soir.... Bon encore un auteur que je ne connais que de nom ou d'adaptation ciné. Force est de constaté mon inculture littéraire au milieu de tous ces auteurs
incontournables que je n'ai jamais lu...



keisha Il y a 2 ans


@ Géraldine


J'ai l'impression que Steinbeck a tout pour te plaire! Il a écrit de très beaux romans, qui se laissent bien lire, tu sais.



Marie Il y a 2 ans


Jamais lu ce titre ! Pourtant, Steinbeck était un de mes auteurs cultes lorsque j'étais ado. Il faudrait peut-être que je me replonge dans l'Amérique de Steinbeck...






keisha Il y a 2 ans


@ Marie


Au cours de ma vie (oui, ça fait bizarre de dire ça) j'ai eu des rendez vous avec l'auteur, et jamais déçue!



Choupynette Il y a 2 ans

ah, un titre de l'auteur que e ne connais pas... mais qui semble très intéressant!


keisha Il y a 2 ans


@ Choupynette


Moins connu que ses grands romans, bien sûr, mais mérite le détour et la lecture!



Touloulou Il y a 2 ans


Je ne connaissais pas, mais je note ! J'avais adoré Des souris et des hommes qu j'avais lu en cours au lycée.



keisha Il y a 2 ans


@ Touloulou


Cette lecture fut un vrai plaisir, même si ce n'est pas un roman. Tu as raison d'aimer Steinbeck!



L'Ogresse Il y a 2 ans


Ah, je ne connaissais pas ce texte de Steinbeck...



keisha Il y a 2 ans


@ L'Ogresse


Comme quoi fouiner à la bibli, ça prend du temps (), et donne de bonnes idées!