samedi 19 mars 2011

Générosité



http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/1/9/9782749114910.jpgGénérosité
Richard Powers
le cherche midi, lot49, 2011
 
 
 
Enfin un roman de Richard Powers, dans la collection Lot49 à laquelle le printemps a apporté une nouvelle tenue...
 
 
 
"Si nous pouvons empêcher ce qui nous fait du mal, pourquoi ne pas promouvoir ce qui nous fait du bien?" Existe-t-il un "gêne du bonheur"? Thassa Amzwar le possède-t'elle?"Etincelante comme un gigantesque marronnier en plein soleil", elle est l'allégresse personnifiée. Originaire de Kabylie, où son père a été assassiné, elle a émigré au Canada après le décès de sa mère, puis démarré des études à Chicago. Là elle fait connaissance de Russell Stone, son professeur et de Candace Weld, psychologue de l'université. Solide sur son socle de bonheur, elle va rencontrer un généticien intéressé par sa particularité, participer à un talk show (cet Oona show en évoque d'autres...).
 
Au delà des interrogations sur la recherche en génétique et ses dérives possibles, Powers  met en lumière l'influence grandissante des medias, d'internet, ainsi que  le caractère illusoire et passager des nouvelles ou rumeurs qui passionnent le public.
 
Impossible, vraiment, de communiquer sur cette lecture sans la dénaturer. C'est Richard Powers, et pour ceux qui ne connaissent pas, sachez qu'il n'est pas homme à trancher, mais à présenter, questionner, pousser le lecteur dans ses retranchements. Le moindre paragraphe peut se révéler motif à réflexion sans fin, la moindre phrase peut receler des comparaisons ou raccourcis déconcertants. Mais, éblouissant, léger, il passe et entraîne vers d'autres chemins. Tirant son lecteur vers le haut, il n'hésite pas à agrémenter ses phrases d'expressions scientifiques transfigurées par une écriture dense, très dense, prenante. Il virevolte, laissant parfois sur sa faim, mais réussit quand même à rendre ses personnages attachants.
 
Je ne prétends pas avoir tout saisi, je pourrais parler aussi d'écriture et de fiction, sorte de fil rouge du roman, jusqu'à l'éblouissante dernière page...
 
Les références à peine esquissées à des événements plus ou moins récents peuvent transformer  la lecture des romans de Powers en un bel entraînement neuronal ... qui en vaut la peine. Au détour d'un paragraphe, lecteur, sois vigilant, voici un voyage en avion Etats Unis-France:
"Très loin sous ses pieds, à une distance qu'elle ne sera pas capable d'estimer, quelque chose de la taille d'un continent glissera vers l'ouest. La surface en contrebas, étendue de blanc ininterrompu à peine quelques années plus tôt, sera semée de tavelures et piquée de bleu."
 
Un extrait (page 60)
"Mais qui sont ses amours de fiction? Il a d'abord éprouvé une vague et précoce convoitise pour Jo March. Puis Emma Woodhouse a suscité en lui un impérieux besoin d'amitié: il voulait lui passer des billets amusants pendant les cours d'initiation à le biologie qui se donnent à jamais dans la classe de l'esprit. Avec Dorothea Brooke, il a fait de longues parties de campagne, bivouaquant souvent avec elle sous les étoiles sans jamais rien toucher que ses lèvres. Beaucoup plus tard, il s'est bien amusé avec Odette, puis plus du tout. Il a tenté de protéger Daisy Miller mais a échoué lamentablement. Il a essayé de désirer Daisy Buchanan, mais n'a réussi qu'à la faire geindre à force de la secouer.
Emma Bovary lui a flanqué la trouille de sa vie. Chaque fois qu'ils se trouvaient réunis dans la même pièce, il pâlissait dans son coin, en proie à d'illicites ardeurs. Avec Anna Arkadievna, il a eu une histoire pleine de lettres insensées, d'entrevues téméraires et de rencontres volées : maintes fois, et jusqu'à l'excès, elle est venue se dresser devant lui, en plein midi, aux moments les plus opportuns de son existence trop prosaïque. Lily Bart l'a épouvanté sur deux continents, mais, au bout du compte, il aurait fait n'importe quoi pour elle- si elle le lui avait demandé. Comme les auteurs canoniques de la littérature mondiale, Russell Stone nourrissait un penchant immodéré pour les jolies suicidées."
 
Richard Powers est évidemment un auteur à lire absolument. Voir aussi Le temps où nous chantions,  La chambre aux échos , L'ombre en fuite.
 
Entretien avec l'auteur sur fluctuat.net, 
L'avis de Cuné, (mon billet étant programmé, je lis le sien maintenant, courez-y!)
 
Merci à l'éditeur et à Solène Perronno, deux ans sans Powers, ce fut long!

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mango Il y a 2 ans


Très bonne nouvelle! Encore un grand que j'aime! Et c'est un livre sur l'aptitude au bonheur? Intéressant en ce moment de grandes catastrophes!



cathulu Il y a 2 ans


Suis en train d ele lire, je reviendrai lire ton billet plus en détails...:)



Sabbio Il y a 2 ans


J'aime beaucoup l'extrait mais je ne suis pas certaine d'apprécier l'ensemble, ton billet me laisse perplexe...



La Pyrénéenne Il y a 2 ans


Je suis en train de peiner sur La chambre aux échos , je trouve ça long, long , long ...



Kathel Il y a 2 ans


J'ai adoré Le temps où nous chantions, et ai été beaucoup moins emballée par L'ombre en fuite... Je n'ai pas encore lu La chambre aux échos, dont le sujet me tentait pourtant, je crois que rien
ne presse pour celui-ci.



Cécile Il y a 2 ans


Je note : "évidemment un auteur à lire absolument" . Dont acte, vilaine Keisha !



sylire Il y a 2 ans


Je n'ai pas encore lu cet auteur ! Et pourtant ce n'est pas faute de le voir présenté régulièrement sur les blogs !



Lystig Il y a 2 ans


un livre qui ne laisse pas indifférent !


là, a priori, pas tentée !





welcome back !!!





(tu n'en pas égaré un ? ou repêché un au casino ? ou au poste de police .)



Dominique Il y a 2 ans


je suis partagée, autant "le temps où nous chantions" fut un enchantement, autant j'ai eu du mal et pour tout dire vraiment du mal, avec la chambre aux échos, lorsque la réflexion scientifique
est d'un niveau tel je trouve que la force du récit est amoindrie
Pour celui là ...j'hésite ...peut être ...ou pas



Yv Il y a 2 ans


Je suis tout honteux, je ne l'ai pas encore lu !



Irrégulière Il y a 2 ans


Pas encore découvert cet auteur mais ça ne va pas tarder !



Anne Il y a 2 ans


J'ai failli acheter l'autre jour "L'ombre en fuite" qui me tente depuis sa sortie en poche. J'ai l'impression que celui-ci vaut aussi le détour.



La Pyrénéenne Il y a 2 ans


Non, pas lu Le temps où nous chantions ...



Manu Il y a 2 ans


C'est un auteur que j'ai rayé de ma liste des auteurs à lire même si je sais que j'ai lu celui qu'il ne fallait pas. Mais tant pis, il y en a bien d'autres à lire !



Liliba Il y a 2 ans


Auteur jamais lu... Avec quel titre faut--il commencer ?



Solène Il y a 2 ans


Tu connais mon amour de Powers et j'avoue que pour le moment je ne suis pas déçue. C'est un vrai bonheur ! Tu vas voir, Harding c'est très différent.



Morgouille Il y a 2 ans


J'ai presque eu un coup de coeur pour La chambre aux échos, du coup tu me donnes très envie de lire celui-ci !! :)



clara Il y a 2 ans


Je 'ai commencé et j'accroche à fond!!!!!



L'Ogresse Il y a 2 ans


Comment resister ?? Entre ton billet et celui de Cune, pas d'hesitation, il faut lire ce livre !



Bénédicte Il y a 2 ans


le sujet est intéressant



Cynthia Il y a 2 ans


Tu penses bien que cette "dernière page éblouissante" m'intrigue au plus haut point, le reste aussi d'ailleurs ^^


Je note aussi "Le temps où nous chantions" au cas où je ne trouverais pas celui-ci directement ;)


Tiens tiens tu n'accroches plus à Oates...J'ai justement envie de prolonger ma découverte de cette auteure en ce moment et de découvrir Laura Kasischke dont l'écriture est apparemment fort proche
de celle de Oates.



Aifelle Il y a 2 ans


Je sais que c'est un auteur à lire, mais je n'ai pas encore trouvé le temps. J'ai bien compris qu'il fallait commencer par "le temps où nous chantions", c'est un pavé non ? Hors sujet, Zarline
t'a répondu chez moi sur les suricates, (dans les commentaires) heureusement qu'elle est là



ficelle Il y a 2 ans


Moi aussi, j'avais été assez fascinée par La chambre aux échos (même si tout n'était pas accessible, je me suis laissée faire). Alors, je basculerai dans celui-ci (je le note pour la PAL de
l'été). Merci pour l'info !



Edelwe Il y a 2 ans


Intriguée je suis...



Géraldine Il y a 2 ans


Assez d'arguments dans ce billet pour garder en tête le nom de cet auteur et ce titre.



Océane Il y a 2 ans


Non d'une pipe en bois je sais que j'ai un roman de Richard Powers qui m'atend dans ma PAL? mais lequel ??? Pas celui ci, la couv' et l'histoire ne me rappelle rien..


Merci de me servir de bloc-note en fait.. Pardon, je sors...



A_girl_from_earth Il y a 2 ans


Bah moi comme tu sais, je suis fâchée avec Powers alors je ne me lancerai pas!



Marie Il y a 2 ans


J'ai abandonné dès les 100 premières pages "Le temps où nous chantions". Depuis, je n'ose plus m'approcher des livres de cet auteur !






Alex-Mot-à-Mots Il y a 2 ans


Je n'avais pas aimé "le temps où nous chantions" : trop long, trop de disgression. Je l'avais abandonné. Mais celui-ci me tente, a lire ce qu etu en dis.



Valérie Il y a 2 ans


Vous me tentez Clara et toi. Elle est très belle en plus la couverture!



Choco Il y a 2 ans


J'ai découvert l'auteur avec les 3 fermiers mais je n'ai pas complètement adhéré... j'avais trouvé tout ça un peu longuet... Mais je n'ai pas dit mon dernier mot et je suis bien contente d'avoir
reçu son nouveau !



Chocoah Il y a 2 ans


Ah ben voilà qui me rassure à mort !!



Choco Il y a 2 ans


Ben oui, comme ça la possibilité que moi aussi j'apprécie ces autres titres est plus forte ! Tu es mon maitre-étalon...



Choco Il y a 2 ans


Spécialiste, pas vraiment mais j'essaie de le devenir :)


Quant à La langue... : son heure viendra... un jour



Karine:) Il y a 2 ans


Reçu aussi... j'attends d'être bien repartie dans mes lectures et plus en panne du tout pour bien pouvoir l'apprécier.  J'adore Powers, mais il est exigent avec son lecteur!  Faut être
toute là!

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