Oups, de mon téléphone je ne peux commenter chez certains blogs, comme WordPress par exemple, je n'ai pas le 'code'. Mais je me rattraperai à mon retour de vacances.😽
Qui a fait le tour de quoi?
L'affaire Magellan
Romain Bertrand
Verdier, 2020
Dernièrement nathalie proposait deux lectures de Romain Bertrand, à savoir L'histoire à parts égales et Les grandes déconvenues (voir ses billets). Cela paraissait l'occasion de faire un petit ménage dans mes représentations historiques et géographiques un peu européocentrées (quitte à nager un peu, mais comme il semblait que l'auteur fait preuve d'humour et de causticité, allons y!)
J'ai donc démarré ce livre de moins de 100 pages. Je précise que je n'ai pas lu le livre de Stefan Zweig et sais à peine où se situe le détroit de Magellan (mais si, le Wager a pas mal pris cher dans ce coin là). Comme cela risquait de se couler (ce terme est-il vraiment recommandé dans ce challenge?) dans le challenge Book Trip, alors, go!
Magellan (1480-1521), de son nom Pedro de Magalhães était portugais, et a servi comme marin et soldat, guerroyant entre autres à Malacca, d'où il ramènera un jeune Malais de 17 ou 18 ans, "qu'il prend pour esclave et fait baptiser sous le prénom d'Enrique", le ramenant avec lui à Lisbonne.
A la suite d'une embrouille avec le roi du Portugal, il passe au roi d'Espagne, et on le retrouve dans une expédition vers l'ouest, avec traversée de l'Atlantique (ça, on sait faire) et recherche d'un passage vers la mer de l'autre côté, dont on connaît l'existence pour avoir voyagé sur terre au Panama. Pas encore de canal, donc on fait le tour.
Le froid tout au sud n'était pas franchement prévu, heureusement une escale en Patagonie leur permet de récupérer des plantes qui, chance!, éviteront trop de décès dus au scorbut, mais ça ils l'ignorent.
A cette époque le monde (européen) était divisé grâce au traité de Tordesillas, la ligne de partage étant un méridien situé à environ 300 km à l'ouest des îles du Cap Vert, à l'ouest c'est pour l'Espagne, à l'est pour le Portugal. En gros, le Brésil est à part là-dedans. A près Magellan, il faut aussi décider où s'opère le partage dans le Pacifique (oui, la Terre est ronde, on le savait déjà depuis un bout de temps). Ce détail de partage aura son importance pour l'expédition de Magellan, car pas question de récupérer une terre déjà dédiée au Portugal.
Les voilà arrivant aux Philippines, là où la main de l'homme a déjà mis le pied, évidemment, et où, comme partout (sauf en Antarctique) habitent déjà des populations... L'auteur parle de 'étoffes finement tissées' et 'bijoux en or délicatement ouvragés'.
Et voilà que grâce à Enrique, qui parle malais, on communique! 'La langue malaise était en vigueur aux Philippines comme dans le reste de l'Asie du Sud-Est -autrement dit, que les Philippines n'étaient pas un isolat culturel mais une pièce, un maillon d'un vaste ensemble régional courant de la mer de Chine à l'océan Indien." Les espagnols arrivent après bien d'autres... Idem pour les Portugais. Ce qui explique qu'il n'y a pas eu de 'choc microbien' dévastateur.
"L'Histoire ne débute pas avec l'arrivée des Européens en Asie". Ce qui ne va pas tellement gêner les arrivants, et ça se termine mal pour Magellan.
Je passe, le voyage de retour se déroule plus ou moins bien, Romain Bertrand donne une liste des réchappés, tous ont leur importance.
Et Enrique? Il est probable qu'il soit revenu à Malacca, normalement Magellan l'avait libéré dans son testament, mais mieux valait ne pas trop rester avec l'équipe des Espagnols.
Alors qui a fait le tout du globe? Magellan, sûrement pas. Des membres de l'expédition revenus en Espagne? Oui, mais en premier, ce pourrait bien être Enrique ...
Un livre court, pile 99 pages si l'on excepte les références et la documentation. On aura compris que le tout se lit très bien et grâce à Romain Bertrand et sa vision des faits, la 'légende' en prend un coup et les conquérants ne sortent pas grandis de l'aventure.
Avis babelio,


Ah, ça pourrait bien me plaire! J'ai vu aussi que l'auteur a été récompensé par le prix des RDV de Blois pour "L'Histoire à parts égales". Malheureusement ma bibli n'a rien.
RépondreSupprimer@ Alexandra: ma bibli possède tous ses bouquins, en tout cas un bon paquet, mais comme elle se situe à Blois, c'est sans doute lié. ^_^
SupprimerJe te souhaite bonne chance pour le trouver, on ne sait jamais.
Je l’ai lu aussi. Quelquefois je trouve que Bertrand a l’ironie facile envers ces pauvres marins, mais il faut dire que la mythologie Magellan est assez dingue. C’est une lecture très salutaire !
RépondreSupprimer@ Nathalie : oui, et j'attends ton billet? J'ai mis un lien vers d'autres livres, de toute façon c'est grâce à toi que j'ai connu cet auteur.
SupprimerJe recommande ce (court) livre, qui peut contribuer à aller vers l'auteur! Qui nous remet les idées en place.
Non, pas de billet, j'ai eu la flemme.
Supprimer@ Nathalie : bienvenue au club, cela m'arrive bien souvent.
SupprimerEt bien pourquoi pas, puisque c'est intéressant, court et que ça se lit bien !
RépondreSupprimer@ geraldine :tu as tout compris
SupprimerJ'ai repéré une adaptation du Magellan de Zweig sur Radiofrance, mais je ne l'ai pas encore écoutée. 99 pages, ça serait jouable pour avoir un autre son de cloches après cette biographie que je n'imagine pas particulièrement critique (j'adore Zweig, mais il est souvent très partisan).
RépondreSupprimer@ sacha oh zweig c'est tellement du velours qu'il peut nous dire ce qu'il veut, on aime. Ceci étant, un autre point de vue, plus récent, c'est bien.
SupprimerMoins de 100 pages, ça peut le faire...
RépondreSupprimer@ Philippe je l'ai signalé exprès.
SupprimerZut, ce livre était dans le catalogue numérique de ma bibli, je l'avais mis dans mon panier, mais il a visiblement été supprimé du catalogue car je ne l'y vois plus... snif... J'adore le titre et le sujet me parle, of course. J'espère qu'il refera surface dans ma bibli. Merci pour cette participation.:)
RépondreSupprimer@ fanja : gros snif en effet, car c'est parfaitement dans ton créneau...
SupprimerEn effet hier blogspot était en grève générale !! ça arrive...je ne connais pas cet auteur et tu me tentes bien avec ce livre qui remet un peu l'histoire en place si je comprend bien et ma foi cela ne fait pas de mal ! Dommage car rien dans mes deux biblis mais je ne perds pas espoir, je ne suis pas allée consulter la médiathèque numérique !
RépondreSupprimer@ manou: blogspot a parfois ses humeurs...
SupprimerJ'espère que tu trouveras un titre de l'auteur, mais celui ci est bien pour démarrer.
Tout ça en moins de 100 pages ? Balèze ! Je note.
RépondreSupprimer@ Athalie : tu as les notes, les refs, la doc, en plus, mais je m'en suis passée.
SupprimerUn livre 'serieux' agréable à lire.
Moins contraignant pour découvrir Magellan que le film qui lui a été consacré l'an dernier, et que Sandrine avait trouvé d'un ennui abyssal, donc... 😉
RépondreSupprimer@ inganmic : je n'ai rien trouvé chez Sandrine tête de lecture, mais ça semble être long et contemplatif.
SupprimerIci à côté c'est parfois réjouissant et informatif.
Il faut dire que l'époque des Grandes découvertes est riche et inspirante, on n'en a sans doute pas terminé avec les légendes. Sur Magellan j'avais beaucoup aimé la série documentaire animée sur arte.tv (qui y est peut-être encore...)
RépondreSupprimer@ nicolle : du même auteur j'ai lu Les grandes déconvenues, qui là aussi remet parfois les pendules à l'heure.
SupprimerAh je ne connais pas cette série documentaire...
Quoi ? Trahison, disgrâce... C'est vrai que c'est court, alors pourquoi pas, on apprendra tous les potins assez vite ;)
RépondreSupprimer@ jenevelle laclos : les potins, oui, mais c'est bien documenté quand même !
SupprimerCurieuse de découvrir ce court roman qui donne une image bien moins reluisante de Magellan
RépondreSupprimer@ Audrey : pas un roman, c'est d'après des documents laissés prudemment en annexe mais parfois cités, en tout cas ça se lit comme un roman.
SupprimerRien de lui dans les bibliothèques ici, même pas à l'Institut français alors qu'il y avait été invité il y a quelques années. Dommage. A l'époque il était en plein dans "le détail du monde" et j'avais trouvé vraiment appréciable qu'il pense et publie sur un sujet autre que ses recherches habituelles. Je profite de ce commentaire pour ajouter que j'ai enfin lu un Mauvignier (Des hommes), en partie grâce à l'enthousiasme d'un de tes billets récents, et que je comprends et partage l'enthousiasme.
RépondreSupprimer@ Passage à l'est : merci, et ai je bien lu ce mauvignier là ? Je m'interroge, même si normalement il est sans doute très bien.
SupprimerBon, pour Bertrand, bonne chance!
Je ne connaissais pas ce livre, merci pour cette chronique.
RépondreSupprimer@ Virginie vertigo : de rien, et je rappelle qu'il est court.''
SupprimerS'il est court, pourquoi pas, mais ma PAL me signale que ce n'est pas une très bonne idée ^^
RépondreSupprimer@violette : les pal ont leurs humeurs, je sais.😀
SupprimerEt oui, l'on n'est plus à l'heure de la légende et les conquérants sont mal vus à notre époque !
RépondreSupprimer@claudialucia: surtout qu'il y avait des civilisations parfaitement autonomes sur place
SupprimerJe ne connaissais pas ce petit bouquin l'an dernier (pour le BTEM 2), quand j'avais lu une édition de la source principale sur le voyage (la relation de Pigafetta)...
RépondreSupprimerJe suppose que le traitement de Romain Bertrand s'apparente un peu à ce que faisait naguère Jean Teulé sur différents épisodes historiques? J'y jetterai un oeil à l'occasion pour le savoir, merci pour la présentation!
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
@ tadloiducine : Je ne connais pas assez Jean Teulé pour ça, mais Romain Bertrand cite pas mal de références, je le vois plutôt historien et chercheur. Mais en mode 'je sais faire passer tout ça quand même'
Supprimer