L'ange d'Ayala
Ayala's Angel (1881)
Anthony Trollope
L'Herne, 2013
Traduit par Béatrice Vierne
Ma foi, est-il besoin d'en dire beaucoup? Les amateurs de pavés victoriens (dont je suis) seront comblés dans leurs attentes.
Dès le premier paragraphe, on est dans l'histoire:
"A sa mort, Egbert Dormer laissa ses deux filles seules au monde, sans un sou vaillant, et il faut bien dire que c'est exactement ce à quoi on aurait pu s'attendre de sa part. L'une et l'autre étaient jolies, mais Lucy, âgée de vingt et un ans, passait pour une jeune personne simple et relativement peu attirante, alors qu'Ayala -comme le laissait présager son nom quelque peu romantique- avait la réputation de se distinguer par son charme poétique et son goût du romanesque. Elle avait dix-neuf ans lorsqu'elle perdit son père."
Pas question que fin 19ème siècle deux jeunes anglaises de la bonne société et non mariées restent seules, alors Lucy résidera chez un oncle peu fortuné, l'autre chez une tante au mari riche à millions. Si Lucy possède déjà un amoureux sérieux, même s'il faudra bien sûr quelques centaines de pages pour que le mariage ait lieu, Ayala, elle, attend carrément un Ange de Lumière, le prétendant parfait, et en dépit de trois, oui trois, amoureux déclarés, elle fera bien attendre celui qu’elle finira par choisir...
A lire ce roman épatant, rondement mené,on ne s'ennuie évidemment pas, et même l'on s'amuse beaucoup. Lycy et Ayala sont les nièces de Sir Thomas, doté d'un gendre décidé à s'incruster chez son beau-père en dépit de la dot confortable de son épouse Augusta (une jolie chipie par ailleurs), et d'une autre fille, Gertrude, résolue à se marier à tout prix avec le premier désargenté venu.
Les dialogues sont alertes, les remarques font mouche et vont plus profond qu'il ne semble au premier abord.
"Moi, si je ne me marie pas, je ne pourrai jamais rien être. Il me sera impossible de voler de mes propres ailes, si l'on peut dire. Je n'ai pas d'autre moyen de me signaler à l'attention du monde. Toi, tu es un homme."
Bref, pas poussiéreux du tout, et j'ai aimé la complicité souriante de l'auteur avec son lecteur.
Ayala's Angel (1881)
Anthony Trollope
L'Herne, 2013
Traduit par Béatrice Vierne
Ma foi, est-il besoin d'en dire beaucoup? Les amateurs de pavés victoriens (dont je suis) seront comblés dans leurs attentes.
Dès le premier paragraphe, on est dans l'histoire:
"A sa mort, Egbert Dormer laissa ses deux filles seules au monde, sans un sou vaillant, et il faut bien dire que c'est exactement ce à quoi on aurait pu s'attendre de sa part. L'une et l'autre étaient jolies, mais Lucy, âgée de vingt et un ans, passait pour une jeune personne simple et relativement peu attirante, alors qu'Ayala -comme le laissait présager son nom quelque peu romantique- avait la réputation de se distinguer par son charme poétique et son goût du romanesque. Elle avait dix-neuf ans lorsqu'elle perdit son père."
Pas question que fin 19ème siècle deux jeunes anglaises de la bonne société et non mariées restent seules, alors Lucy résidera chez un oncle peu fortuné, l'autre chez une tante au mari riche à millions. Si Lucy possède déjà un amoureux sérieux, même s'il faudra bien sûr quelques centaines de pages pour que le mariage ait lieu, Ayala, elle, attend carrément un Ange de Lumière, le prétendant parfait, et en dépit de trois, oui trois, amoureux déclarés, elle fera bien attendre celui qu’elle finira par choisir...
A lire ce roman épatant, rondement mené,on ne s'ennuie évidemment pas, et même l'on s'amuse beaucoup. Lycy et Ayala sont les nièces de Sir Thomas, doté d'un gendre décidé à s'incruster chez son beau-père en dépit de la dot confortable de son épouse Augusta (une jolie chipie par ailleurs), et d'une autre fille, Gertrude, résolue à se marier à tout prix avec le premier désargenté venu.
Les dialogues sont alertes, les remarques font mouche et vont plus profond qu'il ne semble au premier abord.
"Moi, si je ne me marie pas, je ne pourrai jamais rien être. Il me sera impossible de voler de mes propres ailes, si l'on peut dire. Je n'ai pas d'autre moyen de me signaler à l'attention du monde. Toi, tu es un homme."
Bref, pas poussiéreux du tout, et j'ai aimé la complicité souriante de l'auteur avec son lecteur.
Heureuse époque où l'on n'avait rien d'autre à faire qu'obéir ! Je plaisante ;-)
RépondreSupprimerJe précise qu'il s'agit aussi de la bonne société, dans d'autres classes les femmes travaillaient sûrement plus dur ...
SupprimerAïe, un pavé victorien, j'avoue que je vais avoir du mal. Pourtant à te lire ça a l'air vraiment très bien...
RépondreSupprimerJe ne lirais pas que cela, mais franchement c'est du plaisir de lecture (et au second degré aussi!)
SupprimerAu vue de la couverture, on aurait pu craindre un peu de poussière, en effet.
RépondreSupprimerJ'adooooooooore la couverture! (je veux la robe, mais pas le corset)
SupprimerPas certaine de me lancer dans cette lecture là mais je prends plaisir à lire ton billet
RépondreSupprimerTu devrais tenter l'aventure, Trollope est vraiment plaisant à lire!
SupprimerJ'ai un peu de mal à priori avec les "pavés" (au delà de 500 pages pour moi :-) mais tout dépend comment ça se lit... Je suis en train de lire un pavé policier coréen historique qui "passe bien" lol
RépondreSupprimerJ'aimerais bien découvrir Trollope et je me suis inscrite au challenge victorien. Et la couverture est très tentante :-)
Tout dépend du contenu, quoi. Celui ci est vraiment très "coulant", j'ai trouvé, pas de descriptions sans fin ou autres considérations abstraites... Le ton est aussi fort amusant et amusé.
SupprimerBon pour le challenge, allez!
C'est une sortie récente ? en tout cas, je suis conquise d'avance ! PS : la couverture va formidablement bien avec ton fond de blog !
RépondreSupprimerOui, c'est récent, je l'ai vu en librairie hier d'ailleurs.
SupprimerAh moi qui voulait un relooking de printemps, je vais attendre, c'est vrai que ça va bien ensemble. ^_^
La dernière citation est très émouvante et finit comme un point d'orgue.
RépondreSupprimerIl y a du grain à moudre sur la condition féminine de l'époque. Même si ça reste non plombant quand même, parfois c'est assez poignant en fait.
SupprimerIl a TOUT pour me plaire évidemment, même la couverture que j'adooore moi aussi !!! Mais un pavé en ce moment est vraiment mal venu, je le note tu penses !!! :)
RépondreSupprimerQuand Babelio l' envoyé, j'ai eu un moment d'inquiétude en sortant la bête de l'enveloppe, mais tout s'est fort bien passé!
SupprimerL'Herne republie les victoriens ? Plusieurs Gaskell, et ici ce Trollope... Jamais lu ce dernier, mais on ne sait jamais !
RépondreSupprimerL'Herne est un bienfaiteur de l'humanité friande de victoriens. ^_^ Fayard aussi avait ressorti des Trollope. On ne va pas se plaindre!
SupprimerTiens, ça me rappelle qu'une LC Middlemarch se prépare mouahaha^^
RépondreSupprimerOh tu sais, ces pavés victoriens, j'en lis assez souvent, finalement, j'ai encore un billet sous le coude...
SupprimerTiens oui, Middlemarch... ^_^
J'ai très envie de le lire, tant j'aime Trollope, je l'ai repéré, mais j'attends une hypothétique version poche (j'achète trop de bouquins tout les mois pour m'autoriser des grands formats :( ) Vraiment hâte de le découvrir !
RépondreSupprimerDéjà il faut se réjouir qu'il soit disponible en français, reste à attendre le poche, oui!
SupprimerUn bon divertissement. Je suis beaucoup tenté par ces pavés que je remarque en bibliothèque mais j'ai souvent aussi fait l'expérience que, faute de temps, animé par des passe-temps divers, je finis par les laisser en plan à la moitié.
RépondreSupprimerEt il m'arrive d'envier ma compagne qui dévore des briques sans ciller.
Un signe cependant, si je dépasse la moitié je les termine. Bizare
Hélas (!) ces victoriens, dont les romans paraissaient en feuilletons, nous ont laissé des pavés. Même si c'est un plaisir, il faut bien sûr prévoir du temps. Une autre lecture en parallèle, plus courte, plus dense, voire un document de non fiction, peut être une solution à votre problème.
SupprimerJe n'ai jamais lu cet auteur mais j'aime les romans victoriens. Par contre, pas les pavés. Lequel de ses autres romans me conseillerais-tu pour commencer ?
RépondreSupprimerJ'en ai lu trois, mais du genre pavé. Crois moi, ça passe quand même aisément.
SupprimerOn en trouve de plus minces, mais je ne les ai pas lus. Miss Mackenzie, par exemple, a eu de bons échos sur les blogs.
Bonsoir, après Quelle Epoque!, Mrs Mackenzie et quelques autres, j'ai l'impression que l'on (re)découvre Anthony Trollope: très bonne idée. Bonne soirée.
RépondreSupprimerOui, des éditeurs reprennent le flambeau! J'avais prévu des lectures en VO ou français car ma bibli en propose plusieurs, mais là c'était une jolie occasion aussi.
SupprimerBon, je veux ça maintenant! J'aime l'humour de Trollope!
RépondreSupprimerDans ce roman, pas de développements sur la vie d'un député, comme dans Phineas Finn, mais plusieurs histoires d'amour (ou pas) et c'est raconté avec vivacité et humour : tu devrais te régaler!
Supprimerje n'avais pas repéré celui-ci ! Je suis fort tentée même si la longueur des romans de Trollope me fait toujours un peu peur justement :) Je suis en train de lire "Miss Mackenzie", on verra après mais ne serait-ce que pour la belle couverture il serait difficile de résister à ce livre !
RépondreSupprimerTu verras (j'espère, j'espère!) qu'il se lit vraiment très aisément, Trollope n'a pas de longueurs, il file! Tout en examinant bien les sentiments et la psychologie de ses personnages.
SupprimerJe ne lis pas top ton billet parce que je me suis offert ce pavé. J'avoue que l'ai acheté en ligne, cherchant un Trollope, et j'ai été très surprise de recevoir un livre aussi énorme. Cela dit j'ai un Gaskell de la même taille qui m'attend....
RépondreSupprimerJ'ai eu la même surprise en le prenant la première fois! Mais tu verras, il se lit très très bien!
Supprimerça donne envie mais j'attendrais que ça sorte en poche, enfin j'espère que ça sortira un jour en poche!
RépondreSupprimerOn espère aussi! C'est faisable, avec de plus petits caractères et un papier plus fin. Mais il faut attendre.
SupprimerEncore un auteur à découvrir (soupiiiiiiir)
RépondreSupprimerL'avantage avec les victoriens, c'est que la liste est close et qu'ils n'écrivent plus. ^_^
SupprimerOui, je veux le découvrir! Le désavantage avec les victoriens, c'est qu'ils sont morts et qu'ils ne peuvent plus écrire! Las!
RépondreSupprimerVoir ma réponse à Manu : On peut le voir aussi comme cela, si on a une PAL non extensible. ^_^
SupprimerCeci étant, ils étaient tellement prolixes, qu'on a de quoi faire pour quelques années!
Bon, je suis en retard sur les traductions trollopiennes, coupure numérique oblige (allusion à un de tes récents billets) ! C'est toujours une bonne nouvelle. Comme j'ai passé un bon mois sur Is He Popenjoy ?, ça me tente bien de dévorer une vf en quelques jours.
RépondreSupprimerToujours une bonne nouvelle, mais sur liseuse ce serait moins lourd... ^_^ Tu me rappelles que je voulais lire les Trollope en VO à la bibli, histoire de continuer, mais les petits caractères tuent les yeux (d'où, finalement, encore un intérêt d'une liseuse; je vais finir par craquer)
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