vendredi 9 avril 2010

Exils



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Nuruddin Farah

Le serpent à plumes, 2010



L'auteur : voir ici
Déjà lu : les deux premiers volumes d'une trilogie, Du lait aigre-doux et Sardines, qui se déroulaient durant la dictature militaire de Siyad Baré en Somalie. Les trois romans sont présentés chez Ballades et escales en littérature africaine.

Quatrième de couverture :
"Après vingt ans d'exil à New York, Jeebleh décide de retourner en Somalie, son pays. Au programme: trouver la tombe de sa mère et aider son ami d'enfance Bile à récupérer Raasta, sa fille enlevée. Mais quand il débarque à Mogadiscio, Jeebleh se rend compte que la situation a radicalement empiré.
Les clans ont divisé le pays, les adolescents prennent les gens pour des cibles et les Américains ont la gâchette facile. Le tâche de Jeebleh est complexe, d'autant qu'on se méfie de lui. A quel clan appartient-il aujourd'hui?
Dans ce monde chaotique où rien et personne n'est ce qu'il paraît, où chaque mot peut être une bombe, la petite Raasta, nommée la Protégée, représente l'espoir. Ses mots, sa présence sont le seul réconfort de ce peuple de vautours gouverné par la peur."

Des passages pour l'ambiance générale:
"Où était le danger? Qui était un ami, qui était un ennemi? Il avait été habitué à l'arbitraire d'un régime dictatorial où une simple rumeur vous envoie en prison, à une anarchie civile telle que votre vie pouvait dépendre d'un jeune armé d'un fusil pour la simple raison que vous apparteniez à un autre clan que le sien."
"Qui était-il (Af-Laawe) en réalité? Un médiateur de conflit grassement rémunéré par l'Union Européennne? Une escroc de haut vol qui avait planqué son magot dans une banque suisse? Un philanthrope dont l'ONG se chargeait d'enterrer des corps non réclamés? Le gardien d'une villa désertée par une famille en ruine?"

Mes impressions :
Suivre Jeebleh dans Mogadiscio aux mains des chefs de guerre nommés Strongman North et Strongman South s'avère une totale découverte des réalités somaliennes et de la vie -ou survie- de tous les jours où la mort rode (et les vautours survolent le tout). Comme lui, on se demande qui est qui, à qui faire confiance. Les réponses ne sont pas vraiment explicitées, des forces cachées sont à l'oeuvre et sans doute à l'origine du dénouement, à nous comme à Jeebleh de deviner. Les dialogues nombreux passent parfois du coq à l'âne ou s'interrompent brusquement, comme dans la vie, d'accord, mais c'est un peu désorientant dans un roman. Ceci étant, on arrive quand même quelque part, en dépit de tous les secrets et les non-dits.
Le titre original est Links (liens), moins parlant qu'Exils pour les lecteurs francophones, bien sûr, mais il gomme les allusions nombreuses au pouvoir de la famille et des clans en Somalie. Au point que Jeebleh s'interroge sur l'emploi des "je", "nous", ils"..."

Une bonne occasion de retrouver Nuruddin Farah dans une Somalie mal en point (la dernière fois, c'était sous une dictature), et d'imaginer à quel point Mogadiscio était une ville superbe.
http://farm1.static.flickr.com/123/366571059_dabe2069a0.jpg "Je n'ai pas de champs cultivés à vous offrir
Ni d'argent, ni d'or!
Le Pays n'est que broussailles.
Si c'est du bois et de la pierre que vous cherchez,
Vous en trouverez en abondance,
Ainsi que des nids de termites.
...
Tout ce que j'ai à vous donner, c'est la guerre
Si c'est la paix que vous voulez, quittez mon pays."
Sayyid Mohammed Abdullah Hasan, poète somalien du début 20ème siècle.

Merci à Anne Vaudoyer du Serpent à plumes.
Les avis de

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freude Il y a 3 ans


Tiens voilà des thèmes et un auteur qui change un peu, je note les trois titres !



clara Il y a 3 ans


Une écriture à découvrir pour moi ! Je vais aller regarder les publications de cette maison d'édition



Océane Il y a 3 ans


C'est le genre de livre qui me donne la rage, l'amertume du monde dans lequel on vit. Je vais évidemment suivre mon envie et le lire, d'autant que la Somalie est un pays qui m'intéresse, depuis
(c'est bête) le film blood diamonds, il y a une force, un truc qui m'y attire.


Bref, merci de la découverte :)



Aifelle Il y a 3 ans


Je ne me sens pas très attirée par le livre. Le poème est magnifique et la photo aussi (elle est de toi ?).



Manu Il y a 3 ans


Pas un sujet pour moi.



sylire Il y a 3 ans


Je ne te sens pas vraiment emballée, zut, j'espère qu'il me plaira davantage !



Pickwick Il y a 3 ans


Etonnement, je ne suis pas vraiment tentée. Je note pour plus tard, envie de choses plus légère en ce moment, mais ça me passera :)



A_girl_from_earth Il y a 3 ans


J'ai Du lait aigre-doux dans ma PAL depuis 2 ans, j'arrive pas à me lancer...



Choco Il y a 3 ans


TU as vécu en Afrique ? Tu es pleine de surprises, chère Keisha !



le Merydien Il y a 3 ans


Dur la séparation hein ? 16 ans que ça me trotte d'y repartir pour  y revivre. Mais plutôt Afrique Centrale et le coeur des ténèbres...


C'est bizarre, mais ton billet me rappel le film de Depardon "Afrique, comment ça va avec ta douleur" et puis un autre film que j'avais vu à l'époque et qui devait aussi se passer dans ce coin
là. Un endroit dont on se dit que cela a du être magnifique, et qui semble depuis figé, sauf quand une déflagration explose au coin de la rue ou du désert.


Je note ce titre et c'est souvent vrai que le serpent à plume est à part dans ses publications.



ficelle Il y a 3 ans


La photo, en tout cas, est superbe.



Stephie Il y a 3 ans


J'ai lu la première partie mais je n'arrive plus à avancer. Je ne sais pas si je le reprendrai.



Restling Il y a 3 ans


Non, ça ne me dit rien...



Choco Il y a 3 ans


Et bien, je suis confuse, je suis passé complètement à côté.... Vu que je n'ai pas lu les 4 premiers tomes d'Aya, il est possible que j'ai sauté l'article sur le cinquième... Sinon, je ne vois
pas comment c'est possible !


En tout cas, tu n'est pas très explicite sur ton séjour là-bas ;) Tu y es resté combien de temps ?



Bénédicte Il y a 3 ans


je crois qu'il me plairait beaucoup ce livre et la photo est magnifique



Mélopée Il y a 3 ans


Ah ça c'est le genre de bouquins hautement intéressants pour la curieuse que je suis. Tout ce que je ne connais pas me rend plus "forte" ;)



Marie Il y a 3 ans


Un livre difficile à mon avis, mais doit valoir la peine d'être découvert.


En lisant les commentaires un peu plus haut, je m'aperçois qu'il faudra que je lise ton récit sur l'Afrique !



Theoma Il y a 3 ans


Je suis très touchée par cette magnifique photo (jamais vu la somalie ainsi !) et par les beaux mots du poète.



la librivore Il y a 3 ans


Cela donne envie de le lire, ne serait-ce que pour cette atmosphère de mystère, et le plaisir de la découverte à la fin.



Choco Il y a 3 ans


" en douce derrière une étagère durant une pause " : je te rapelle que je cherche à obtenir un CDI...  J'ai une
conscience professionnelle, MOI madame ! (la fille pas crédible !)


Bon sinon, moi, je demande les billets africains ! allez dis ! ça serait super génial ! J'en envie d'en savoir plus, moi !



keisha Il y a 3 ans


@ Choco


J'avais bien précisé "durant une pause", je ne pense pas que ce soit interdit de connaître la marchandise pour pouvoir en parler au client, non? Pas crédible, oui...


Bon, je vais peut-être continuer, juste pour toi... Mais les vacances se terminent...Surtout que les photos argentiques doivent être scannées, c'est du boulot!



ferrand Hervé Il y a 3 ans


Tout simplement un merveilleux roman d'une très grande intelligence... ce qui est un pléonasme au regard des qualités de l'écrivain.



keisha Il y a 3 ans


@ ferrand Hervé


Le style peut dérouter, mais finalement il est très personnel et très fluide. Je ne connais pas l'auteur, mais j'ai l'impression qu'il est venu à un salon cette année.

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