vendredi 21 juillet 2017

L'état des lieux

L'état des lieux
The Lay of the Land
Richard Ford
Editions de l'Olivier, 2008
Traduit par Pierre Guglielmina




Après Un week-end dans le Michigan (quelques avis) paru en 1986, traduit en français en 1999, et Independance, Prix Pulitzer 1996 (quelques avis), L'état des lieux (un avis) sera suivi par En toute franchise en 2015.

Ces quatre romans ont pour personnage principal Frank Bascombe, journaliste sportif puis agent immobilier. Dans Un week end dans le Michigan (techniquement, lui et son amie de l'époque n'y passent pas tout le WE de Pâques, mais c'est le titre français), le lecteur fait sa connaissance; Independance est centré sur la journée du 4 juillet, quelques années plus tard. Pour L'état des lieux, nous sommes en 2000, à l'approche de la fête de Thanksgiving.

Je n'ai pas écrit de billets pour les deux premiers, mais je garantis que la 'série' est plutôt addictive, même si l'on prend son temps et qu'il ne s'y passe rien de vraiment sensationnel. Mais on ne lâche pas. Les événements sont donc encore centrés sur quelques jours, avec des rappels plus ou moins développés de ce qui s'est passé durant les années où on a quitté Frank Bascombe. Cette fois, à cinquante-cinq ans, il doit faire face à un cancer et au départ de sa femme; il a quitté la ville de Haddam, même s'il garde des liens, son associé est un immigré d'origine tibétaine, bref il arrive quand même de l'inattendu, émouvant, tragique ou drôle. Frank Bascombe pose son regard sur le changement de l'Amérique; dans son petit coin, cette Amérique où point la dégringolade de l'immobilier, cette Amérique des traditions mais aussi des centres commerciaux envahissants. Et c'est juste le moment post élections où l'on recompte les voix en Floride.

Richard Ford décide de la vitesse de narration, déroulant les pensées et les souvenirs de Frank, à sa guise. Pas de suspense vraiment, mais un ensemble tellement plaisant que je signe pour le volume 4, En toute franchise. Je signale que c'est tellement bien bidouillé qu'on peut lire dans le désordre, d'ailleurs j'avais commencé par Indépendance...

"laisser la communauté faire ce que les communautés font très bien : supprimer la diversité, décourager l'individualité, punir l'exubérance et trouver le langage adapté pour que ça paraisse bon pour tout le monde - l'Amérique, ce n'est rien d'autre."
"Elle m'a dit que cet avocat avait d''excellentes relations', ce qui veut dire soir la mafia, soit le gouvernement, quelle que puisse être la différence."

Plus de 700 pages, donc éligible pour le Pavé de l'été chez Brize.

30 commentaires:

  1. Eh bien moi, j'ai lâché dès le premier tome : quel ennui ! Je ne suis d'ailleurs jamais retournée vers Richard Ford, il faudrait...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Fort heureusement j'ai commencé par le 2, Independance, où il se passe plus de choses, quelques ventes (ou non) avec des clients de son agence immobilière, plutôt marrant, les relations avec son ex-femme -et son mari- et l'accident de son fils. Je reconnais que les deux autres ont moins à se mettre sous la dent côté suspense.

      Supprimer
  2. J'étais partante et patatras le commentaire de Sandrine me refroidit d'un coup. On verra ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans ce cas, je te conseille Independance, qui est très bien à lire, après tu verras si tu continues avec l'univers de Frank Bascombe...

      Supprimer
  3. J'ai lu "Independance" avec intérêt ... mais les bouquins trop longs ne sont pas pour moi, du coup je ne lis plus cet écrivain - fort bon néanmoins !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je le considère comme un excellent romancier, incomparable pour décrire les Etats Unis de décennie en décennie, la vie de l'américain moyen dans l'est du pays. C'est vraiment plein de remarques intelligentes. Souvent plutôt drôle.
      Mais (et c'est le drame! ^_^) plutôt de gros bouquins. Je ne m'en plains pas, mais il faut le réaliser.

      Supprimer
  4. Bravo pour le pavé de l'été ! J'avoue que j'ai un peu du mal avec Richard Ford... Je n'ai pas aimé plus que ça Un week-end dans le Michigan , ni Canada, il faudrait que je refasse une tentative ! ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Avec Independance, alors, qui m'a l'air son meilleur?

      Supprimer
  5. Lire des pavés l'été c'est très bien. J'aime m'immerger dans des histoires ainsi. Je n'ai jamais lu Richard Ford mais il semblerait que son écriture pourrait me plaire.
    J'adore le logo du pavé surfant !
    Bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Brize nous concocte chaque année un logo avec le pavé, cette année c'est encore plus drôle!
      Les pavés, en fait, j'en lis toute l'année...Un Trollope en juin, par exemple. Richard Ford, faut s'y immerger tranquillement.

      Supprimer
  6. je n'ai pas accroché à ces romans là mais j'ai lu il y a longtemps un livre de lui sur sa mère qui était magnifique

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dernièrement est paru un livre sur ses parents, ça doit être bien, alors?
      (Entre eux, L'olivier, 2017)

      Supprimer
  7. Jamais vraiment essayé de lire l'auteur ... j'ai dû être refroidie par le nombre de pages ;) !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'avoue qu'entre le moment où j'ai acheté Independance et celui où je l'ai lu, il s'est écoulé beaucoup de temps! Mais ensuite j'étais aguerrie pour les autres volumes.

      Supprimer
  8. Encore un que je ne connais pas ! 700 pages, je vais m'abstenir...
    Bon weekend.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hé oui, mes auteurs américains... ^_^ Pour 700 pages, mieux vaut être sûr d'accrocher.

      Supprimer
  9. Hmmm ça ne me parlait pas trop comme ça et les avis ci-dessous ne me motivent pas trop. Faut dire que là j'ai énormément de casseroles sur le feu, et puis, moi, mon pavé de l'été, ce sera Confiteor, alors faut pas que je commence à me laisser entraîner ici ou là.;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te comprends parfaitement, objectif Confiteor, voilà!

      Supprimer
  10. Je ne connais l'auteur que de nom... bizarrement, il me fait un peu peur.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Un bon romancier, pas de souci. Tu ne risques rien à tenter.

      Supprimer
  11. Je m'étais ennuyée avec Canada alors... une série... je ne suis pas vraiment partante.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu sais, j'avais démarré Canada, sans accrocher. Alors qu'avec Independance j'étais vite embarquée. Que le mot série ne t'inquiète pas, lis Independance, ça devrait suffire, déjà.

      Supprimer
  12. Autant j'ai aimé Canada, autant la série de Franck Bascombe m'a laissée de marbre. Independnace Day, c'est le summum de l'ennui pour moi, donc je vais zapper celui-ci !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On a vécu les expériences inverses, semble-t-il! Pas la peine d'insister, au moins tu connais l'auteur, vraiment intéressant mais sans suspense démentiel, quoi.

      Supprimer
  13. Je ne connais absolument pas, je suis très tentée, et puis les gros livres, j'adore ça :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chic! Je te dirais de commencer par Independance, aussi gros, peut-être plus facile pour accrocher. Et facile aussi à trouver.

      Supprimer
  14. J'ai adoré "Un week-end dans le Michigan" pour ma part, et je pense lire la suite depuis de nombreuses années. J'ai encore trop de lectures prévues cet été pour la lire rapidement, mais merci de me remettre Richard Ford en tête.
    Le côté "peinture de l'Amérique" me fait penser à Jay McInerney que je n'ai pas lu (mais dont j'ai entendu des critiques récemment à la radio). Tu connais ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comme ce sont de gros livres, mieux vaut y aller doucement, mais je te recommande la série; il m'en reste un, et finalement je lirais bien Canada, maintenant.
      Le masque et la plume en parlait début juillet, mais je n'ai pas trop écouté. De lui j'ai lu un roman (Trente ans et des poussières?), essayé un autre (La belle vie, avec les mêmes personnages), et abandonné, très new yorkais, faut voir maintenant si je reprendrais goût.

      Supprimer
  15. On ne trouve rien de sensationnel chez R Ford, c'est ce qui fait son charme, sans doute. Je retournerais volontiers vers lui un de ces jours.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est très fort de soutenir l'intérêt du lecteur avec juste la vie telle qu'elle est... Mais aussi un peu d'ironie gentille, de bonnes réflexions. J'aime beaucoup.

      Supprimer

Ce coup ci, je remets la modération des commentaires, espérant ainsi vous éviter de devoir cocher au hasard des photos floutées!
Dites-moi si ça vous arrive encore, merci!

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.