lundi 6 mai 2013

La nuit d'Ostende

La nuit d'Ostende
Paule Noyart
le cherche midi, 2013
déjà paru en 2011 au Canada aux éditions Leméac




Belgique surtout, et un peu Europe, au cours des cinq premières décennies du 20ème siècle. Tour à tour l'on suit Delphine, calme et obéissante jeune fille devenue épouse et mère de famille dans un milieu bourgeois prospère, Irène, sa tante passionnée goûtant la vie à pleines dents et se remettant de ses erreurs éventuelles, et plus tard Odile, la fille de Delphine. Sans oublier Alma, mère de Delphine, jamais remise de ses relations avec sa propre mère, et Gabrielle, femme engagée. De beaux portraits de femmes.
La seconde guerre mondiale éclate, chacune va participer à son niveau à la lutte contre l'occupant.

Avec une fort jolie écriture, Paule Noyart campe bien ses personnages, les rend intéressants et décrit sobrement et efficacement les atmosphères. J'ai bien accroché en gros la première partie du roman, jusqu'à, patatras, la guerre. Là l'incursion de la Grande Histoire, même si j'ai appris quelques détails sur la vie en Belgique occupée, a commencé à m'ennuyer fortement (j'avais fait le même reproche à Cent ans de Wassmo, l'Histoire tue l'histoire), l'impression de trop connu déjà (je préfère les vrais documents, tant qu'à faire). C'est personnel, mais c'est mon problème quand je lis une saga, et me conduit à penser que le genre n'est pas trop ma tasse de thé (pourtant j'en ai lu; c'était avant).

Donc on a droit aux épisodes habituels dans ce type de romans se déroulant sous l'occupation allemande, je vous laisse aisément imaginer. (On n'a pas échappé non plus au grand classique de l'accouchement, "fais chauffer l'eau, etc..."). J'ai terminé ma lecture sans entrain, mon attention réveillée lorsque je retrouvais des passages axés uniquement sur la vie des nos héroïnes (là, on a des femmes vraiment attachantes). Sauf que j'ai fini par lire en diagonale le journal d'Odile, qui n'apporte pas grand chose pour mon goût, en dépit de l'évolution visible de l'écriture d'Odile, entre 10 et 20 ans.

Master Hare, de Joshua Reynolds, Musée du Louvre
 "Si Irène s'est enamourée du portrait de Master Hare, c'est parce que le bambin de deux ans ressemble à la petite Irène qu’elle a découverte, un jour, dans un album de photographies.(...) Master Hare, c'est la jeune Irène aux cheveux dorés et à l’œil clair, la jeune Irène encore heureuse qui, découvrant qu’elle va peut-être vouloir autre chose qu'un bonheur tranquille, tend une main vers l'inconnu."

Les avis de Prospéryne,

Merci Solène!

36 commentaires:

  1. Il m'attend, je reviendrai lire ton billet plus tard.. pssst : tu crois que je vais aimer ?

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    1. Tu vas aimer ces femmes, tu vas aimer l'écriture, tu vas sûrement aimer la première moitié. Ensuite, à toi de voir! ^_^

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  2. Je partage aussi totalement ce que tu ressens à propos de l'histoire des guerres du XXe siècle dans les romans actuels. J'en ai trop lus aussi et mieux vaut se documenter à la source chez les historiens. A moins qu'il ne s'agisse d'un chef d'œuvre avec un point de vue original. C'est différent avec les époques que je connais moins. Je ne retiens pas ce titre par conséquent.

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    1. Prends Stendhal et Fabrice à Waterloo, là on a vraiment le minimum de bataille historique! Et ça me suffit.
      Ici, je me demande si je ne connais pas trop cette période (en France), mais peut être l'auteur pense-t-elle à ses lecteurs canadiens?
      Je me souviens d'un roman de C Cusset qui parlait des années 80 en Roumanie, que je connaissais déjà un peu, et ça m'a ennuyée. Je préfère que l'auteur n'en dise pas assez, tant pis si je suis perdue.

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  3. J'avais ADORE Cent ans d'Herbjorg Wassmo, alors peut-être que j'aimerais ! ;-)

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    1. Mon bémol pour Cent ans, n'est que pour un court passage de la fin, tu sais.

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  4. Les poncifs, les stéréotypes, les ennemis jurés des lecteurs

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    1. En tout cas, pour moi ça passe mal... Ou j'en ai trop lu.

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  5. Tu as un abonnement avec les éditions du cherche midi ?

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    1. Yes, Madame! Disons qu'une gentille attachée de presse pense à moi. Elle connaît mes goûts, mais parfois ça tombe moins bien.
      Tout cela a commencé avec Richard Powers, si tu veux tout savoir!
      Mais quand même, je lis chez d'autres éditeurs, non? Je pense d'ailleurs à faire un bilan éditeurs colonne de droite, un jour, un jour...

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  6. Je suis entièrement d'accord avec ce que tu écris, et tu n'imagines pas le plaisir que j'ai eu en lisant ton billet, j'éprouve exactement la même chose que toi par rapport à la fiction historique, le romanesque j'adore si c'est bien fait mais le romanesque qui s'appuie explicitement sur l'histoire m'ennuie prodigieusement et je préfère le travail des historiens si eux aussi savent écrire , ce qui n'est pas toujours les cas.
    Je sais que je ne lirai jamais ce livre, merci
    Luocine

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    1. Aïe aïe, mais je ne peux que te donner raison. Cependant je reconnais que ce type de roman (pour sa seconde partie) peut être une façon agréable de prendre pied dans une époque historique si on ne la connaît pas trop.
      Dernièrement j'ai lu Le roi transparent de Rosa Montero, en plein Moyen âge, mais je n'ai pas eu l'impression de crouler sous trop d'Histoire. Ou alors je préfère peut être le Moyen âge?

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  7. Je suis comme toi, quand la grande histoire s'invite de manière trop importante dans une fiction, j'ai du mal, surtout si c'est la seconde guerre mondiale. Voila au moins un titre qui n'alourdira pas ma pal...

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    1. Cette seconde guerre mondiale, à tort ou à raison, nous paraît connue... De la même façon, je préfère un témoignage sur les camps, par exemple, à du romancé.

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  8. Un roman intéressant par l'(atmosphère qu'il dégage.

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    1. La première partie, et la seconde par moments, en effet, est vraiment satisfaisante, bien écrite et réussie (à mon avis!)

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  9. Les lieux communs historiques rebattus sont malheureusement les écueils que certains romans, et en particulier les sagas familiales, ont du mal à éviter. Je passe mon tour, préférant les ouvrages d'historiens sur un sujet comme la Seconde Guerre mondiale.

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    1. Nos sommes bien d'accord! Dommage pour ces romans bien écrits et avec des personnages attachants, mais les longueurs finissent par ennuyer.

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  10. Je ne suis pas emballée ^^ Ok, commentaire inutile, mais bon :)

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    1. D'un autre côté, je ne fais pas montre d'un enthousiasme débordant...

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  11. Le droit du lecteur est de faire comme il lui chante ! Il peut ne pas terminer un livre, le lire en diagonale, sauter des paragraphes ou des chapitres et même commencer par la fin...

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    1. Depuis Pennac, on se sent pousser des ailes, officiellement et sans complexes. ^_^
      Mais l'auteur a lui aussi des droits, il mène son roman comme il le désire et détaille s'il pense que se lecteurs en tireront profit (ici, les canadiens?)

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  12. J'adore ta façon de refroidir les ardeurs ! ;-)

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    1. Il m'arrive (rarement) de n’aimer que moyennement ou partiellement. Quant à ce que j'ai détesté ou abandonné, je n'en parle pas.

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  13. Hum, je ne suis pas super motivée, là sur ce coup-là :sûrement la faute à la deuxième partie !!!!!

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    1. Tout n'est pas à jeter, dans ce roman, bien évidemment, mais quand je m'ennuie, c'est difficile!

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  14. Haha j'ai bien ri à ton passage sur les grands classiques de l'accouchement. Bon, a priori je peux passer sans problème. Tant mieux tant mieux.:)

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    1. Et le père qui n'est pas là, à cette époque aussi ça se passait ainsi.
      Tu vois, je suis sympa pour ta PAL.

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  15. Ah... peur moi aussi de l'ennui... Allez j'oublie ce titre ! :-)

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  16. C'est clair que le réchauffé ce n'est pas ce qu'on peut préférer. Difficile d'être original dans ce genre et ce thème qui a tant de fois été traité.

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    1. Pourtant l'écriture est jolie, et les personnages intéressants.

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  17. Á OSTENDE

    Á Ostende l'onde est un songe, la lumière une vague, l'écume une bière âcre.

    Là-bas les mouettes se lamentent et les hommes ont l'âme lourde, ce qui est hautement réjouissant car à Ostende tout ce qui gémit est béni.

    On vient à Ostende non pour y mourir mais pour voir mourir : dans cette ville en perpétuel automne la mélancolie est un spectacle intime. Les nuées y sont sombres, les âmes brumeuses, les flots lumineux.

    Á Ostende au casino face à la mer on joue, on perd, on pleure : on est heureux.

    Dans cette capitale de la nostalgie l'amour est lunaire, la mort intermédiaire, la vie un interminable regret.

    L'existence y est pâle, sereine, quasi funèbre. C'est la chose la plus délicieuse d'Ostende.

    Á Ostende il y a plein de vieilles en rouge à lèvres qui traînent leurs secrets d'amour glorieux et désuets : dans la ville flamande une tendre poussière recouvre les coeurs séniles.

    Ostende est une ville égarée entre la mer et les étoiles, figée dans un siècle de naphtaline.

    VOIR LA VIDÉO :

    http://www.dailymotion.com/video/x10c68a_a-ostende-raphael-zacharie-de-izarra#.UaaJvbUWolE

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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    1. Bonjour,
      Passage poétique sur mon blog, ô visiteur...

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  18. Á OSTENDE

    A Ostende l'onde est un songe, la lumière une vague, l'écume une bière âcre.

    Là-bas les mouettes se lamentent et les hommes ont l'âme lourde, ce qui est hautement réjouissant car à Ostende tout ce qui gémit est béni.

    On vient à Ostende non pour y mourir mais pour voir mourir : dans cette ville en perpétuel automne la mélancolie est un spectacle intime. Les nuées y sont sombres, les âmes brumeuses, les flots lumineux.

    A Ostende au casino face à la mer on joue, on perd, on pleure : on est heureux.

    Dans cette capitale de la nostalgie l'amour est lunaire, la mort intermédiaire, la vie un interminable regret.

    L'existence y est pâle, sereine, quasi funèbre. C'est la chose la plus délicieuse d'Ostende.

    A Ostende il y a plein de vieilles en rouge à lèvres qui traînent leurs secrets d'amour glorieux et désuets : dans la ville flamande une tendre poussière recouvre les coeurs séniles.

    Ostende est une ville égarée entre la mer et les étoiles, figée dans un siècle de naphtaline.

    (Texte de René BARJAVEL 1965)

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