mercredi 27 juillet 2016

Hélène

Hélène
Raymonde Vincent
Collection voyage immobile Christian Pirot

Achevé d'imprimer le 13 novembre 1991 d'après le manuscrit original conservé à la BM de La Châtre (Indre)(hé oui!)


Cela m'étonnerait fort que vous connaissiez le nom de Raymonde Vincent. Née en 1908 à Luant (près de Châteauroux), dans une famille de cultivateurs, à 17 ans elle monte à Paris, rencontre Albert Béguin (écrivain, critique et éditeur suisse) qu'elle épouse en 1929. Elle s'intéresse à la peinture, la musique, le théâtre, écrit des romans dont Campagne (prix Femina 1937) et Hélène, paru après sa mort en 1985 à Saint-Chartier (oui, pas loin de Nohant). Il était donc normal que je m'intéresse à une Berrichonne pur jus, en toute objectivité tout de même (si ç'avait été illisible j'aurais laissé).

Une biographie par Rolland Hénault, intitulée Raymonde Vincent, Chrétienne et libertaire, est parue en 2006. Je l'avais oublié, mais ce titre parfait permet de comprendre l'importance de la foi (je ne dirais pas la religion,cela va au-delà de simples habitudes) chez Hélène, ses parents et son parrain. Attention, pas de pages imbuvables, les mots grâce et mysticisme seraient appropriés, c'est présenté avec profondeur et sentiment, tandis que certaines religieuses en prennent pour leur grade.
Un autre écueil évité par Raymonde Vincent, c'est le côté 'roman du terroir'. Bien sûr la campagne et ses labeurs est présente, et c'est intéressant de voir évoluer le coin (près de Levroux, dans le roman) et la vie rurale, ne serait-ce qu'avec le passage des charrettes aux automobiles prisées par un des personnages.
Plutôt autobiographique (mais pas que), le roman démarre avant le mariage des parents d'Hélène, dans une ambiance presque conte de fées. Orpheline avant ses 20 ans, Hélène est élève dans une institution catholique, puis, ses dons artistiques étant évidents, part à Paris où elle rencontre le succès, ainsi que le grand amour. Voué à ne pas durer, on le sait rapidement.

J'ai aimé ce roman complètement hors des modes, avec une histoire d'amour délicatement racontée. C'est fin, doux, subtil, vaporeux parfois. Les deux mondes, urbain mondain, et rural sont bien évoqués, sans manichéisme. Raymonde Vincent mérite de ne pas être oubliée.

14 commentaires:

  1. Certainement très intéressant. J'ai déjà lu ce genre d'ouvrage et chaque fois ça m'a beaucoup touché...

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    1. L'auteur sait rendre ses personnages attachants, même si c'est raconté avec retenue.

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  2. ce genre de livre a un parfum très doux en effet et je comprends ton plaisir

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    1. Des âtres de chair et de sang, de la réflexion, un charme peut-être désuet mais certain.

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  3. Le côté suranné doit en rajouter dans le charme du livre. Un de temps en temps, pourquoi pas.

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    1. J'aime beaucoup ces découvertes, ces romans tirés des étagères. La valeur n'a rien à voir avec le nombre des années...

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  4. On a besoin parfois de retour vers un autre monde celui des voyages ou d'un monde du passé. Je ne sais pas si j'ai envie de le lire malgré ton beau billet. Le côté suranné me fait un peu peur je crains l'ennuie .

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    1. A partir du moment où on était dans l'histoire d'amour (non, pas du tout harlequin) si finement racontée, j'ai trouvé ça très bien! Intemporel de toute façon.

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  5. Ah oui ça a l'air très hors des modes et totalement authentique aussi. Je comprends en tout cas que ce livre ait trouvé du charme à tes yeux.

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    1. Et pi c'est le Berry... Mais un bon bout du roman se déroule à Paris ou à Rome.

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  6. J'aime bien parfois aller vers ce genre de publication "hors des modes", mais je ne pense pas lire ce titre, je crois que l'un des charmes de ces titres locaux est de s'y retrouver "géographiquement", de s'y sentir "chez soi" et impliquée. En tout cas, moi, je fonctionne comme cela ... C'est une des raisons (mais pas la seule !), pour laquelle j'ai adoré "Grossir le ciel".

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    1. Oui, on s'y retrouve géographiquement (Châteauroux, Levroux par exemple) mais le lecteur va aussi à Paris et Rome, et ce la plus grande partie du roman.
      Grossir le ciel : pas encore lu!

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  7. J'adore quand on déterre ou dépoussière des oeuvres peu connues, ou oubliées de ces femmes d'autrefois. Je suis donc très intéressée.

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    1. Oh merci! Tu vois c'est un peu comme l'histoire de Marguerite Audoux, prix Femina elle aussi.

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