lundi 16 janvier 2017

Rien (oui, c'est le titre)

Rien
Emmanuel Venet
Verdier, 2013


Trop fort, Emmanuel Venet. Franchement, question titre peu attirant, on frôle le record du monde. Mais heureusement, après lecture de deux de ses (minces) opus, je savais que sous la couverture jaune de Verdier se cachait sûrement une pépite que je n'allais pas rater, non mais!

Un couple, Agnès et le narrateur, dont le mariage atteint 20 ans d'âge sans trop de brillance, ont loué une chambre au Negresco. Hélas celle où logea Jean-Germain Gaucher et Marthe Lambert n'existe plus. Jean-Germain Gaucher? Mais oui, ce compositeur fin 19ème début 20ème, dont les seules œuvres valables ne furent jamais données, et qui se fit connaître par des opérettes ou chansons données en cabaret parisien. Une vie ratée à tous points de vue, se terminant sous un demi-queue Pleyel en 1924 (oui, sous, et ça pèse lourd). Mais, avec Emmanuel Venet, une vie passionnante, écrite d'une écriture impeccable bourrée de second degré. Une vie en écho avec celle du narrateur, musicologue n'ayant produit que d'obscurs volumes sur ce musicien de troisième zone...

Était-il trop gentil pour réussir?
"Tous les génies se conduisent envers autrui comme des butors voire des délinquants, profitent et abusent de leurs proches en toute sérénité, se font entretenir sans contrepartie et finissent par mordre, un jour ou l'autre, la main qui les a nourris. Un véritable artiste ne s'inquiète nullement pour le bonheur de ses enfants: au mieux il les condamne aux travaux forcés comme Bach, dont les marmots engendrés par douzaines consacraient leurs vertes années à copier les parties séparées de ses cantates; au pire il ne les reconnaît pas lorsqu'il les croise dans la rue, comme Schumann dont l'unique obsession consistait à écrire des pièces en apparence faciles mais exigeant une extrême virtuosité, histoire d'obliger sa femme à des prouesses pianistiques que le public ne détecterait pas."

Hélas les jouissives pages 112 et 113 sont bien longues à recopier, où l'auteur se lâche férocement sur les touristes du bout du monde, les amateurs d'automobiles, les écrans divers...

Les avis de charybde 27,

Dernier petit livre (43 pages) à la médiathèque

Ferdière, psychiatre d'Antonin Artaud
Emmanuel Venet
Verdier, 2006

Si vous connaissez en gros l'histoire, c'est à lire car transfiguré par l'écriture d'Emmanuel Venet.
Si comme moi vous ne connaissez que le nom d'Artaud, vous apprendrez que Ferdière était son psychiatre dans les années 40, noté comme poète et médecin, beaucoup critiqué (à l'époque certaines méthodes étaient limite limite, mais il a essayé de nourrir ses patients, c'est à son crédit)
A lire évidemment.

En parlent : charybde 27,

Voilà, j'ai lu les quatre présents à la bibli, maintenant vous lisez Venet, je ne peux plus rien pour vous!

30 commentaires:

  1. Je vais à la bib vendredi et je reviens avec du Venet dans mon sac, c'est certain. Et côté titres à fuir, tu le sais, j'ai classé en haut de mon top "Défaite des maîtres et possesseurs" et "Le mur de Planck" : deux romans formidables dont titres et couvertures font fuir le client !

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    1. Pour le Message, n'importe quel titre m'aurait attirée, sur la foi de son premier roman, je signais! Donc je n'ai pas prêté garde au titre (j'ai découvert ensuite que c'est une citation, notre homme est fort!).
      Le mur de Planck m'attire a priori, à cause de la physique, et si tu l'aimes autant que l'autre, je veux le lire!
      Pour Venet, prends son dernier, j'ai commencé par là.

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  2. Il y en a deux à la bibliothèque, je pourrai tester, mais je ne me fais pas de souci, je pense que je vais tomber dedans.

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    1. Comme à Sandrine je te dis prends son dernier, mais après tu fais comme tu veux...

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  3. Je n'aurai pas été de moi même vers un tel livre en regardant la première de couverture, c'est certain.

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  4. Si je tombe dessus, j'essaierai.

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    1. J'ai commencé par son derneir, peut-être plus facile?

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  5. Artaud et Ferdière c'est avec eux que j'ai fait connaissance avec Emmanuel Venet et c'est un excellent souvenir

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    1. Hé bien tout ce que j'ai lu (quatre!) est du même excellent tonneau.

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  6. Verdier est de toute façon une valeur sûre ;)

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    1. Il m'est arrivé d'emprunter un livre uniquement à cause de la tranche jaune (et quand même lecture de la 4ème de couv')

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  7. tu me parles toujours d'auteurs que je ne connais absolument pas ! bon pas le temps non plus, vu la taille de ma pàl mais bien tes billets pour ma culture personnelle ;-)

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    1. Tant pis, j'ai terminé, j'ai tout lu du disponible! ^_^

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  8. je ne connais pas du tout, merci de nous les faire découvrir

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    1. Un auteur qui mérite le détour (en plus il n'écrit pas de pavé)

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  9. Quand tu aimes, tu ne comptes pas ;-) Moi j'aurais du mal à tout lire en suivant du même auteur. Le premier que tu as chroniqué a rejoint ma PAL, si ça peut te rassurer.

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    1. Bon, d'un autre côté,tous ses livres sont courts, ça aide! ^_^ Je les ai lus dans une durée raisonnable...

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  10. Ha bah quatre carrément !!! Bon... Je pense que Verdier est une excellente maison, je te fais confiance, me reste à prendre le chemin (lointain) d'une bibliothèque ! "Rien" me tente mais celui sur Artaud et Ferrière, encore plus !!! ^-^

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    1. En fait je l'ai découvert avec son dernier, Marcher droit, tourner en rond
      http://enlisantenvoyageant.blogspot.fr/2016/09/marcher-droit-tourner-en-rond.html

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  11. Ah non, "Rien" encore, ça peut intriguer. Le pire titre que j'ai vu, c'est "L'ennui". Ça ne donne vraiment pas envie de s'y aventurer. Bon, j'ai bien capté tes messages, lire Venet ! A voir au détour d'une bib'. J'avais feuilleté un Verdier une fois, mais j'ai l'impression que c'est trop "pointu", trop "stylé" pour moi.

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    1. J'avoue que L'ennui, c'est franchement repoussant... ^_^
      Mets le nez dans Marcher droit, tourner en rond, tu verras! Le pointu et stylé comme tu le dis, on oublie un peu (et on apprécie aussi).

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  12. Le second me tente plus. Pas un peu trop psy ?

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    1. Non, non, je n'ai pas eu cette impression.

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  13. J'avais eu du mal avec Rien, certes l'écriture est magnifique, mais il m'avait manqué un je-ne-sais-quoi pour m'emporter

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  14. Un auteur que je ne connais pas du tout...

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    1. J'en ai lu quatre, en démarrant avec Marcher droit, tourner en rond, le dernier paru. Recommandé!

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