mercredi 21 juin 2017

Les exilés du Paradis

Les exilés du Paradis
Brigitte Adès
Portaparole, 2017 (13 juin)



L'auteur est journaliste (pour faire court, et voir le site), et connaît bien les thèmes présents dans ce roman.

A 24 ans, Farhad, issu d'une famille iranienne aisée ayant dû s'exiler, termine de brillantes études aux Etats-Unis, pour lesquelles il mène des recherches en Iran et en Angleterre. En Iran et particulièrement à Téhéran et Ispahan, il renoue avec ses racines, ramenant un vieux manuscrit familial sur l'histoire de la secte des Assassins, dont les agissements peuvent rappeler celui des terroristes actuels. En Angleterre, il va retrouver Réza, son ami d'enfance, engagé par une fondation finançant discrètement des mouvements intégristes. Réza en est-il conscient?
Par ailleurs Farhad organise des groupes de réflexion pour les musulmans d'Angleterre ignorant le contenu du Coran, espérant que la connaissance sera le rempart des dérives.

Au travers du roman se dessinent les problèmes posés aux exilés ("désormais il avait le choix entre n'être jamais à l'aise nulle part ou s'efforcer d'être bien partout") et les réponses différents données aux communautarismes, en Angleterre et en France notamment. Des réflexions  tout à fait d'actualité, particulièrement au vu des événements récents en Angleterre.

Un roman utile donc pour prendre conscience des difficultés des immigrants en Angleterre (Pakistanais, etc.). La lutte de Farhad serait-elle réalisable en réalité? Existe-t-elle déjà? Je l'ignore, c'est peut-être une piste. Voilà pour le fond, très intéressant.

La forme romanesque est sans doute un bon moyen de présenter des idées, mais j'ai eu du mal à saisir Farhad, pour lequel tout se déroule trop bien et trop vite. Rencontres, rendez-vous, cela va vite, cela réussit. En peu de temps. Même les trois 'terroristes' pressentis abandonnent bien vite leur place.
L'objet livre lui-même est très soigné, avec les rabats, le papier crème et une jolie couverture évoquant la mythologie perse; c'est donc dommage qu'il y ait quelques imperfections, virgules un poil aléatoires parfois et un 'il se rongeait le sang' qui m'a étonnée.

"Le mot 'paradis' venait de 'pairidaeza', un ancien mot perse qui signifiait jardin."


12 commentaires:

  1. Je ne savais pas pour le mot perse. Merci.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une langue qui a fourni bien des mots, semble-t-il.

      Supprimer
  2. Le sujet m'intéresse alors pourquoi pas... Le propos n'est pas trop complexe ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est facile à suivre, et bien intéressant.

      Supprimer
  3. Intéressant mais quelques imperfections donc, et côté thématiques, ça fait peut-être trop écho à l'actu pour que j'ai envie de m'y aventurer (je ressors le bouclier anti-PAL, il est plus que temps^^ - toujours bloquée dans Connie Willis. J'en suis à la moitié. Franchement moins palpitant que Sans parler du chien quand même, non ?)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une partie se déroule en Iran, donc tu penses que j'ai aimé ça; sinon, plutôt en Angleterre, intéressant, mais c'est sûr qu'hélas l'actu est bien proche...
      Le Connie Willis... J'ai fini par lire très vite ce qui concernait la partie à Oxford, longuette à force.

      Supprimer
  4. Je ne connaissais pas l'origine du mot "paradis" mais depuis ma lecture de Zola, il est à jamais associé au jardin du "Paradou" ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, Zola et cette histoire d'amour dans le jardin...

      Supprimer
  5. La couverture est très jolie en effet. Et le sujet malheureusement d'une grande actualité...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Entre l'écriture et la parution du billet, l'actualité a encore bougé...

      Supprimer

Ce coup ci, je remets la modération des commentaires, espérant ainsi vous éviter de devoir cocher au hasard des photos floutées!
Dites-moi si ça vous arrive encore, merci!