Where Angels Fear to Tread

Where Angels Fear to Tread
Monteriano
E.M. Forster
Penguin Book 1976
Paru en 1905


Premier roman paru de Forster, Monteriano a en fait grillé la politesse à Vue sur l'Arno, commencé avant et laissé de côté (pour un temps). Pour ce mois anglais, j'ai replongé chez Forster, avec plaisir, et, cette fois encore, étonnement.

Bien sûr l'on retrouve l'Italie chère à l'auteur, et au moins trois des personnages tombent sous le charme du pays, charme puissant et agissant insidieusement, au point de les transformer. Philip a tellement vanté ce pays que sa belle-soeur Lilia, récemment veuve avec une petite fille, y est partie pour un court séjour, dûment chaperonnée par Miss Abbott (plus jeune qu'elle d'ailleurs, mais plus fiable).
Mais las! shoking! elle s'amourache d'un italien plus jeune qu’elle de douze ans, fils de dentiste, sans occupation bien définie...
Après quelques événements que je ne raconterai pas, l'on retrouve Philip, Miss Abbott et Harriett, soeur de Philip, chargés de régler à Monteriano quelques grosses conséquences du mariage Gino-Lilia. Ces italiens ne sont sûrement pas à la hauteur des anglais, n'est-ce-pas? D'où, action!

Quand Forster égratigne les anglais bien pensants et campés sur leur supériorité (comme Harriett qui résistera jusqu'au bout à l'influence délétère de l'Italie) c'est franchement amusant, mais l'affaire prend tout au long du roman un tour plus tragique pour se terminer par un extraordinaire dialogue entre Philippe et Miss Abbott (je l'imagine en ange, d'ailleurs), ces deux-là ne cessant d'être transformés par leur incursion en Italie.

Je recommande chaudement cette lecture épatante et inattendue, que j'espère n'avoir pas divulgâchée, et garde un souvenir réjoui du passage où les trois anglais assistent à une représentation pas franchement guindée de Lucia di Lamermoor.
Vue des tours de San Giminiano https://fr.wikipedia.org/wiki/San_Gimignano

Les avis de Dominique (oui, Dominique, il faut lire ce roman sans rien en savoir, pour écrire mon billet j'ai lu certaines présentations, et franchement, on se moque du lecteur en racontant absolument tout! La tienne est parfaite) et sur Lecture/Ecriture (celle de Mango aussi)

"Oh, the English! They are always thinking of tea."

Commentaires

eimelle a dit…
J'en garde un bon souvenir, et en effet la scène de l'opéra...très chouette!
keisha a dit…
Nous sommes plus guindés en France, mêem si la passion peut s'exprimer dans les applaudissements!
kathel a dit…
Je ne suis pas sûre d'être aussi enthousiaste que toi si je le lisais... je crois en avoir commencé un autre de l'auteur, il y a un bon moment... pfff, je ne sais plus !
C'est San Giminiano, la photo ?
keisha a dit…
Tout à fait, Monteriano est fortement inspirée de San Giminiano (et ses tours).
Tu sais, Forster est bien plus drôle que je ne croyais...
Dominique a dit…
un roman que j'ai beaucoup aimé
Parfois c'est difficile de dire que l'on a aimé et de faire l'impasse sur l'intrigue mais comme tu le dis certains blogs ou éditeurs sont à clouer au pilori pour nous flinguer le plaisir de la découverte
Papillon a dit…
Tiens, un Forster que je ne connais ! Tout ça m'a l'air très tentant.
Galéa a dit…
rha la la, je ne connais pas cet auteur (inculte!!!!!), mais j'adore ce billet et qu'il parle de l'influence italienne sur les caractères c'est tellement vrai, et tellement plus caustique sur des anglais bien comme il faut (avec un cougar avant l'heure). Je note évidemment
Alex Mot-à-Mots a dit…
De l'auteur, je n'ai lu que Howard Ends, que j'avais adoré. Tu me donnes bien envie de lire celui-ci.
keisha a dit…
Comme toi, mon objectif est de donner envie et on peut dire des choses quand elles n’apparaissent pas trop loin dans le roman, mais là, c'était un résumé entier, y compris la fin (fort heureusement trouvé après lecture). Je suis une lectrice qui aime bien ne pas tout savoir au démarrage, même si relire ne me soucie pas, mais là je choisis!
keisha a dit…
Ha ha, il te plaira ! Un Forster par mois anglais, c'est formidable.
keisha a dit…
Seule une anglaise résiste et demeure raide dans son corset! (couguar si tu veux ^_^)
keisha a dit…
Je prévois de lire ou relire son oeuvre, pas trop longue d'ailleurs, reste à mettre la main dessus.
rachel a dit…
et bin tout un roman....cela me fait penser un peu a Balzac....cela doit etre trop bien...en tout cas tu nous mets l'eau a la bouche...;)
keisha a dit…
Un auteur à découvrir, c'est sûr, dont je me faisais une tout autre idée, bien plus pompeuse.
Anonyme a dit…
Pas lu celui-ci. Je note.
"Avec vue sur l'Arno"... Je ne sais pas combien de fois je l'ai vu ! puis après je l'ai lu. Mais j'ai préféré l'adaptation ciné.
Anne a dit…
Je crois que j'ai lu ce roman mais c'était il y a si longtemps, je ne m'en souviens plus. (Nostalgie, nostalgie...)
Fanja a dit…
Oui Forster, un jour, mais pas tout de suite.;-) D'ailleurs je crois que je l'ai déjà étudié à la fac. Par petits bouts, des extraits, des analyses de texte ou des traductions (pfiou, c'est loin tout ça). Le mois anglais 2018, je pressens un autre du Maurier, la fameuse Barbara Pym, et j'aimerais bien (enfin) caser La Foire aux vanités de William Thackeray. Ah oui, et un contemporain aussi mais je n'ai pas encore choisi. Bon, on verra bien, et c'est encore dans un an tout ça.:-)
Electra a dit…
Vu ses adaptations au ciné puis étudié à la fac - Chambre avec vue, Maurice ..beaucoup n'aimaient pas ses longues tirades descriptives mais moi si ;-)
keisha a dit…
Vue sur l'Arno était ma lecture de juin 2016, et j'espère continuer... Sans doute pas facile à adapter au cinéma, mais réussi, d'après toi.
keisha a dit…
Ben oui, en plus de tous ces livres qu'on veut lire, il y a ceux qu'on a lus...
keisha a dit…
Au fur et à mesure de la découverte des billets, j'ai aussi beaucoup d'idées... Ce mois anglais permet de se décider (comme le mois belge) sinon on attendrait encore longtemps. Un an ça passe vite... (et pense à Forster, il te plairait)
lewerentz a dit…
J'avais bien aimé aussi cette lecture (aussi en v.o.). Pas mon préféré toutefois.
keisha a dit…
Quelles longues tirades descriptives? ^_^ Franchement je n'ai pas vraiment remarqué, tellement cela me plait.
keisha a dit…
La VO est parfaitement abordable. J'ai aimé, peut-être le lecteur est-il déboussolé car il s'attendait à une autre histoire (moi, en tout cas, je croyais qu'on se focaliserait sur Lilia...)
luocine a dit…
J'aime bien cette auteure et j'adore ta remarque sur la relecture, je suis si pressée parfois que j'aimerais relire avant de lire, voilà pourquoi je commence souvent les romans avant l afin.. Tu l'as lu en anglais?
keisha a dit…
Heu j'avoue ne pas comprendre tout ton commentaire? L'effet canicule?
Oui, j'ai lu ce roman en VO, et ce n'est pas si difficile.
Je suis ton conseil une fois de plus !
keisha a dit…
Merci! Forster est à (re) découvrir.
luocine a dit…
j'explique, comme j'adore relire, je préfère souvent la relecture à la lecture, en lisant la fin avant le début j'ai l'impression de relire le livre. C'est plus clair ??? même s'il fait toujours aussi chaud sauf dans l'eau (je me baigne jusqu'à 3 fois par jour!)
keisha a dit…
Vu comme cela je commence à comprendre (mais ça marche mal avec des gens comme moi qui oublient la fin... ^_^)
Ici pas d'eau mais à l'ombre à la maison, en buvant beaucoup.
Sandrine a dit…
Ah j'adore cet auteur !! et ça fait bien longtemps que je ne l'ai pas lu... tu me donnes bien envie d'y replonger le nez ma foi :)
keisha a dit…
Le mois anglais : tu vois à quoi il sert!!! Sinon j'oublie les pépites anglaises, hélas.
maggie a dit…
J'avais vu les adaptations de ses romans mais pas encore lu ! SOUPIR ! Encore un auteur à lire ! JE n'arrive pas à suivre ton rythme de lecture, bon, il faut dire que je suis un panda de la lecture...
keisha a dit…
Un auteur vraiment pas poussiéreux comme je le craignais! Je pense continuer cette (re)découverte.
(un panda? ^_^)
Praline a dit…
Tiens, moi j'ai eu un peu de mal il y a quelques années avec Forster. Mais c'est comme WWilkie Collins, ça vaudrait le coup de retenter...
keisha a dit…
C'est nettement meilleur que Wilkie Collins (lequel m'a valu des lectures haletantes, mais au bout d'un moment on se lasse)