lundi 25 mai 2020

Un coeur si blanc

Un coeur si blanc
Corazon tan blanco, 1992
Javier Marias
Rivages poche, 1996
Traduit par Alain et Anne-Marie Keruzoré



Grâce au confinement, si j'ose dire, voici un roman de cet auteur dont je veux tout lire, qui devrait recevoir le Nobel s'il y a une justice, et qui, hélas pour certains blogueurs/euses, appartient à la catégorie on aime ou on déteste, pas de milieu! Un grand merci à Kathel, j'ai toujours la carte qui accompagnait ton envoi, il y a des années...

Juan et Luisa sont en voyage de noces à La Havane, ils surprennent la conversation du couple dans la chambre d'à côté, les fenêtres étant ouvertes. Juan est le fils de Ranz, veuf pour la deuxième fois, on apprend comment dès le premier chapitre (quel début de roman!) et pourquoi vers la fin, quand Ranz l'apprend à Luisa, Juan écoutant par la porte entrebâillée de sa chambre, dans son appartement. Déjà des scènes en miroir, et ce ne seront pas les seules.

Volontairement je ne veux pas tout raconter, Marias le fait très bien, à condition que le lecteur accepte qu'on joue avec ses nerfs, qu'un détail ne soit révélé que bien après, ou pas du tout (Juan a préféré oublier Corduroy, par exemple, et le lecteur est bien forcé d'en faire autant)(on ignore si Bill et Guillermo sont la même personne). Les phrases sont longues, sinueuses (je vous ai prévenus!), des expressions reviennent en leitmotiv (par exemple ce cœur si blanc, My hands are of your colour; but I shame to wear a heart so white, tiré de Macbeth).

Peut-être ce roman pourrait être le moyen de pénétrer dans l'univers de Marias? Il existe des passages peut-être plus attractifs?  Sans parler du tout début, disons par exemple aux pages 70 80, où Marias, qui sait de quoi il parle, explique la différence entre traducteur et interprète, le métier de Juan et Luisa, qui ont d'ailleurs fait connaissance lors d'une rencontre entre deux hauts responsables espagnol masculin et britannique féminin (on peut penser à deux personnes réelles), Juan étant chargé d'interpréter, et Luisa servant de 'filet'. S'ennuyant, Juan se mit à interpréter très librement le dialogue entre les deux personnages, dans un passage du roman absolument hilarant. Sans parler aussi de l'anecdote d’une réunion au sommet du Commonwealth, où tous les participants étaient anglophones, mais où un participant réclama un interprète.

On en apprend aussi sur les 'experts' en œuvres d'art, et j'ai aimé la scène où un gardien de musée veut mettre le feu à un tableau, d'où intervention de Ranz.

Voilà, je n'ai pas vraiment divulgâché l'histoire!

Des avis chez babelio, marque pages, lecture écriture, claudia lucia, le bouquineur,

54 commentaires:

  1. Je crois que c'est le seul titre de l'auteur que j'ai lu et il ne m'avait pas plu. Maintenant, j'ai oublié si c'est l'histoire ou le style qui m'avait bloquée.

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    1. En général c'est l'écriture qui bloque le lecteur, même aguerri. Il faut accepter les longues phrases, l'attente d'éclaircissement, ou pas.

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  2. Ah ah ! Je viens de lire Mauvaise nature, recueil de nouvelles, et ça m'a donné très envie de lire ses romans. Dans ton billet, je note déjà des thématiques communes. Va vraiment falloir que je passe cette commande de livres !

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    1. Je viens juste de découvrir ton billet! Ce recueil m'avait échappé aussi, grrr!

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    2. Point oups : me suis plantée dans la programmation du billet... il ne doit paraître que jeudi... désolée pour la fausse joie.

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    3. Pas grave, j'ai déposé un commentaire avant!

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  3. je ne connais pas cet auteur , un peu alambiqué son style ? ça ne me tente pas mais oui il y a des lecteurs pour tous les styles :-)

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    1. Si on démarre une phrase, la pelote peut mettre longtemps à se dérouler, mais qu'est-ce que c'est maîtrisé!

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  4. J'ai longtemps cru avoir lu cet auteur, à cause d'un amalgame avec Javier Cercas et Fernando Marias... Et en fait je ne le connais pas du tout, sauf de nom, bien sûr, mais je crois n'avoir lu jusqu'à présent que des billets de lecteurs du groupe "on déteste" car j'en avais retenu une impression négative. A tort, visiblement... quel titre conseillerais-tu pour commencer ?

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    1. J'ai démarré avec l'étudiant d'Oxford et j'étais cuite! Mais tu peux commencer par celui-ci. Ou Comme des amours?

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    2. Je note les 3, et c'est leur disponibilité en librairie qui décidera de celui par lequel je commencerai, alors !

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    3. Ou en bibli, ou en poche.^_^

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  5. Ce roman m'avait fort intriguée, les choses sont lentes à s'y mettre en place, il faut s'accrocher.

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    1. C'est du Marias, quoi. Mais ça vaut le coup.
      (je n'ai pas trouvé de billet)

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  6. Il s'en passe des choses, dans ce roman !

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  7. Je le tenterai, les longues phrases ne me font pas peur et c'est un auteur dont j'ai déjà entendu parler mais que je n'ai jamais lu. A voir donc si j'arrive à fréquenter la médiathèque avant l'été :) Merci de ménager le suspense...

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    1. Chaque bibli semble avoir son moyen de fonctionnement, on dirait. Patience!

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  8. J'ai toujours senti que cet auteur risquait de me donner du fil à retordre. Je ne me sens pas encore prête à explorer ses oeuvres en tout cas. Par contre, je vais peut-être tenter un Barbara Pym pour le mois anglais, si tu peux me recommander LE (oui, un seul choix) titre par lequel commencer ? (ne te trompe pas, hein !^^)

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    1. Purée, Barbara Pym, par où commencer? Je dirais, par ce qu'on a sous la main (quoique, sur liseuse, tu dois tout avoir en VO, le rêve)
      Le bon point c'est que tous sont assez courts!
      A glass of lessings? Less than angels?

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    2. Ah si tu me donnes le choix, ça va me compliquer la tâche.^^

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    3. Alors, Less than angels? Il y a des anthropologues là dedans.

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    4. Ok, je vais essayer de me caser ça en juin.:)

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    5. Allez! Ses romans sont relativement courts, tu sais.

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    6. Bon, j'ai acquis l'ebook VO, c'est déjà une étape.^^

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    7. Comment ça, acquis? Ce n'est pas gratuit? Copyright 1955.
      Allez, j'espère que ça se passera bien, ça peut paraître désuet, mais... faut lire entre les lignes, c'est british.

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  9. piqûre de rappel : j'ai toujours pensé que cet auteur pourrait m'intéresser et je n'ai pas encore lu une ligne!

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  10. J’avais trouvé le style de l’écrivain très déroutant (Tout ce qui réjouira les « pour » et repoussera les « contre » réside dans l’écriture de Javier Marías. Un style extrêmement déroutant (du moins pour ce roman, le seul que je connaisse de l’auteur) mais loin d’être désagréable…. Bref, un écrivain dont je devais explorer l’œuvre, ce que je n’ai pas encore fait….
    http://lebouquineur.hautetfort.com/archive/2019/11/18/javier-marias-un-coeur-si-blanc-6191164.html


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    1. Merci, j'ai retrouvé le billet, et noté!
      Je vous conseille de continuer, à vitesse prudente, avec cet auteur dont vous avez bien compris la 'marque de fabrique'. Si on aime Proust, on est blindé et on jubile souvent avec Marias!

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  11. Je n'ai jamais lu cet auteur et je ne sais pas s'il est fait pour moi. Comme je suis d'un naturel curieux, je ne ferme pas la porte !

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    1. Les biblis sont parfaites pour des essais sans risques!

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    2. Yes ! J'acquiesce à fond... Il fait juste que je prenne note des références

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    3. Vois ce que tu peux trouver.

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  12. Je n'ai lu qu'un roman de lui et j'ai tout détesté. Mais surtout l'absence de respiration, c'était "Demain dans la bataille pense à moi" . Il n'y a que son écriture que je sauve (un peu) de ce naufrage.Je ne suis pas prête à me confronter de nouveau à son univers.

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    1. Mouarf! J'avais prévenu, au début du billet. Mais tu as tenté, c'est bien.

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  13. je n'ai pas encore lu cet auteur (ses livres du moins) car je confond aussi avec Javier Cercas donc dans le doute et devant l'immensité de ma PAL aussi je procrastine :-)

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    1. Exact, on peut confondre ces noms et prénoms... Il y a tant à découvrir... Si l'occasion se présente, on ne sait jamais.

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  14. Peut-être que si je pèche beaucoup j'irai en enfer et serai condamnée à lire tout Javier Marias... misère...

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    1. Voyons voyons. C'est grâce à toi (si, la chaîne des livres!) que je suis tombée dans la marmite!

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  15. Et bien moi tu as réussi à me donner sacrément envie et sans rien divulgâcher (j'adore ce mot :-) ). En plus, si j'ai bien compris, je dois remercier (au passage) le confinement :-) . (Goran : https://deslivresetdesfilms.com)

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    1. Heureusement que le confinement tirait vers sa fin, j'ai vraiment attaqué la PAL!
      Quelque chose me dit que tu aimerais cet auteur ( puisque tu aimes l'auteur de Guerre et guerre, les trucs sinueux, c'est bien)

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  16. j'ai beau essayé et réessayé je reste imperméable à l'auteur

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    1. Bah, il en existe plein d'autres! Tu as au moins essayé.

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  17. Non, tu n’as pas divulgâché, au contraire : tu as tellement bien entrelacé les détails intrigants, qu’on ne peut qu’avoir envie de le lire maintenant !

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  18. Si ce roman est une clé d'entrée dans l'univers de l'auteur, je jette l'éponge.... Cette lecture a été pour moi un vrai cauchemar. Non seulement je me suis ennuyé comme un rat mort, mais je crois bien ne pas avoir tout compris une fois le livre refermé.

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    1. Bon, au moins tu as tenté! Je n'ai pas tout compris, mais je suis vraiment entraînée par ce qu'il raconte, ou disons la façon de le raconter.

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  19. Merci de me prévenir qu'à priori, je ne suis pas faite du tout pour ce style de roman, en tout cas, pas pour ce titre !

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    1. Je crains que ça passe ou ça casse, on ne peut m'accuser de tromper le lecteur.^_^

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  20. Intriguant… un auteur à découvrir pour moi

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    1. Figure toi que j'en ai presque tout lu! Essaie voir, si ça passe.

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  21. J'avais abandonné un de ses romans dont j'ai détesté le personnage principal :"demain dans la bataille , pense à moi" cela ne suffit pas pour me faire une idée exacte de cet auteur mais c'est suffisant pour que je ne m'y frotte plus!

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    1. Dommage si c'est le personnage peu sympathique qui te repousse, d'ordinaire c'est plutôt l'écriture de l'auteur; ceci étant, on a le droit d'écouter ses sentiments, je fais pareil pour trier mes lectures! ^_^

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