mardi 3 août 2021

Une odyssée africaine


 Une odyssée africaine

Mary Kingsley

Payot Voyageurs, 1995

Traduit par Anne Hugon

Préface de Anne Hugon et Robert Sctrick

 

Quand j'aurai révélé que le titre complet est 'Une exploratrice victorienne chez les mangeurs d'hommes (1893-1895)',  vous comprendrez la raison de cette lecture. 

Cependant la plus hardie, c'est Mary! A trente ans, libérée d'obligations familiales, elle part en Afrique, pour étudier coutumes et animaux (les poissons -ichtyologie). En bateau bien sûr, voyageant plutôt léger, et se vêtant victorien. Elle se félicite d'ailleurs de porter une robe assez épaisse et protectrice quand elle tombe dans un piège en pleine forêt gabonaise.

"Je pris un raccourci et avant d'avoir le temps de faire ouf, me retrouvai au fond d'une piège hérissé de piques, à quinze pieds de profondeur.

C'est dans ce genre d'occasion que l'on bénit les bonnes vieilles jupes en coton épais."

Pas de porteurs indigènes pour elle, elle crapahute comme ses accompagnateurs, traverse les cours d'eau profonds, loge au village, mange de tout (seule précaution, eau bouillie et thé), palabre et échange. De temps en temps elle fait escale chez un couple 'blanc', mais la plupart du temps, infatigable, curieuse, passionnée et admirative, elle mène sa troupe de locaux pas toujours unis. Et elle échappe à tous les dangers, parfois de justesse!

Quasi infatigable, elle explore, tient son journal, prend des notes. Certains passages sont longuement descriptifs, mais globalement, grâce à sa dérision fort british et son enthousiasme d'acier, c'est extrêmement plaisant à lire. J'ai préféré sa découverte de l'Ogooué (les rapides!!!) et de la Remboué, au Gabon, pas de tout repos. Voire dangereux. Je passe sur les nombreuses bestioles de tous calibres que l'on trouve dans ce coin là.

Après des pages sur le fétichisme dans ces régions, elle termine avec son ascension du mont Cameroun (en robe bien sûr et bottines...), dans la brume et les pluies glaciales, avec une équipe de bras casés qu’elle doit reprendre! Elle en revient boueuse et entière!

"La côte de l'Afrique occidentale a un point commun avec les régions antarctiques: une fois que l'on y est allé, on ne pense plus qu'à y retourner."

"Le battement régulier du pilon est l'un des bruits les plus caractéristiques des villages de brousse."

Elle meurt de dysenterie en 1900, alors qu’elle soigne les blessés d'un camp de prisonniers en Afrique du sud.

Avis babelio, dont celui de Myriam,

28 commentaires:

  1. Encore une femme bien intrépide et loin des clichés de l'époque. Il y a toujours eu des personnalités fortes ; mais il fallait avoir les moyens.

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    1. Elle avait les moyens physiques (quelle santé!), intellectuels (elle est assez autodidacte, c'est son frère qui a eu droit aux études...), la volonté ... mais jusqu'à l'âge de 30 ans elle a surtout servi de domestique et copiste dans sa famille.Une fois ses parents disparus, elle se décide. Sans doute avec un petit héritage, mais elle l' utilisé à son gré sans se préoccuper des conseils, je pense.Elle a eu bien raison!

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  2. Eh bien, quel personnage, et quelle épopée !

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    1. Une femme fort intéressante, oui, quels voyages...

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    1. A cette époque, avec les préjugés sur les femmes (et l'Afrique), elle a foncé!

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  4. Elles mettaient quoi dans leur thé toutes ces bonnes femmes victoriennes ? Parce que ça a l'air efficace ! Je ne la connais pas, mais je la note. Elle rejoint quelques autres intrépides voyageuses.

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    1. Intrépides c'est le mot. J'espère que tu la trouveras (au fin fond d'une bibli?)

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  5. J'aime lire des histoires vraies ou basées sur des faits réels, alors peut-être que...

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  6. Lu il y a bien longtemps gtemps je m en souviens très bien et regrette fort de l avoir emprunté et rendu!

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    1. Ton billet date de 2010 je crois, c'est dire; le livre est peut-être encore dans ta bibli?

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  7. une des grandes figures parmi les voyageuses ! je ne l'ai pas lu mais j'avais lu il y a longtemps une bio d'elle

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    1. Je ne connaissais pas, mais une fois le bouquin dans mon champ de vision, hop, emprunté!

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  8. Aaah mais dis donc, voilà une lecture qui pourrait carrément me plaire ! Une Victorienne en Afrique, comment passer à côté ?!

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    1. En effet, c'est du lourd, là. Une figure vraiment originale.

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  9. Le titre complet fleure bon le colonialisme.

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    1. On est à l'époque des colonies!!! Anglaises, françaises et allemandes.

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  10. Ça me fait penser à Isabella Bird, tu connais peut-être ... elle c’était plutôt l’Asie que l’Afrique :)

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    1. Isabella Bird et ses aventures aussi dans l'ouest américain (voir chez Payot), puis l'Asie , oui, je dois la découvrir!

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  11. Quelle femme ! et quelle volonté elle avait ! Ne serait-ce déjà que pour se libérer du carcan social qui était celui des femmes à l'époque. Ce livre est fait pour me plaire!

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    1. Elle s'est libérée une fois ses parents décédés, mais après, elle s'est bien rattrapée!

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  12. Ce livre est depuis longtemps dans ma médiathèque, mais je lui trouvais un air vieillot et je ne l'ai jamais emprunté... Ton billet me donne envie de changer d'avis ;-)
    Merci pour tes billets toujours enthousiastes et tentateurs :-)

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    1. Exact, ce n'est pas attractif a priori, et, honnêtement, tu peux lâcher quelques descriptions,surtout au début, mais la plupart des chapitres sont vraiment TB.Un emprunt bibli sans risque.

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Ce coup ci, je remets la modération des commentaires, espérant ainsi vous éviter de devoir cocher au hasard des photos floutées!
Dites-moi si ça vous arrive encore, merci!