Tout garder

 Tout garder

Carole Allamand

Editions Anne Carrière, 2022


Installée aux Etats-Unis, où elle enseigne la littérature française, l'auteure a des liens plus que distendus avec sa mère, et le désintérêt de celle-ci à son égard n'a rien arrangé. Elle a fui Genève et sa mère, pourtant celle-ci lui a rendu visite aux Etats-Unis.

Apprendre son décès brutal l'oblige à retourner dans l'appartement de son enfance et adolescence, à revivre des moments difficiles et surtout se remémorer l'alcoolisme de son père, et la vie assez pitoyable de sa mère, qui n'a pu poursuivre les études qu'elle voulait, a du accepter un mari convenant à sa famille. Tirée à quatre épingles, élégante, voilà cependant le souvenir gardé, et quand Carole découvre l'intérieur de l'appartement, c'est le choc. Pire que le cheni, comme on dit là-bas (un glossaire donne les définitions de certains termes que j'ai découverts à cette occasion).

En effet Nelly était atteinte du syndrome de Diogène, même si Carole préfère parler de gardeurs. Accrochez-vous, la description des lieux est proprement insupportable. L'auteure donne à ressentir ce que ça a de fascinant et répugnant à la fois. Mais comment est-ce possible?

Le livre expose aussi ce qu'est cette manie de tout garder et d'accumuler au point d'avoir à peine la place de passer, sans parler de marcher sur le sol, là il s'agit de couches quasi géologiques. D'autres romans abordent le sujet, L'auteure les évoque. Carole Allamand a peut-être trouvé une piste dans le passé de sa mère? Elle cherche à prendre contact avec un homme qu'a connu sa mère avant son mariage. Elle se souvient de sa vie en général et maritale en particulier, de certains traitements médicaux.

On en ressort abasourdi, effaré, dans l'incompréhension et la tristesse. A lire absolument.

Avis babelio, dont celui de motspourmots

Commentaires

  1. Tout garder parce qu'on a out perdu ?

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    1. Les raisons sont compliquées, lis ce livre, tu verras.

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  2. Je suis tentée ! Mes parents gardaient aussi beaucoup, surtout ma mère, mais cela n'a jamais été à ce point. (Je ne parlerai pas des sept percolateurs cassés que j'ai retrouvés, dans leur boîte d'origine).

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    1. Ma mère aussi gardait pas mal de trucs, "ça peut servir" (quoique, les bas de ma grand mère ou ses porte jarretelles, on se questionne, même si j'ai réussi à lui faire jeter le manteau). Mais quand la maison est envahie au point de ne plus guère pouvoir passer, là c'est pathologique, la mère de l'auteure en était là.

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  3. Certainement très intéressant, mais je n'ai pas très envie d'en savoir plus, ça me semble trop personnel...

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    1. Pas plus personnel que bien des récits actuels, mais là il y a une recherche sur le phénomène, et ses causes dans le cas de Nelly.

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  4. Ça doit être un sacré choc en effet. J'ai lu un roman ou un personnage était atteint de ce symptôme, le titre ne me revient pas tout de suite. C'est assez ahurissant vu de l'extérieur. Ma bibliothèque ne l'a pas, je vais voir s'il y a espoir de commande.

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    1. L'auteure cite Homer et Langley, encore plus effroyable comme histoire, un Liane Moriarty évoquait ce problème aussi.

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  5. A priori, un sujet qui ne m'attirait pas du tout mais tu dis qu'il est à lire absolument, alors forcément, je le retiens avec une grande curiosité.

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    1. Pour ne pas me faire incendier, je dis comme d'habitude : la bibli! ^_^

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  6. C'est plombant ton truc? J'adore jeter, faire du vide.

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    1. Non, pas plombant, la pauvre femme n'a pas eu une vie si facile non plus. Jeter, dégager, voire brûler des papiers, c'est assez jouissif!

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  7. je l'ai commencé mais je le lisais pdt mes pauses repas et la scène du chat m'a stoppée.....je le reprendrais une après m ou le matin (à lire en dehors de repas comme certains médocs :-D)

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    1. Ah oui le chat, beurk, ou même d'autres descriptions.

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  8. pour une fois ton billet me dérange un peu, tu dis "à lire absolument" mais sans dire pourquoi. Cela ressemble à un injonction, un peu du genrede celles qui m'a fait abandonner peu à peu les critiques dites littéraires dans la presse. J'ai trouvé dans les blogs et dans le tien entre autres le contraire de cela.
    Dans vos analyses, parfois seulement vos ressentis bien analysés, je finis par me dire: tiens tiens ce roman est peut être pour moi. Là tu me donnes juste envie de désobéir ou alors explique moi pourquoi je devrai lire ce livre.

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    1. Heu, désolée. Je trouve cette histoire fascinante, et le côté hors normes est bien rendu, ah la description de l'appartement, c'est raide. Je ne t'oblige à rien du tout, en tout cas essaie en bibli, sans risque. ^_^

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  9. C'est un sujet qu'on évoque de plus en plus... Y'en aurait-il plus ou était-ce complètement tabou avant??

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    1. Je l'ignore, mais je viens de fouiner sur wiki et d'en apprendre encore (gare aux photos, mais chez Nelly à mon avis c'était pire)

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  10. Aaah mais ça a un nom ce syndrome ? J'ai connu une personne comme ça, c'était assez effrayant à voir. Bon, ta dernière phrase ne donne pas envie de se précipiter tout de suite mais ça doit être fascinant à lire en effet.

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    1. Il ne s'agit pas de garder une certaine sorte de choses, mais vraiment tout, et d'acheter encore. Si tu gardes les bouts d'élastique ou bouchons, genre "ça peut servir", ça va.

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  11. ça rejoint un peu Mon acrobate que je viens de finir, avec l'héroïne dont le métier est de vider les maisons des disparus, c'est assez effrayant

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  12. Ah oui, c'est vrai que j'ai écrit un truc vite fait sur ce livre reçu à évaluer pour un prix littéraire. Pas ébouriffée mais je connaissais déjà ce syndrome que j'ai déjà croisé en littérature :-)

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    1. Homer et Langley peut-être? J'ai bien aimer Tout garder (le livre). Dommage qu'il y ait peu d'avis.

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  13. Le syndrome de Diogène est une maladie vraiment bizarre. Intéressée par ce roman

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    1. J'avais lu un roman, la mère d'un personnage en était atteinte; mais là, c'est une histoire vraie, et ça va loin.

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  14. On commence à entendre de plus en plus parler du syndrome de Diogène. Ta chronique m'intrigue, merci pour la découverte :)

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    1. Espérons qu'il n'y a pas plus de cas, car c'est terrible.

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  15. Ma mère est un peu comme ça, même si pas à ce point. Ceci dit, certaines pièces sont régulièrement "inaccessibles" dans sa maison...le garage (qui doit faire dans les 80m²) est plein de chez plein. J'ai parfois des moments d'angoisse quand je pense au moment où elle décèdera...comment faire face à ce magma?

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    1. J'avoue qu'un garage est une pièce sensible pour y mettre le bric-à-brac! Peut-être suggérer de vous mettre à deux pour des visites à la déchetterie? (Il faut son accord!!!)
      Ensuite, il existe es sociétés qui vident les maisons, moyennant finances, quand la personne est décédée. Il me semble que le dernier roman de Cécile Pivot aborde le sujet.

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  16. Ca a l'air un peu plombant comme ambiance, non ?

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    1. Pas trop gai, non, mais ça se lit très bien, je n'ai pas lâché.

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  17. Je ne connais pas ce syndrome et tu m'intrigues avec ce bouquin. Je suis vraiment tenté là...

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  18. J’ai eu une voisine agée,qui souffrait de ce syndrome de Diogene,suite au décès de son mari , plus personne ne pouvait rentrer chez elle ,vivant dans une totale incurie ,toutes les pièces étant envahies. Drame de la solitude ? C’est triste .
    J’avais lu ”Madame Diogène” qui parle du même sujet(chez Albin Michel) . Je note celui là.

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    1. Je suis allée me renseigner sur cet autre roman, là on semble vivre le problème de l'intérieur. Ici, la narratrice découvre l'appartement après la mort de sa mère, mais elle peut très bien imaginer le peu de vie qu'elle menait.
      Mis à part si les rats envahissent les voisins, ou les odeurs, je crains qu'on ne puisse guère intervenir légalement. La solitude, certainement, et un certain dérèglement.

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  19. Rebonjour Keisha, je connais des personnes qui ont ce genre de syndrome, peut-être pas au même degré. Surtout ils gardent le papier, tous les papiers. Un titre que je note. Bonne journée.

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    1. Là c'est e l'extrême, tout garder ET continuer à acheter et entasser. Sans parler de la nourriture ... L'odeur...
      On nous répète tellement de garder les papiers qu'on n'ose plus trop jeter, mais il y a des durées à respecter.

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