Annonce : il y aura une LC de l'auteur le 20 février, à noter sans attendre!
Sous le coup de la grâce
nouvelles de mort
Laszlo Krasznahorkai
vagabonde, 2015
Traduit par Marc Martin
Sans étonnement, les nouvelles de Krasznahorkai sont tout aussi remarquables que ses romans... Univers assez sombres, peu expliqués, dont le lecteur captera quelques indices mais en tout cas sera happé bien vite! Toujours au plus près des (ou du) personnages, placés en général dans une situation qui les dépasse. Et ne pas se laisser avoir par le titre pour une fois étonnamment optimiste, car arrive en complément 'nouvelles de la mort'...
Dans Le dernier bateau, vont embarquer quelques dizaines d'individus, fuyant une ville et sans doute la Hongrie. On ignore qui gère ce départ, on ignore dans quelles circonstances.
Avec Hermann le garde chasse (première variante), le héros, habile piégeur de 'nuisibles' part plutôt en vrille et ça se terminera mal.
Dans la main du barbier laisse un meurtrier en fuite dans un salon de barbier, justement. Un crime sordide décrit en détail (pas trop non plus, on reste chez Krasznahorkai qui sait se tenir et met son talent dans l'ambiance glauque plus que dans les descriptions sanglantes).
Avec Rozi la piégeuse, on respire un peu (quoique). Elle tient un petit restaurant où trois hommes vont se retrouver, l'un suivant l'autre qui suit l'autre. Un fonctionnaire ratant volontairement son train, un type écoutant les insectes, bref, pour une fois on est dans une ambiance (presque) normale. Juste ces filatures un poil inquiétantes.
Chaleur, pour ce que j'en ai compris, se déroule en Pologne, à Gdansk. Un couple pourtant doté d'un bel appartement obtenu sans doute par passe droit, le fuit pour se réfugier dans un immeuble abandonné.
"Lorsqu'on annonça à la radio que c'en était fini de l'unité nationale, je sus d'emblée que je n'avais pas d'autre choix que de plier bagage et disparaître un certain temps du paysage, de même que mes collègues du bureau du fisc avaient compris bien avant moi qu'en cette dangereuse période de trouble, le mieux serait, pour les gens assidus et honnêtes tels que nous , de s'éclipser aussi vite que possible, car nul ne savait à quoi devraient s'attendre ceux qui, possesseurs d'un appartement au centre-ville, d'une voiture et le cas échéant d'une résidence au bord de la mer - pour prix de leur dévouement indéfectible, de leur volonté farouche et de leur probité au travail-, avaient jeté les bases d'une existence équilibrée, sobre et responsable , et qui, conformément aux exigences de leurs intérêts bien compris, restaient à leur place, fidèles au poste , au lieu de perdre leur temps en allant brailler dans les rues, tant ils n'ignoraient pas que, faute d'exécuter les tâches quotidiennes qui leur étaient confiées , il n'y avait dans la vie ni avancement, ni succès, ni rien."
La date n'est pas indiquée mais on peut penser à certains événements polonais, en tout cas la chaleur n'est pas forcément celle dégagée par un chauffage individuel!
Cette nouvelle est un petit chez d'œuvre d'ironie, dans un contexte qu'on devine terrible.
Je passe Fuir Bogdanovitch et Le sélectionneur de fréquences, très bien aussi, mais je veux parler de La fin du métier (deuxième variante) où l'on retrouve l'histoire d'Herman le garde chasse, mais vu par un groupe d'occupants de l'hôtel de la ville. Où je trouve un texte presque barré, une ambiance quasiment coquinou que je n'attendais pas de l'auteur!
Avis babelio,

Commentaires
Enregistrer un commentaire
Les commentaires sont modérés, histoire de vous éviter des cases à cocher pour prouver que vous n'êtes pas un robot.