Vivre en renard
La traversée du siècle
Nicolas Baron
(préface d'Eric Baratay)
Mondes sauvages pour une nouvelle alliance
Actes sud, 2023
Je commence par un souvenir récent, nous étions en voiture, à 500 mètres à vol d'oiseau de chez moi, un virage à angle droit obligeait à une vitesse très réduite, quoique en continuant tout droit existe un chemin bien campagnard (sur le tracé d'une voie romaine, mais je m'égare). Soudain on l'a vu ensemble, sur ledit chemin, 'mais c'est un renard!'. Arrêt total du véhicule, arrêt total du renard. Trente secondes à s'observer, avec émerveillement de notre côté (quand au renard, je l'ignore bien sûr). On n'a pas ouvert une porte, on n'a pas pris de photo, et puis l'animal a tranquillement fait demi tour et s'est éloigné, tout aussi tranquillement. Un moment suspendu qui reste en mémoire.
Mal aimé, le goupil, et l'auteur se penche sur le passé récent, avec ses piégeages et différentes méthodes de chasse, plus gazage, poison. Déclaré nuisible, avec à la clé une récompense pour chaque queue de renard, c'était l'ennemi numéro 1 (à égalité avec d'autres, mais c'est hors sujet). Jusqu'à ce qu'il soit enragé, dans les années 1968-1998, et là, pas de quartier! Une lutte sans pitié ... et sans succès, s'engage. Beaucoup de morts, mais l'animal sait s'adapter. La renarde fait plus de petits, ils déménagent, évitent les malades, etc. D'ailleurs quand le ratio mâle femelle est déséquilibré (car les femelles sont plus faciles à anéantir), les mâles se déplacent plus et ... propagent encore plus la maladie.
Jusqu'au moment où jaillit l'idée : et si on les vaccinait? Bingo, ça marche, la rage disparait! (même si c'est quand même sous surveillance).
De nos jours le regard sur le renard a changé. Il préserve la flore en disséminant des graines dans ses déjections; il agit contre la maladie de Lyme en boulottant plein de petits rongeurs, ce qui est apprécié par de plus en plus d'agriculteurs, ils prélèvent des animaux malades, et jouent le rôle d'équarisseurs.
Cependant il est encore classé ESOD (espèce susceptible d'occasionner des dégâts) jusqu'en 2026, avec d'autres bestioles franchement bien mignonnes (objectivité perso = zéro)
Où voir des renards? (à part en installant une caméra dans votre poulailler)(oui, car je l'avoue, mieux vaut blinder son poulailler, il est rusé comme ... un renard). Figurez vous qu'il prend ses aises en ville, dans les parcs, les coulées vertes, les cimetières... (infos ici)
De vieux numéros de La hulotte (32 et 33/34) abordaient déjà le sujet, souvenirs, souvenirs... La hulotte? Vous ne connaissez pas? Mais c'est 'le journal le plus lu dans les terriers'.
Avis babelio,

Étant passionnée de canidés, je suis bien sûre attirée par ce livre (d'ailleurs j'ai démarré Le dernier loup pour la LC ;-)). J'ai plus tendance à me tourner vers les récits de biologistes mais la vue d'un historien, pourquoi pas.
RépondreSupprimerEt la martre des pins sur la liste ESOD!!! but why?
@ zarline : pour la martre (dont la mignonnerie sur photo est complète), elle n'est peut être plus ESOD depuis 2025, bref, on lui reproche de s'intéresser aux poulaillers (alors qu'elle s'approche rarement des habitations humaines et boulotte les rongeurs)
SupprimerL'auteur se penche sur le 20ème siècle, mais donne aussi des détails sur la vie du renard, reproduction, les jeunes, etc.
Les endroits où j'ai vu un renard : à Vincennes à 1h du matin en rentrant d'une soirée bien arrosée, il faisait les poubelles ; en Haute-Provence au bord de la route, au crépuscule, un peu comme toi en voiture (c'est là où on en voit le plus je crois) et.... dans un jardin anglais, je vous en parlerai dans quelques semaines ! Ces classifications nuisibles non-nuisibles sont tellement centrées sur les humains et leur très court horizon de vue...
RépondreSupprimer@ nathalie : le renard urbain parisien, un grand classique, l'animal ne va plus se fatiguer à chasser, hé!
SupprimerJ'attends ton renard british!
Oui, on classifie en fonction des 'désagréments', avant de s'apercevoir que ces animaux ont leur place (vis à vis des humains, toujours, mais on évolue aussi sur ce sujet)
Les renards sont des habitués chez moi, en périphérie de Bruxelles. Un soir je me suis retrouvée nez à nez avec lui dans ma rue, et puis l'été passé, il venait faire sa sieste l'après-midi dans mon jardin, tandis que j'étais installée à quelques mètres de lui. N'empêche, son cri est un peu angoissant.
RépondreSupprimer@ Miss Sunalee : je suis allée voir quel est ce cri, ah oui en effet...
SupprimerChic de pouvoir l'observer, il a compris qu'il n'a rien à craindre. Ne le nourris pas, si j'ai bien compris le bouquin, et si c'est une femelle, tu auras peut être les petits en plus?
Tu confirmes que les renards investissent les grandes villes!
J'aime beaucoup cette collection. On apprend beaucoup sur la monde animal et la nature et surtout les auteurs battent en brèche de nombreux préjugés. Ton billet m'a déjà appris pas mal de chose sur le renard que j'ignorais en tant que citadine.
RépondreSupprimer@ Alexandra : je ne résiste pas à cette collection! Les rares bouquins que j'achète en librairie, et j'ai déjà une jolie collection (et la PAL est fournie!)
SupprimerVoir plus haut, les citadins ont à la limite plus de chances d'en rencontrer. Les préjugés diminuent, c'est bien, mais le renard est un animal qui a le droit de rester un peu sauvage.
Quelques renards ( et beaucoup de chats ...) dans le parc à côté de chez moi ... Des écureuils aussi ... Je ne sais pas si ils font bon ménage dans les fourrés mais c'est un vrai plaisir de les apercevoir. Et je lirai sûrement le texte que tu présentes, j'aime bien cette collection, moi aussi.
RépondreSupprimer@ Athalie : depuis un bon bout, cette collection est bien présente ici!
SupprimerLe renard ne grimpant pas aux arbres, les écureuils étant rapides, on peut supposer que ça cohabite bien. C'est chouette d'avoir ces bestioles.
Nous en apercevons de temps en temps en balade... et l'année dernière, un jeune renard dans le jardin. Ce sont les cris des mésanges qui nous ont alertés, je pensais qu'elles avaient vu un chat, mais non. Il est reparti sans trop de hâte non plus.
RépondreSupprimer@ Cath L : ha ha mais pour l'instant rien dans le jardin, sauf les chats et les oiseaux. Sans hâte? M'étonne pas, une fois qu'ils ont compris qui leur veut ou pas du mal...
SupprimerTa collection de cœur ! L'an dernier dans un gîte, une famille venait tous les soirs tout près. Mère et petits jouaient. Il ne fallait pas faire un mouvement sinon ils se carapataient. J'espère en revoir cette année.
RépondreSupprimer@ Aifelle : avec un peu de chance, ils viendront et ce seront les mêmes.
SupprimerBonne collection, bien sûr!
Je ressens ton plaisir à cette lecture et tu le racontes très bien; Bravo !
RépondreSupprimer@ luocine : pourvu que ces petits sauvages soient toujours là...
SupprimerDispo en poche.. alors c'est pour moi, j'ai une tendresse particulière pour les renards ;-)
RépondreSupprimer@ Nicole : je l'ai acheté en grand format, et lu longtemps après, donc il était en poche, tant pis, mais je le signale. Il devrait te plaire!
SupprimerJe ne connais pas cet auteur ni ses propos sur le renard. J'en vois de temps en temps dans mes montagnes et même en Provence dans les vignes car à l'automne il ne peut résister aux grapillons de raisin et s'approche des maisons. Moi non plus je n'ai jamais fait de photos, il faut profiter de l'instant. C'est bien de vanter ses mérites que je connaissais déjà étant abonnée depuis toujours à la Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, c'est bien connu...
RépondreSupprimer@ manou : dans cette collection, il est rare que je connaisse l'auteur, peu importe, c'est le sujet qui m'intéresse.
Supprimer"Les renards dans les vignes en fleurs et qui les ravagent", cela évoque
le cantique des cantiques...
La Hulotte! J'ai stoppé mon abonnement, il aurait déjà fallu que je lise tous les numéros entassés chez moi...
Lecture fort instructive ! J'ai vu un renard par ma fenêtre un soir d'été, il nous "dévisageait", c'était une vision incroyable ! En août, la faune se montre beaucoup plus qu'habituellement dans notre petit quartier pavillonnaire d'Ile-de-France largement déserté : hérissons, écureuils sortent facilement (et pour les premiers, nécessitent parfois une réhydratation d'urgence) et donc ce fameux renard.
RépondreSupprimer@ Sacha : les animaux sont là, même si on ne les voit pas!
SupprimerLes hérissons te disent merci!
J'en ai aperçu un récemment, à la tombée de la nuit, en bord de route, quel bel animal... J'ai en effet repéré sa sortie poche lors d'un tour en librairie, tout à l'heure, d'où je suis ressortie avec La guerre des os, chroniqué par Nicole ce matin, et qui semblait t'intéresser aussi. Si une Lc te tente... Ingannmic
RépondreSupprimer@ Inganmic : La guerre des os étant en bibli, faut que je l'emprunte, et OK pour une LC... On en reparle.
SupprimerNicole et ses lectures, cela fait du ravage... ^_^ Je suis en train d'en lire un trouvé sur son blog...
D'accord, tu me tiens au courant.
Supprimer@ Inganmic : pour l'instant toujours disponible, je vais demain à la bibli... Je te dirai.
SupprimerIl paraît qu'on en voit facilement dans les rues la nuit en banlieue parisienne (un peu calme et verte quand même), mais je n'ai jamais eu cette chance (bon en ai-je jamais eu pour ces animaux sauvages...). Je ne connaissais pas cette classification, ESOD. C'est pour faire plus animalement correct que "nuisible" ?^^
RépondreSupprimer@ Fanja : il me semble que ESOD est la catégorie 'en dessous', mais pfff, ça ne doit pas changer grand chose pour l'animal et son prédateur numéro 1.
SupprimerQuand aux animaux sauvages et toi, les bras m'en tombent, une sorte de running gag, si même le parc de Chambord à la bonne tombée de la nuit, ça n'a pas marché ... (mais c'est vrai, ça ne marche pas à tous les coups)
Mais bien sûr, La Hulotte, qui parait toujours, il me semble.
RépondreSupprimer@ Alex : ma bibli a jusqu'au numéro 118 (en 2025), donc oui, elle y est abonnée...
SupprimerEffectivement, le renard a pris ses aises en région parisienne. Mais il est si discret, dans son mouvement, dans sa présence, qu'on le perçoit à peine quand on le croise et il est fort possible d'en avoir ignoré un plus souvent qu'on ne le croie !
RépondreSupprimer@ Jenevelle Laclos : ils perçoivent les odeurs bien mieux que nous!!! Intéressant pour eux quand il s'agit d'éviter l'homme, ou de repérer une congénère bien disposée ^_^
SupprimerJe me souviens d'un livre fort intéressant écrit par Benoit Gallot, La vie secrète d'un cimetière. (le Père Lachaise)
Sinon, ils sortent sûrement plus à certaines heures.
La Hulotte! souvenirs du collège (et la retraite cela fait maintenant 8 ans). Les rencontres avec les renards sont de belles surprises furtives. Ce livre devrait me plaire
RépondreSupprimer@ miriam : Belle retraite, je le sais en suivant ton blog!
SupprimerLà où tu habites, il devrait y avoir ce genre d'habitants à quatre pattes.
j'aime beaucoup cette collection de bouquins j'en ai lu plusieurs avec bonheur
RépondreSupprimerje n'ai aperçu un renard qu'une seule fois et pendant un instant fugace je l'avais trouvé bien plus petit que ce que j'imaginais
@ Dominique : Il ne se dresse pas haut sur ses pattes, en effet.
SupprimerCette collection? Je vais voir systématiquement quand je vais en librairie...
On en aperçoit régulièrement chez moi. Je n'ai pas compris en quoi ils aidaient à lutter contre le Lyme...
RépondreSupprimerCette maladie est causée par des piqures de tiques infectées. Les renards (prédateurs des rongeurs) font que lesdits rongeurs restreignent leurs activités et croisent moins de tiques. Je fais court. Il y a eu évidemment des études là -dessus.
SupprimerJe te trouve au contraire très objective, on est à un degré de mignonnerie élevé :-) Je pense que je vais craquer pour ce titre de cette merveilleuse collection (en plus Nicole dit qu'il est en poche donc zou !).
RépondreSupprimer@ Virginie vertigo : en poche, aucune raison de ne pas craquer.
Supprimer(quand je pense que ce matin j'étais sur Facebook, pas longtemps, mais assez pour retarder une video de jeune renard adopté par une vache, et qui revient après un peu de temps avec ses renardeaux; j'espère que c'est sans truquage)(cela change des videos de chats en commissariat ^_^)
Un animal que je trouve magnifique, mystérieux car je n'en n'ai vu que 3 fois IRL (de près mais rapidement à chaque fois, je suis en voiture). Je ne lirais pas ce livre car il me déprimerait dans l'absolu... je viens de lire, un peu dans le même genre, Les grands cerfs... L'année dernière, j'ai assisté à une conf sur ceux qu'on appelle ces "nuisibles". En france, chaque année plus de 600 000 renards sont tués alors que naturellement, il est scientifiquement prouvé que c'est une espèce qui se régule d'elle même...
RépondreSupprimer@ Géraldine : j'ai vu ça, mais on ne peut pas grand chose contre ceux qui aiment bien faire des tableaux de chasse... Ce n'est pas pour se nourrir, avec le renard...
SupprimerCoucou ! Une collection qui me fait de l’œil, et en particulier ce titre ! J'espère pouvoir l'emprunter à la bibliothèque mais il a du succès :)
RépondreSupprimer@ Lybertaire : une très belle collection (déjà 10 sur mes étagères, plus des emprunts bibli) et celui ci sur le renard est un des meilleurs.
SupprimerJ'ignorais qu'on vaccinait les renards ! Et oui, en Lozère, les arbres sont "tués " par les cerfs qui mangent leur écorce et broutent les repousses , il faut donc en limiter le nombre. S'ils sont trop nombreux plus de forêt mais bien sûr il faut que la chasse soit encadrée.
RépondreSupprimer@ claudialucia : pas directement, ce ne sont pas des chats, chiens ou autres, on dépose des appâts vaccinaux en plaine nature.
SupprimerTsst, il existe une méthode pour 'affoler' les cerfs qui ne viennent plus trop brouter tranquillement, ça s'appelle ... le loup! Testé dans le Yellowstone.^_^