Chimère


 Chimère

Julie Wolkenstein

P.O.L., 2025


Quatrième de couverture : "Une chimère, c'est une créature imaginaire composée de parties disparates.

Par exemple, une histoire policière racontée par cinq femmes, sur une playlist italo-disco."

Attirant, non?

Pour moi, juste savoir Julie Wolkenstein en est l'auteure, ça suffisait pour être dans les starting blocks. Légèrement freinée par d'autres usagers en mode escargot, faut croire. Mais je l'ai eu!

Avril 2020, oui, en plein COVID. Octogénaire pleine de peps adepte du franc parler, tante Lidia répond par mail, et à sa sauce, aux questions de son arrière petit-fils Henri Rosier, qui s'interroge sur ses grands parents. La famille apparait un peu touffue, mais ça va s'arranger.

Amelia, sœur d'Osmond, à la vie assez débridée et alcoolisée, revient sur la mort de son frère en 1994, accident ou pas? En tout cas son alibi est solide.  "Vous pouvez dire quelque chose qui est vrai à un moment et faux à un autre."

Henriette, journaliste et amie d'Isabelle nièce de Lidia se lance dans des recherches sur la fin d'Osmond, elle écrit des articles, qui ne paraitront pas. "Quand je peux, je préfère dire la vérité."

Puis Serena (Merle) se lance dans une psychanalyse, avouant son statut de menteuse et manipulatrice, "J'ai toujours été très douée pour mentir par omission. Je n'appelle pas ça mentir. Pas vraiment. je ne lui disais pas tout, évidemment. Mais je ne lui disais rien de faux." 

Avouant des trucs encore bien plus gros, confirmant les intuitions d'Henriette...

On termine avec Isabelle, cette fois le narrateur est omniscient, on découvre d'autres facettes de l'histoire triste d'Isabelle, tombée dans les pattes d'un 'pervers narcissique' de belle eau...

Des mystères, des morts, des questionnements, pour des éclaircissements progressifs et des narrateurs pas forcément fiables ou au courant. J'ai dévoré ce roman qui propose quelques rebondissements, des mêmes événements vus par différents protagonistes et une explication 'médicale' assez futée (que j'ai vérifiée bien sûr).

La bouche de la vérité, Rome
https://en.wikipedia.org/wiki/Bocca_della_Verit%C3%A0

Je savais avant lecture, ce qui m'attirait encore plus, que Julie Wolkenstein, comme dans L'excuse avec Portrait de Femme de Henry James, avait récidivé, et avec le même roman(!). Les prénoms sont encore plus transparents, et c'est transposé de nos jours, par exemple le fils de Lidia meurt du Sida, et non de tuberculose. Osmond ne meurt pas (encore) mais il est épouvantable avec son épouse Isabelle. 

Bien sûr, pas besoin d'avoir lu Portrait de femme (mais vous passez à côté d'un excellent roman), c'est juste pour moi un petit plaisir intellectuel supplémentaire.

Avis babelio, Nicole

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