Le réensauvagement de la ferme à Knepp
Wilding. The return of Nature to a British farm, 2018
Isabella Tree
Actes sud Domaine du possible, 2022
Traduit par Amanda Prat-Giral
Réensauvagement? Voir sur internet pour plus de détails, sinon :
"Imaginé aux États-Unis dans les années 1990, le concept de réensauvagement invite à protéger une zone définie pour lui permettre de retrouver toutes ses fonctionnalités d’origine, c’est-à-dire qui existaient avant que les activités humaines ne les perturbent ou ne les dégradent (recréer une zone humide qui avait été asséchée par exemple). Il s’agit notamment de favoriser le retour de la flore et de la faune sauvage qui occupaient les lieux autrefois, dans la mesure où elles sont adaptées au contexte climatique d’aujourd’hui."
Pas de panique donc! Pas question de lâcher les loups... (rappel : ils n'y sont plus depuis le 18ème siècle), pas de bisons (car le domaine peut se visiter avec ses chiens), et quant aux castors, je crois que c'est en discussion, l'animal existe pas loin...
Isabella Tree et son mari, heureux propriétaires du domaine de Knepp, 1400 hectares dans le Sussex, se sont lancés dans une entreprise incroyable au départ. Les terres, pour tout dire bien appauvries, voyaient les rendements diminuer, en dépit des engrais, les laiteries n'étaient plus rentables, bref, les dettes augmentaient. En 2000, changement de cap, plus d'apports dans le sol, on vire les troupeaux laitiers et machines agricoles, on laisse la terre se remettre, et on introduit des animaux rustiques, les plus proches des races 'historiques'. A savoir des Old English Longhorn, petit à petit, sur plusieurs années, des chevaux Exmoor, des porcs Tamworth, et des daims et des cerfs élaphes. La plupart sont là pour brouter et permettre à la terre de se remettre.
Tout ce petit monde cohabite, et l'auteure, qui ne manque d'ailleurs pas d'humour, sait raconter quelques anecdotes.
Les Longhorn paissent tranquillement, 100% bonne herbe, pas de compléments (pas franchement de vétos non plus), vêlent tranquillement, le rythme normal de vêlage est repris.
La cerise sur le gâteau, c'est que des tas d'espèces rares, quasi disparues, sont à nouveau observables, en particulier insectes et oiseaux (qui se fichent des frontières et des papiers). La chaine de la nature n'a plus de maillons manquants.
Idyllique? Non, pas encore vraiment, on n'est pas dans le bush, il existe des règlements à respecter, de la paperasse à remplir, des sous à trouver...
Il serait difficile de tout raconter, mais j'ai découvert grâce à ce livre l'existence une zone du même genre existant aux Pays-bas (et s'il y a un coin d'Europe où on n'a jamais trop de place pour les humains, c'est là), comment lutter efficacement contre les inondations (on laisse, en gros, les rivières se dépatouiller - et surveiller quand même)(d'où l'intérêt des castors!), et les bienfaits des vers de terre! Il parait même qu'une terre bien saine peut capter et stocker pas mal de carbone!(p 380)
Honnêtement, l'auteur n'évite pas les questionnements sensibles (par exemple pas question de laisser un animal souffrir), elle donne aussi des exemples où un problème donné (invasion de chardons) se résout de façon étonnante...
Il existe des videos pour voir ça de plus près (on peut y aller aussi...)(OK, c'est en - excellent- anglais non traduit, mais les images sont parlantes)
Gros coup de coeur!
Avis babelio,

Je découvre grâce à toi ce livre et ce concept que je trouve intéressant et respectueux de la nature, ce qui n'est pas courant actuellement.
RépondreSupprimer@ Audrey : une grosse découverte pour moi aussi, finalement la nature a encore son mot à dire quand on la laisse... (mais chez moi pas question que les ronces fassent mur infranchissable, j'ai des limites)(et je fais ça à l'ancienne, avec mes mimines et les outils)
SupprimerJ'ai déjà entendu parler de ces opérations de réensauvagement. Comme quoi, quand on veut ... au moins on tente quelque chose d'intelligent et de réparateur. Je note ce livre.
RépondreSupprimer@ Aifelle : le plus bluffant, ce sont les conséquences positives!
SupprimerComment se résout la prolifération des chardons? Je suis curieuse de la savoir. :-)
RépondreSupprimer@ La petite liste : oh j'aurais dû le dire.
SupprimerEn 2009 ils avaient envahi plusieurs hectares et atteignaient un mètre de hauteur. Risque important que les voisins n'aiment pas cette invasion! Dur de tenir bon et ne rien faire (cette 'cochonnerie' est invasive).
Mais! une fois tous les 10 ans la grande Bretagne peut connaître une invasion de papillons belles-dames (en 2008, au Maroc)
Donc en 2009 les papillons, appelés aussi 'vanesses des chardons' sont arrivées par millions et les chardons ont pris cher.
Les poneys ont terminé le travail.
Incroyable, non?
Les chèvres?
RépondreSupprimer@ La petite liste : j'ai répondu plus haut. Cette histoire est formidable!!!
SupprimerIl y a d'autres essais. AS-tu souhaité un bon anniversaire à Sir Attenborough?
RépondreSupprimer@ miriam : j'ai vaguement entendu parler de lui récemment, ah oui il a eu 100 ans, et est connu pour ses films et ses prises de position.
Supprimerévidement qu'on aimerait que la nature reprenne ses droits mais est ce vraiment la solution ? ce livre en tout cas t'a passionnée et cela se sent.
RépondreSupprimer@ Luocine : dans ce cas ci c'était une bonne solution!
SupprimerLa biodiversité fonctionne très bien quand on s’en mêle pas trop. Je sais pas trop s’il y a eu beaucoup de bisons sauvages naturels en Grande Bretagne depuis la fin de l’ère glaciaire… t’es sûre que tu n’as rien bu de fantaisiste ?
RépondreSupprimer@ Nathalie : j'ai vérifié, l'index est très utile, alors voilà : il y a eu en Europe des bisons européens (disparus au 19 è ou 20 è), et on a retrouvé sous la mer du nord des os de bison datant du début de l'Holocène. Le site hollandais que je cite en a, lui.
SupprimerDonc, OK, tu as raison, tu es drôlement au point, mais ce ne serait pas incongru d'en remettre (de toute façon ils ne l'ont pas fait)(et on ne va pas tout remettre non plus, faut raison garder).
Je n'ai rien bu, sauf du thé ^_^
Ah tiens je viens de découvrir ça...
https://wwf.be/fr/actualites/le-bison-europeen-bientot-de-retour-en-belgique
Déjà qu'on a trouvé une louve récemment du côté de Dieppe...
Le concept de "réensauvagement" reprend du poil de la bête ces dernières années dans de nombreux livres et c'est une bonne nouvelle.
RépondreSupprimer@ Virginie : 'du poil de la bête', expression bien trouvée!
SupprimerAh oui, j'ai lu aussi Ré-ensauvageons la France (2021) et L'Europe réensauvagée (2022), collection Actes sud Babel,
https://enlisantenvoyageant.blogspot.com/search?q=cochet
L'expérience semble passionnante. Les initiatives privées peuvent être vitale. Je pense à la sauvegarde des bisons, par exemple. L'extinction a été évitée grâce à des particuliers si je me souviens bien.
RépondreSupprimer@ Alexandre : bien sûr il faut de la ténacité , des idées, et des connaissances.
SupprimerAh toi aussi tu tiltes sur les bisons! ^_^
^_- J'y ai pensé tout de suite en lisant ton billet. Par contre, je n'ai pas eu le temps de lire les commentaires avant.
Supprimer@ Alexandra : j'ai des gens au top sur ce coup là. ^_^
SupprimerKeisha, si cela t'intéresse, nous organisons une lecture commune (Manou et moi) de La folie océan de Vincent Message. Nous n'avons pas encore fixé la date mais nous pensons à début juin. Qu'en penses-tu ?
Supprimer@ Alexandra : c'est gentil de prévenir, mais je vais vous laisser (tout en regardant vos avis bien sûr)
SupprimerJ'aime beaucoup Vincent Message, figure toi que j'avais emprunté et démarré ce roman, mais ça ne devait pas être le bon moment (trop à lire, ou livre du même genre, etc. je ressors en général d'une bibli avec un sac bien lourd). Cependant j'étais prête à vous suivre, sauf qu'un regard sur le catalogue de mes biblis potentielles m'apprend que ... c'est emprunté ou non existant.
Si les usagers rendent le livre dans une délai raisonnable (on peut rêver, j'en attends un avec déjà plus d'un mois de retard), je verrai.
Breaking news! Le bouquin est disponible dans une autre de mes biblis! Affaire à suivre...
Du coup, on peut se dire le 6 juin (si Manou est ok) sachant que tu te joindras à nous ou pas (si tu arrives à avoir le livre dans une autre bibli) ?
SupprimerFinalement, Manou préfère publier le lundi 8 juin. Cela te laisse plus de temps pour t'organiser. Je ne sais pas si Sandrine s'occupe toujours des LC. Je vais laisser un message sur le blog dédié.
Supprimer@ Alexandra : no stress! ^_^ Vous pouvez y aller, je gérerai , de toute façon les ponts LC marchent sur un mois plein!
Supprimer@ Alexandra : 8 juin un lundi, oui, ça irait. J'espère récupérer le livre aujourd'hui, OK après faut le lire... ^_^
SupprimerSandrine, j'ignore où elle en est, son blog se repose actuellement, on dirait. Oui, laisse un message, merci.
Je suis ravie que tu te joignes à nous. Sandrine se concentre sur Toutoui . J'ai quand même laissé un message sur le blog des lectures communes.
Supprimer@ Alexandra : c'est légitime!
SupprimerBon, on se débrouille quand même pas si mal! Même si le blog dédié était pratique.
C'est un livre qui pourrait bien me plaire aussi. J'ai regardé les premières minutes de la vidéo. Wow, ces images, magnifiques ! Et ces animaux !
RépondreSupprimer(en passant, j'ai proposé le 23/06 pour la LC Pêcheur d'Islande)
@ Fanja : une expédition de l'autre côté de la Manche? ^_^
SupprimerPêcheurs d'Islande est déjà lu (24 h, car c'est court, et hier météo moche), donc je note ce 23 juin!
Je vais foncer voir les vidéos et je lirai peut-être ce texte après, le concept est passionnant ... Et les papillons tueurs de chardons, c'est top.
RépondreSupprimer@ Athalie : il existe d'autres vidéos, à fouiner. Le bouquin se lit très bien, je n'ai pas tout dit non plus! Cette histoire de chardons, incroyable!
SupprimerVoilà un sujet intéressant que je préférerais regarder en documentaire à la télé plutôt que de lire un livre là-dessus. Un documentaire en français of course !
RépondreSupprimer@ Philippe : cela devrait exister, oui. Sinon, le livre est assez fluide quand même.
SupprimerDu bon sens, en somme..
RépondreSupprimer@ Inganmic : tout à fait!
Supprimer(et je viens de voir mon jardin bien envahi par l'herbe et aussi des fleurs, et j'ai observé un bourdon allant de l'une à l'autre... Dans le bouquin, c'est à plus grande échelle. ^_^)
Houla, je passe mon tour : en plus, non traduit, j'ai presque une bonne excuse :p non que je méprise la nature mais là comme ça, ça ne me dit rien...
RépondreSupprimer@ Jenevelle Laclos : okh juste la vidéo, je n'ai pas cherché mieux, on a les images en tout cas.
SupprimerLe livre est traduit, heureusement, et se lit vraiment très bien. Mais je reconnais que 400 pages, ça peut demander de s'y concentrer.
Le réensauvagement je connaissais le mot parce que dans la Drôme à Léoncel sur le plateau du Vercors il y a un projet de ce type mais je ne connaissais pas vraiment le principe dans le détail. Il y a finalement deux tendances si j'ai bien compris, soit la tendance passive (on laisse faire la nature) soit active (on l'aide un peu en réintroduisant à petites doses la flore et la faune qui manquent pour retrouver l'équilibre). C'est un principe qui me plait et qui finalement prouve que la nature a encore des ressources qui lui sont propres et peut reprendre ses droits quand on cesse de la détruire. Tu as encore une fois fait une très belle découverte !
RépondreSupprimer@ manou : tu as tout compris, tu as même un exemple local!
SupprimerPour ma part (certains diraient par paresse), je laisse mon petit carré de terre assez tranquille (sauf les ronces), et découvre de chouettes fleurs, voire arbustes. Les oiseaux et les abeilles ou bourdons se refilent l'adresse, on dirait.
Un livre intéressant et ceci d'autant plus qu'il n'a pas l'air de cultiver l'excès. Si tu peux le faire chez toi, c'est génial !
RépondreSupprimer@ claudialucia : chez moi? Disons que c'est encourager ma paresse, mais les abeilles et bourdons sont contents.
SupprimerUn projet intéressant.
RépondreSupprimer@ Anne-yes : tout à fait, et de plus le livre est fort agréable à lire.
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