Le livre de la culpabilité
The book of guilt
Catherine Chidgey
Gallmeister, 2026
Traduit par Johanne Le Ray
Dans son billet, parlant de 'gros coup de coeur', Fanja évoque d'autres œuvres, Un bonheur insoutenable, La servante écarlate et Auprès de moi toujours; n'ayant pas lu ce dernier (les autres, si), j'ai vite rétabli l'oubli, et cela ne m'a pas empêchée d'engloutir ce Livre de la culpabilité dans la foulée.
1979, en Angleterre, pas tout à fait celle que l'on connaît. Hitler a été assassiné dès 1943 et quelques petites différences existent en Europe, mais là n'est pas le propos du roman. On s'intéresse aux derniers résidents d'un foyer de garçons, les autres étant partis à Margate, à savoir les triplés Vincent, Lawrence et William, âgés de 13 ans. Trois femmes s'occupent d'eux, la nuit, le matin, le jour. Celle du matin relève leurs rêves et leur donne des médicaments contre une maladie les affectant, nommée l'Insecte; leur emploi du temps comprend un peu de gymnastique, de l'étude, bref rien d'original. Parfois ils sortent dans le village, avec l'impression que certains les craignent. De temps en temps un vieux médecin passe les voir. On commence à les autoriser à sociabiliser avec des filles de leur âge, mais sous encadrement. Tous sont orphelins, et rêvent de Margate, station balnéaire où les attendent de grands plaisirs.
Par ailleurs, la jeune Nancy, 13 ans, habite avec ses parents, sans autorisation de sortir du jardin, cachée lors de rares visites, mais que craignent-ils? La maison est un véritable étouffoir question ambiance et décoration.
Il faudra un peu de temps (pas trop quand même) pour qu'arrivent quelques révélations sur le passé des gamins, et que l'on craigne grandement pour leur futur. En France, certaines recherches sont encadrées par la loi de bioéthique, mais il semble que ce n'est pas le cas partout, on reste cependant au stade de la recherche, ce que le médecin du roman n'a pas fait. Cela reste un roman (ouf) mais on entrevoit les problèmes posés.
Comme Fanja, je ne peux en dire trop et confirme que c'est un 'page-turner' bien fichu et composé. Je n'arrive pas au coup de coeur, vraisemblablement à cause de Auprès de moi toujours.
Dans le roman de Kazuo Ishiguro, de même trois ados, Kath, Ruth et Tommy sont scolarisés dans une école sous la houlette de différents professeurs. Ils sont incités à créer des objets , leur côté artistique est encouragé. C'est Kath la narratrice, elle évoque ses souvenirs, c'est flou, sans certitude, sans trop de chronologie, et j'avoue que je me suis assez vite ennuyée de ces 'chamailleries' de gamins et d'ados. Heureusement on arrive quand même à en savoir plus mais on a droit à pas mal de on dit et suppositions chez ces jeunes, c'est assez crédible comme attitude, mais j'ai un peu lu en diagonale de temps en temps... Là non plus je n'en dirai pas trop.
Avis babelio,

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