Yellowface
Rebecca F. Kuang
ellipsis, 2024
Traduit par Michel Pagel
June Hayward et Athena Liu sont-elles vraiment de grandes amies? Au fil du roman on en doutera un peu. En attendant, toutes les deux ont la passion d'écrire, mais avec des succès différents. Ce sont les romans d'Athena qui en obtiennent, prix, adaptation en série Netflix... Un soir elle invite June à fêter cela, mais décède (accidentellement). June est sous le choc et en attendant l'intervention des secours, elle met la main sur le dernier manuscrit d'Athena, portant sur un sujet dont elle ne connaît rien, elle l'américaine blanche basique, et qu'Athéna, d'origine asiatique a choisi, à savoir les soldats de ladite origine durant la première guerre mondiale, en butte au racisme et pourtant aux mêmes dangers.
June reprend le roman, coupe, réécrit parfois, bosse sur le côté historique, bref elle finit par considérer que c'est 'son' roman, et bingo! C'est le roman adulé des lecteurs, l'argent arrive à flots, bref, June, sous le nom de Juniper Song (réellement ses prénoms à elle, mais bon, Song est ambivalent, elle en joue) a enfin le succès désespérément attendu.
Evidemment le conte de fées ne va pas durer, arrivent des doutes, des insinuations de plagiat. Plus un harcèlement sur les réseaux sociaux terriblement flippant.
Je ne vais pas raconter tous les rebondissements, cela se lit en tournant bien les pages, on a assez peur parfois , c'est malin et bien fichu. Il a juste fallu que je m'adapte au côté 'jeune adulte' des cent premières pages. Mais bien sûr qu'un roman se déroulant dans le monde des écrivains et de l'édition avait tout pour me séduire. On se pose la question d'appropriation culturelle, cette fois avec les asiatiques, ce qui change.
Au tout début, un "Avertissement de contenu
Abus physiques et mentaux, agression physique, agression sexuelle, appropriation culturelle, cyberharcèlement, détresse psychologique, deuil, discrimination, harcèlement, racisme."
Et je découvre aussi les "démineurs éditoriaux, ou lecteurs de sensibilité, fournissent contre rémunération critiques et conseils culturels sur un manuscrit. Disons par exemple qu'un auteur blanc écrit un livre dont un des personnages est noir. L'éditeur peut engager un démineur éditorial noir pour déterminer si cette représentation n'est pas raciste, consciemment ou non. "(page 73)

On en apprend beaucoup sur le milieu de l'édition, mais j'ai eu un peu de mal avec le côté très contemporain du bouquin. Merci pour le lien !
RépondreSupprimer@ Miss Sunalee : un cadre assez américain, l'avertissement de contenu, je n'avais jamais vu ça!
SupprimerDepuis le billet de Fanja, je ne suis pas plus tentée pour l'instant par ce milieu de l'édition, et ce titre n'est toujours pas dans mes médiathèques, mais ma médiathèque en ville a acquis Babel qui me tente davantage et le premier tome de "la guerre du pavot" je les ai donc noté...à voir donc sans urgence vu mes listes démesurément longues et l'été qui arrive avec les pitchounets grands et petits à garder à diverses périodes entre autre :)
RépondreSupprimer@ manou : Pas de souci, de mémoire Babel avait moins plu, mais après tout on peut lire et se faire une idée...
SupprimerProfite bien des pitchounets! ^_^
Je crains justement le côté trop young adult...
RépondreSupprimer@ Virginie : juste les 100 premières pages en gros, avec ces deux étudiantes et 'copines' au parcours différent et semblable à la fois. Après , ça va!
SupprimerOh je suis ravie que tu aies apprécié ce roman ! Je l'ai trouvé vraiment bien fichu moi aussi, toutes les thématiques m'ont passionnée et il y a même un côté thriller type page-turner, mais je sais qu'il n'a pas remporté l'adhésion de tous. En revanche, je n'ai vraiment pas aimé Babel de la même autrice. Un tout autre genre, plutôt fantasy/dark academy, c'était prometteur mais je n'ai pas vraiment retrouvé l'autrice de Yellowface...
RépondreSupprimer@ Fanja : j'ai suivi ton avis, privilégiant Yellowface, de toute façon le thème m'attirait. Exact, ça se lit comme un thriller. Pour Babel, bah je te fais confiance aussi!
SupprimerBen, le thème ne me tente pas trop... et c'est bien comme ça, non ? (pour mes listes à rallonge!)
RépondreSupprimer@ Cath L : ne t'inquiète pas, j'ai aussi une liste de bouquins (même récents et loués par d'autres) qui ne me disent rien, et heureusement!
SupprimerMoi, "l'avertissement de contenu", ça me fait rire parce que finalement, ce sont justement les sujets que le romanesque peut aborder pour "miner" nos a prioris, non ? Je suis tordue ? ^-^
RépondreSupprimer@ Athalie : je relis ton commentaire. ^_^
SupprimerPour moi aussi ça m'amuse un peu, c'est quoi ce truc? Comme ça aussi on me guide pour le billet, non? ^_^ Je me demande s'il n'y a pas beaucoup de romans avec ce contenu? J'ai l'intention de lire Les misérables, et là je crois que ça va cocher presque toutes les cases, comme la plupart des romans, non?
Ce qui m'inquiète, c'est si ce roman paru aux états unis n'a pas jugé nécessaire d'avertir le public? Qu'ils ne soient pas choqués? (Ou qu'ils puissent se repaitre de trucs bien space? )(auquel cas, déception, pas de détails difficiles, ouf.)
Crainte de procès? Second degré? Genre les avertissements pour les médicaments? Je m'interroge...
Même pas peur du côté Young Adult ! Je me le suis déjà procuré parce que très attirée par les sujets de l'appropriation culturelle et de l'édition américaine, et c'est bête, mais aussi pour sa couverture. J'ai aussi Babel pour mon challenge perso de Dark academia, mais c'est un gros pavé, alors je commencerai peut-être par celui-ci, surtout si tu dis que c'est un page turner...
RépondreSupprimer@ Anna Kronik : je pense que tu trouveras parfaitement de quoi te plaire, sans contrainte!
SupprimerOui, Babel, Dark Academia, j'ai eu des échos moins positifs, mais pourquoi pas? (un jour...)
Je l'ai lu et j'ai été horrifié par les "démineurs éditoriaux". Encore une invention américaine cette horreur. C'est du racisme à l'envers. Comme si un blanc n'était pas "légitime" ( c'est le mot à la mode) pour écrire sut les noirs parce qu'il est blanc ! Ou dans ce roman, une blanche ne peut parler des migrants chinois aux Etats-Unis et de l'horrible exploitation qu'ils ont subie parce que justement elle n'est pas chinoise. Qu'elle soit remise en cause parce que c'est un plagiat, soit ! Mais par pour des raisons raciales ! Il m'a énervée ce bouquin !
RépondreSupprimer@ Claudialucia : plaignons les auteurs (et lecteurs) de là-bas, une véritable censure ou autocensure.
SupprimerTout à fait d'accord avec toi! Surtout que Athena (de mémoire) ne semble pas être acharnée à écrire sur sa communauté et qu'elle n'en savait pas tellement au départ.
Je n'ai pas vu de billet chez toi, mais s'il arrive, je le lirai. Je te sens bien remontée! ^_^
C'est moi qui ai écrit le commentaire précédent.
RépondreSupprimer@ claudialucia : merci!!!
SupprimerLa couverture est vraiment très yellow !
RépondreSupprimerLe monde de l'édition, c'est un monde de requins !
@ Philippe : forcément yellow, ils n'ont pas hésité! En VO non plus.
SupprimerCela pourrait bien te plaire, allez!
Déjà repéré ! Ton dernier paragraphe, je viens de l'apprendre lors des remerciements de ma dernière lecture audio "Louisiane".
RépondreSupprimer@ Géraldine : La Louisiane, ah oui, je l'ai lu, de mémoire on a plutôt des habitants autochtones face à des français installés là-bas.
Supprimerles démineurs ... c'est fou que ça existe , drôle d'époque !
RépondreSupprimer@ Luocine : A une époque on pouvait faire paraître tout ce qu'on voulait, et maintenant on va un peu loin dans l'autre sens...
SupprimerC'est un roman dont le thème m'intéresse mais j'ai vraiment très peur du côté jeune adulte, il se peut que moi je ne m'y habitue jamais...
RépondreSupprimer@ Jenevelle Laclos : un côté que j'ai perçu au départ, mais qui a disparu rapidement. Ne te prive pas de cette lecture!
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