Toute la misère du monde
Isabelle Mayault
Gallimard, 2026
Au départ, en empruntant ce livre à la bibli, sans trop savoir du contenu, je n'avais pas capté la référence à la phrase prononcée par Lionel Jospin Michel Rocard (merci Aifelle pour ta vigilence!) , citée ordinairement hors contexte et sans ses compléments possibles, mais peu importe, voyons ce roman.
Par le biais du roman, l'auteure aborde (entre autres) le sujet des demandeurs d'asile, plus précisément avec Sayonara, assesseure au CNDA (cour nationale du droit d'asile, encore un acronyme que j'ignorais, et pourtant ils sont pléthore (genre CADA, OFII). Elle y retrouve juges, avocats, des professionnels plutôt féminins d'ailleurs, et ils reçoivent des déboutés du droit d'asile, écoutent leur histoire, leurs arguments, et une décision est prise, on accepte ou pas la personne. C'est passionnant et assez concret, sans que cela ne fasse 'liste', même si on croise un jeune turque, un guinéen, un congolais, un gazaoui (demandant depuis la Guyane, les parcours sont franchement étonnants), un afghan (en famille), une nigériane, un Tchétchène, j'allais écrire etc., hélas il existe sûrement plein d'autres histoires tout aussi intéressantes.
Sayonara, oui, on y vient, est trentenaire, un enfant de deux ans, enceinte, mariée à Arturo. Ils se sont connus quand ils travaillaient dans l'humanitaire, et habitent désormais le 13è.
Sayonara doit jongler entre son travail, où elle doit essayer de ne pas trop s'impliquer émotionnellement, et sa vie de maman/épouse, là aussi bien rendue! Au cours du roman elle va accoucher de façon assez rock'roll quand même (tout va bien!).
Je me suis bien attachée au regard de l'auteure sur ces différentes composantes, elle qui préfère une douce ironie plutôt qu'un pamphlet pour exprimer ses opinions (on les devine bien). Un chouette roman, une belle surprise, je m'étonne de ne pas l'avoir aperçu sur les blogs?
Avis babelio,

Ce n'est pas Jospin qui a prononcé cette phrase mais Michel Rocard. On évoque toujours la première partie "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" et les medias zappent systématiquement la suite "mais elle doit en prendre sa part". Bref, je n'ai pas entendu parler de ce roman et je ne connais pas l'autrice.
RépondreSupprimer@ Aifelle : oups j'ai corrigé, on va dire que j'étais restée dans des zones politiques proches. ^_^
SupprimerJ'ai dévoré ce roman, il bouscule, forcément. Une sorte de piqure de rappel...
Je ne connais pas non plus cette auteure... Quand à la suite de la phrase de Rocard, il serait bien d'y penser, à ce qu'on y prenne sa part !
Supprimer@ Bonheur du jour : hé oui, beaucoup se focalisent sur la première partie, renvoyant le problème plus loin!
SupprimerSi le sujet est traité avec ironie, comme tu le dis, ça pourrait bien me plaire ...
RépondreSupprimer@ Athalie : elle ne cherche pas du tout à faire pleurer le lecteur, ouf! Oui, ça pourrait (devrait) te plaire.
SupprimerAu départ je me suis dit "Tiens je connais ce titre" mais non c'est la phrase en fait que je connais et je suis d'accord avec Aifelle que les médias oublient toujours la fin qui a je trouve une certaine importance...Je ne connais pas cette autrice (mes médiathèques non plus) et je n'ai rien vu passer à propos de ce roman qui semble très intéressant. Merci de nous en parler avec enthousiasme vu le sujet on ne peut pas zapper.
RépondreSupprimer@ manou : en fait je ne l'ai vu que dans ma bibli number (?), où travaille une bibliothécaire vraiment douée et qui a du flair. Ce n'était pas mon choix premier, mais les autres étaient empruntés, et là, une fois démarré, j'ai pensé 'bonne pioche' et je n'ai pas changé d'avis!
SupprimerPas entendu parler avant ton billet. Je note ce titre.
RépondreSupprimer@ Alex : c'est bien ces 'petites' médiathèques qui creusent!
SupprimerEn effet, passé plutôt inaperçu (mais c'est le lot de pas mal de romans contemporains dans le flot de production annuelle)
RépondreSupprimer@ Nicole : et la rentrée littéraire s'annonce... (soupirs)
Supprimermerci de le signaler. je n'en avais jamais entendu parler. Cela pourriait m'intéresser
RépondreSupprimer@ miriam : je partage mon contentement, espérant que vous aimerez aussi!
SupprimerPas évident d'éviter le côté larmoyant avec ce sujet, ça a l'air bien fichu ici, je note !
RépondreSupprimer@ Sacha : pas évident, même si l'humour est surtout aux dépends de ceux bien 'installés' ou alors de l'autodérision de la narratrice.
SupprimerJe ne connais pas; je ne pense pas l'avoir déjà rencontré.
RépondreSupprimer@ Philippe : on a très peu vu ce livre, et c'est bien dommage.
SupprimerJe m'étonne d'avoir presque raté ton billet et donc une belle surprise sur un sujet très délicat.
RépondreSupprimer@ Alexandra : cela aurait été dommage, car je pense que tu aimerais!
Supprimerje n'ai pas vu ce roman non plus , il doit être à la médiathèque.
RépondreSupprimer@ Luocine : j'ai plusieurs médiathèques, et je l'ai vu dans une seule...
SupprimerJ'ai justement une amie qui a intégré ses fonctions à la CNDA il y a peu plus d'un an et, effectivement, je ne me lasse pas des récits qu'elle peut me faire (récits respectueux de la confidentialité de chacun, cela va de soi) donc je comprends qu'un tel roman soit une belle découverte ! Je ne sais pas pour autant si je le lirai mais je me le note.
RépondreSupprimer@ Jenevelle Laclos : incroyable, tu connais le CNDA! Pour ma part je connais tout cela, enfin, des bribes forcement, par des migrants qui apprennent le français et ont un parcours de vraie vie en France. Oui, note.
SupprimerPas repéré en effet. La presse n'en parle pas non plus, mais ce n'est pas le genre de sujet qui l'enthousiasme... Bon, à voir en bibli, ça m'a l'air en effet très intéressant.
RépondreSupprimer@ Fanja : Oui, en bibli! Trop de parutions, mieux défendues sans doute.
SupprimerJ’aime l’ironie ! C’ est vendu ! En plus le sujet est intéressant ( une Comète )
RépondreSupprimer@ Une comète : L'humour reste subtil, et plutôt envers la narratrice ou les autres collègues, pas vraiment à l'encontre des personnes ayant recours à eux (heureusement, c'est souvent bien tragique)
Supprimer