Toute la misère du monde
Isabelle Mayault
Gallimard, 2026
Au départ, en empruntant ce livre à la bibli, sans trop savoir du contenu, je n'avais pas capté la référence à la phrase prononcée par Lionel Jospin, citée ordinairement hors contexte et sans ses compléments possibles, mais peu importe, voyons ce roman.
Par le biais du roman, l'auteure aborde (entre autres) le sujet des demandeurs d'asile, plus précisément avec Sayonara, assesseure au CNDA (cour nationale du droit d'asile, encore un acronyme que j'ignorais, et pourtant ils sont pléthore (genre CADA, OFII). Elle y retrouve juges, avocats, des professionnels plutôt féminins d'ailleurs, et ils reçoivent des déboutés du droit d'asile, écoutent leur histoire, leurs arguments, et une décision est prise, on accepte ou pas la personne. C'est passionnant et assez concret, sans que cela ne fasse 'liste', même si on croise un jeune turque, un guinéen, un congolais, un gazaoui (demandant depuis la Guyane, les parcours sont franchement étonnants), un afghan (en famille), une nigériane, un Tchétchène, j'allais écrire etc., hélas il existe sûrement plein d'autres histoires tout aussi intéressantes.
Sayonara, oui, on y vient, est trentenaire, un enfant de deux ans, enceinte, mariée à Arturo. Ils se sont connus quand ils travaillaient dans l'humanitaire, et habitent désormais le 13è.
Sayonara doit jongler entre son travail, où elle doit essayer de ne pas trop s'impliquer émotionnellement, et sa vie de maman/épouse, là aussi bien rendue! Au cours du roman elle va accoucher de façon assez rock'roll quand même (tout va bien!).
Je me suis bien attachée au regard de l'auteure sur ces différentes composantes, elle qui préfère une douce ironie plutôt qu'un pamphlet pour exprimer ses opinions (on les devine bien). Un chouette roman, une belle surprise, je m'étonne de ne pas l'avoir aperçu sur les blogs?
Avis babelio,

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