Seiobo est descendue sur terre
Laszlo Krasznahorkai
Babel, 2025
Traduit par Joelle Dufeuilly
Désespérant! Chaque fois que je découvre un roman de cet auteur, je me dis 'c'est son meilleur!' Depuis le début c'est ainsi...
Se promener sans rater un héron immobile et patient (Japon), découvrir un panneau de coffre de mariage juif représentant l'histoire d'Esther, Vasthi quittant le palais royal après que sa belle-mère ait gagné le match les opposant,
| https://fr.wikipedia.org/wiki/La_reine_Vashti_quitte_le_palais_royal |
suivre la restauration d'un Bouddha et les cérémonies avant et après, être bouleversé par un tableau de l'église San Rocco à Venise, visiter l'Acropole au mauvais moment de la journée, découvrir la fabrication d'un masque de no, puis à Barcelone à La Pedrera une exposition d'anciennes icones, être sidéré devant un autre exemplaire d'époque d'une œuvre de Roublev, après avoir fait croire qu'on comprenait le russe,
| https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Roublev |
rencontrer un acteur et danseur de théâtre no, pour une représentation de Seiobo est descendue sur terre, voyager à bord d'une charrette sur d'anciennes voies romaines, de Florence à Perugia avec des assistants de Il Perugino, qui peut être terminera un retable en bois de peuplier où il appliquera de folles couleurs,
| https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_P%C3%A9rugin#/media/Fichier:Casamento_-_perugino1.jpg |
être ébahi par les pavages géométriques d'avant garde à l'Alhambra de Grenade, voir une future sculpture non existante encore, être gardien au Louvre, dans la salle de la Venus de Milo, sans jamais s'en lasser, tomber dans la marmite de la musique baroque comme ce conférencier un peu allumé, acheter un billet de train avec un peintre suisse, s'intéresser à la 62è reconstruction du sanctuaire d'Ise, très codifiée, très répétée, "chaque mouvement de chaque artisan, chaque composante de ce mouvement, l'élan, la courbe décrite, le coup, date de mille trois cents ans, ce sont des artistes", être en exil avec Zeami, hurler sous la terre,
oui, voilà ce qui attend le lecteur, pour une promenade fabuleuse autour des arts, création, restauration, le respect des traditions au Japon, un peu de folie en Europe, et rode le syndrome de Stendhal, c'est quasi impossible à lire sans fouiner sur internet admirer une représentation de tableau, une image et même écouter un air (baroque : se précipiter sur le début de la Passion selon saint Matthieu)(quoique, et je viens de le vérifier, je préfère les quinze dernières minutes)(oui, Nathalie, Gand ce n'est pas que Le retable, c'est aussi Herreweghe).

J'aimerais partager ton enthousiasme, mais c'est moi c'est abandon en rase campagne ... je ne suis pas entrée dans l'univers de cet auteur et pourtant c'est vrai que les longues phrases sont belles et se lisent toutes seules. Pas sûre que je recommence ..
RépondreSupprimer@ Aifelle : il faudrait encore que je lise celui qui t'a conduite à l'abandon, donc je ne peux rien dire (mais il est spécial, je le reconnais). Rien n'est perdu, les longues phrases ne te rebutent pas.
SupprimerAh oui, coup de cœur encore ! Tu vas finir pas me convaincre de lire cet auteur malgré mes réticences.
RépondreSupprimer@ Alexandra ; je projette de tout lire (mais quand même pas d'apprendre le hongrois). Il m'en reste un peu.
SupprimerIl m'a emporté ce roman, tellement lumineux ! Et puis on passe d'un chapitre, on se demande ce qu'il va nous trouver cette fois-ci. C'est peut-être mon préféré, avec le Retour du baron W, mais comme tu dis, c'est difficile de choisir.
RépondreSupprimer@ nathalie : j'aime ce 'nous' dans 'ce qu'il va nous trouver', oui, on est complètement dans une équipe, là! ^_^
SupprimerQuand je pense qu'il me reste le baron à lire, je suis fort aise!
J'ai bien aimé découvrir tous les titres de cet auteur que vous avez partagés lors de ces lectures communes. J'ai noté ceux qui se trouvaient dans ma médiathèque en ville, mais celui-ci n'y est pas. Déjà j'ai de quoi me faire mon propre avis sur cet auteur qui à découvrir en tous les cas, je n'en doute pas mais ce ne sera pas pour tout de suite...
RépondreSupprimer@ manou : pas de souci, tu as le temps. Actuellement ses livres sont bien plus faciles à trouver.
SupprimerQuel bonheur de ne jamais être déçue !! Ce titre me paraît pas mal pour une découverte de l'auteur. Le thème est accrocheur et permet une initiation en douceur à son style (en tous cas, je l'espère !).
RépondreSupprimer@ Sacha : heu... faut quand même être au courant pour les phrases, mais on a des respirations, des virgules, des tirets, et après tout, la ponctuation peut se mettre mentalement (j'ai plus de mal avec les retours à la ligne)
SupprimerDes romans présentés pour cette lecture commune, c'est le titre que tu présentes qui me fait le moins peur, sûrement à cause de la thématique artistique qui m'emporte assez facilement, normalement. Allez, convaincue !
RépondreSupprimer@ Athalie : bon, ça reste du Laszlo K, mais j'avoue que je suis vraiment partie vers ces univers artistiques.
SupprimerCelui-ci est sur mes étagères et sera, je pense, le prochain dans ma lecture du grand Krasznahorkai. Pour cette LC du jour, j'ai lu, comme Aifelle, "Au nord...". Nos avis divergent. L'absence d'intrigue l'a dérouté, ce qui se comprend. Lire Krasznahorkai est quand même une expérience bien déroutante. Mais il y ce génie de la phrase. Personnellement, pour cette raison justement, j'ai adoré.
RépondreSupprimer@ Cleanthe : je vais voir ça! On va dire qu'Aifelle n'a pas eu de chance avec son premier livre de l'auteur, espérons qu'elle accrochera pour un autre?
SupprimerOui, déroutant, mais ça vous met bien les neurones en forme!
Je n'ai tenté qu'un roman de cet auteur "Au nord par une montagne,..." et me suis tellement ennuyée que je ne l'ai pas fini, et pourtant il était court. Alors en attaquer un de 400 pages, je n'en rêve même pas !
RépondreSupprimer@ Cath : décidément ce 'Au nord...' , que je n'ai pas lu, me semble avoir bloqué deux lectrices pourtant aguerries... Bon, je pense attaquer ce roman un jour, pour savoir. Après tout, Laszlo peut être moins bon?
SupprimerIl est donc temps que j'entame le Tango de satan!
RépondreSupprimer@ miriam : bravo!!! Du Laszlo K bien pluvieux...
SupprimerVive Internet qui nous permet de voir ce que les mots décrivent.
RépondreSupprimer@ Philippe : pour ce roman, c'était obligé d'aller y voir! ^_^
SupprimerPremière découverte de l’auteur pour moi avec Le dernier loup. C’était, mhhh, intéressant mais pas aussi profond que ce à quoi je m’attendais. Celui-ci a l’air bien plus touffu. Peut-être qu’il m’aurait plus plu.
RépondreSupprimer@ Zarline : il va falloir que je lise les deux (courts) romans qui n'ont pas trop plu aux lecteurs, pour l'instant je constate mais ne peux rien dire.
SupprimerC'est étrangement le seul qui ne me tente pas... J'ai même commencé à en lire les premières pages avant
RépondreSupprimerde le reposer... Je ferai sans doute une autre tentative (ton billet m'y incite fortement), parce qu'il ne reste plus à lire dans ses titres traduits... Ingan nmic
@ Inganmic : comme je le suggérais ailleurs, à moins d'apprendre le hongrois... ^_^
SupprimerOui, au début on se demande où ça va bien aller tout ça!
Il me reste deux courts sur lesquels certains se sont cassés les dents (en première lecture, finalement pas trop le bon choix?) et le Baron W!
Un genre différent de celui que j'ai lu (La mélancolie de la résistance) et en même temps, pas tant que cela, on dirait. Je découvrais l'auteur pour ma part. J'ai trouvé ma lecture fascinante mais il faut clairement choisir le bon moment pour le lire !
RépondreSupprimer@ Virginie Vertigo : tous les fans reconnaissent que c'est une expérience de lecture, cet auteur, mais ça vaut la peine...
Supprimerles avis sont tranchés sur cet auteur que je n'ai pas encore lu (mais que fais-je de mes journées !!!)
RépondreSupprimer@ Luocine : on se le demande, hein! ^_^ Choisi bien ton moment et ton titre...
SupprimerJ'ai lu Tango de Satan, mais l'auteur ne m'a vraiment pas autant enthousiasmée que vous autres.:( Il ne me semble pas fait pour moi, ça arrive.^^ Billet à venir, ce week-end, c'est vadrouille.
RépondreSupprimer@ Fanja : celui dont je parle a assez de côtés 'Japon' pour que tu t'y penches...
SupprimerBonne vadrouille, on dirait que la pluie diminue (enfin!)
Cette année, je le lis ! Mais je ne sais pas par lequel commencer (en tout cas, pas par "Au nord, les montagnes" vu les commentaires)
RépondreSupprimer@ Jenevelle Laclos : Comme j'en ai lu plusieurs, cela m'est compliqué de répondre. Un des 'gros' romans? En tout cas j'ai une grosse envie de lire ce Au nord..., car les avis sont différents (Cléanthe a aimé!)
SupprimerMalgré tous les bons retours que je lis autour de cet auteur (et il y en a des lecteurs depuis son Nobel) je n'arrive pas à me décider à sauter le pas, je crains le truc plombant et pas certaine d'avoir envie de ça en ce moment...
RépondreSupprimer@ Nicole : je t'invite à essayer, tranquillement. Ce Seiobo n'est pas plombant. L'humour de l'auteur est, avouons-le, souvent camouflé, je dirais plutôt ironie discrète. Je le lis depuis une dizaine d'année, donc je ne suis plus troublée.
SupprimerUn ouvrage vraiment inclassable ?
RépondreSupprimer@ L'auteur : l'auteur l'est déjà un peu. ^_^ Je le recommande, mais faut être prévenu quand même!
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