L'IdiotDostoïevski
folio classique, 1994 puis 2003
Traduit par Albert Mousset
Comme je l'annonçais à la fin de mon billet (un peu flemmard) sur Les frères Karamazov, j'ai repris la lecture de L'Idiot, avec l'objectif d'arriver au bout, de pondre un billet à ma guise, avec pour seules armes une feuille et un stylo pour noter les noms et leurs variantes (et ce n'est pas ça qui manque!)
Déjà, le titre: L'Idiot, il faut oser. D'ailleurs le prince Mychkine est-il idiot? Les avis de ceux qui le fréquentent sont partagés. Idiot, sot, ignare, naïf, un peu 'à l'ouest' ? Il n'empêche qu'il garde généralement son calme, paraissant ne rien comprendre, se contentant de sourire. Désarmant, quoi.
Il souffre de crises d'épilepsie , tout comme Dostoïevski, à qui faire confiance pour cet extrait:
Chacun des personnages pourrait faire l'objet d'une étude complète... Je vais garder Rogogine, Natassia Philippovna et Aglaïa, la cadette des Epantchine. Deux jeunes femmes bien différentes; mais désirant prendre en mains leur destin. La première dont la beauté a fasciné le prince rien qu'avec son portrait a été la protégée d'un type bien plus âgé, sa réputation est perdue (cf dame aux camélias, quoi). Aglaïa, est belle aussi mais surveillée par sa famille (tiens oui, j'oubliais sa mère, Elisabeta Prokofievna, qui mérite vraiment d'être connue aussi.)
Il se passe plein de choses dans ce roman , qui a paru en feuilleton, et cela se sent, l'auteur reprend en mains la narration pour qu'on ne soit pas perdu, et surtout ménage des événements, des arrivées inattendues en fin de chapitre (comment dit-on cliffhanger en russe?).
Cependant, de nombreuses fois, (comme le Prince d'ailleurs, ça console) j'avais du mal à saisir le pourquoi du comment de telle attitude et réaction, des ellipses temporelles intervenant aussi. Et comme le Prince finalement je n'en avais cure, je continuais!
On l'aura deviné, deux femmes deux hommes, des sentiments variables, beaucoup de 'oui mais non', ce n'est pas un roman d'amour, mais de sentiments assez exacerbés. Les personnages n'osent reconnaître leurs vrais sentiments, les connaissent-ils?
Comme l'écrit l'auteur vers la fin "nous-même éprouvons dans bien des cas de la peine à tirer les événements au clair." Allons bon.
Ce qui m'a frappée, c'est qu'en dépit de moments absolument dramatiques, certains passages sont fort drôles (si!) ou bourrés d'ironie.
Et cette discussion entre l'un prétendant avoir perdu sa jambe, enterrée depuis dans un cimetière, et l'autre prétendant avoir été page de Napoléon en 1812.
Sans oublier cette remarque qui a fait mon bonheur : "Allons! décida le général, marié à une française, c'est un homme perdu!"
Je termine avec un extrait de la préface d'Alain Besançon (bien aimé la remarque sur Freud):
Un roman incontournable, où on peut se lancer sans rien en savoir, bien sûr éviter les résumés qui racontent tout.
J'ai eu beaucoup de mal avec Dostoïevski. Je ne sais pas pourquoi car je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. Jai même insisté puisque j'ai lu L'idiot et Les frères Karamazov à la file.
RépondreSupprimer@ Alexandra : pareil, je les ai lu quasiment d'affilée, disons la même année 2026, et un jour (?) est prévu Crime et châtiment. Mais il a fallu apprivoiser la 'bête'.
SupprimerPour le moment, je n'ai fait que commencer deux ou trois romans de Dostoïevski, sans réussir à avancer... Pas un auteur pour moi ?
RépondreSupprimerJe garde l'idée de continuer plutôt Tolstoï avec Guerre et paix, d'abord.
@ Cath L : mon expérience, c'est qu'il faut le bon moment, après, chacun voit. On sent quand même que c'est de la bonne littérature, mais j'avoue que certains de ses romans plus courts m'avaient laissée de côté.
Supprimerj'ai lu et relu ce roman alors je ne comprends vraiment pas la dernière phrase de ton billet : "éviter les résumés qui racontent tout."
RépondreSupprimerJe conseillerais plutôt ceci
"lisez tous les résumés, ce roman saura vous séduire grâce à ce que "vous" mettrez dans ce récit car Dostoïevski est un géni qui n'appartient qu'à ses lecteurs, à chaque fois que je le lis un autre roman se construit au fur et à mesure de ma lecture."
@ Luocine : quand je relis, je connais déjà beaucoup du livre, et bien sûr je peux y prendre plaisir (même les polars, c'est dire ^_^).
SupprimerBon, je reconnais qu'avec Dostoievski ce n'est pas grave de trop savoir, pour Les frères Karamazov je savais qui avait assassiné le père, et apprécié les raisonnements un peu tordus de l'enquête. Mais ici avec L'idiot je ne savais pas du tout comment ça se terminait, et comme c'est génial ces disons 50 dernières pages, je sais que je pourrais les relire pour redécouvrir. Mais ne rien savoir était aussi une belle expérience.
Vaste débat. Si tu connais, il y a le livre de Laure Murat, Relire, enquête sur une passion littéraire (tiens je devrais bien le relire ^_^).
Un autre roman qui se construit, j'ai connu ça avec Middlemarch, ma deuxième lecture était quasiment une nouvelle! (et aussi avec Don Quichotte, mieux aimé en deuxième lecture) On va dire que ça marche mieux avec les classiques.
@keisha il y a déjà un challenge sur les 2 George ? Pas vu... Je viens de lancer le mien pour cet été...
Supprimer@ Nicole : oui, depuis un bout, je n'y participe pas, ayant déjà lu pas mal de Eliot et Sand auparavant, et trop à lire par ailleurs. Mais je suis quand même les idées lecture.
SupprimerTu lances un challenge? Je dois voir ça!
Il va falloir que je m'y mette mais le chantier des 2 George m'occupe beaucoup
RépondreSupprimer@ miriam : surtout qu'Eliott ne fait pas dans le court! Mais c'était une belle idée, ce challenge! Si j'avais mis la main sur Adam Bede...
Supprimer(oh je viens de voir que c'est dans wikisource, je peux le charger et le lire sur téléphone, pas pratique mais déjà fait pour au moins deux autres romans. Sinon, en anglais, mais parfois pas pratique non plus...)
J'ai envie de continuer à explorer Dostoïevski après Crime et châtiment mais je n'ai pas encore trouvé le temps, ni le bon moment (faut pas être trop déprimée) et j'hésite entre Les frères Karamazov, L'idiot et d'autres...
RépondreSupprimer@ Nicole : on se croise, alors. Tu peux lire un des deux 'gros' que tu cites.
Supprimer@nicole : Idem, si un jour tu es motivée, fais-moi signe, je serais alors peut-être motivée à me relancer dans Dostoievski.
Supprimer@ Virginie : j'ignore si Nicole a vu l'appel! ^_^ Je dois penser à lui en parler en commentaire chez elle. Sinon, j'ai un projet Crime et châtiment, mais pas tout de suite!
SupprimerPour L'Idiot aussi, une nouvelle traduction ? Dostoïevski, c'est inépuisable... Je ne crois pas que le Prince soit idiot. Mais comme j'ai prévu de le relire aussi, je vais vérifier mon souvenir.
RépondreSupprimer@ Bonheur du jour : je ne sais pas s'il existe une nouvelle traduction, celle-ci m'allait bien. Bien sûr que le Prince n'est pas idiot du tout, j'aime bien ses raisonnements. Au milieu des autres, il paraît un peu 'à côté de la plaque'. Oh oui, relisez-le, on passe sûrement à côté de belles choses, et puis il y a tant de personnages!
SupprimerJe crois l'avoir lu pendant ma période russophile, quand j'étais au lycée... Mais je n'en ai gardé aucun souvenir.
RépondreSupprimer@ Inganmic : je m'amuse, car je n'ai pas eu de période russophile au lycée. ^_^ Etonnant que cela ne t'ait pas laissé de souvenir!
SupprimerJe ne connais pas ce titre. Je n'ai rien lu de cet auteur. Un jour peut-être...
RépondreSupprimer@ Philippe : un jour; tu sais, il m'a fallu des années pour vraiment m'y lancer...
SupprimerJ'ai lu Crime et Châtiment il y a moult temps et je préfère de loin Dostoï à Tolstoï, mais les deux sont trop pavéesques pour que je songe à me lancer à nouveau pour l'instant. Cela dit, L'idiot, pourquoi pas, un jour.
RépondreSupprimer@ Fanja : pavé, ah oui, j'aurais pu participer à un challenge estival, bah, il me reste Crime et châtiment, mais rien ne presse.
SupprimerL'idiot, oui, tu peux y penser... ^_^
J'aime beaucoup l'auteur et tu me donnes envie de relire ce texte dont je ne garde pas énormément de souvenirs.
RépondreSupprimer@ Audrey : allez, fonce!!! Je viens juste de m'y lancer sérieusement!
SupprimerLu il y a tellement longtemps qu'il me faudrait le relire un jour en effet...pourquoi pas !
RépondreSupprimer@ manou : le genre de roman qu'on peut fort bien relire, tellement c'est riche!
SupprimerLu il y a des années, j'avais aimé à cause de l'ironie de l'auteur.
RépondreSupprimer@ Alex : humour (parfois), ironie (souvent), moments tendus, bref, je découvre!
SupprimerUn roman que j'ai adoré et qu'il faudra que je relise un jour.
RépondreSupprimer@ Cleanthe : il faudra aussi, car il y a tellement de détails à revoir!
SupprimerIl y a longtemps que je ne lis plus les incontournables Russes. Celui-ci en particulier, grand talent s'il en est. Le problème avec ce genre de texte (pour moi) c'est qu'effectivement il faut noter sur un papier les noms et liens entre les gens pour s'y retrouver... Mais c'est de la belle littérature !
RépondreSupprimerLe Bouquineur : je finis par me laisser emporter par le texte sans trop me compliquer la lecture à toujours tout me rappeler, en tout cas juste pour suivre, et voilà. La prise de notes aide bien.
SupprimerLes incontournables russes, oui, qui méritent lecture, mais pour moi il a fallu bien attendre, Dostoïevski est venu bien après Tolstoï, sans parler des classiques anglo-saxons dont je me régalais à 20 30 ans (et depuis). Mais on est bien d'accord, quel talent! ^_^
un de mes romans préférés. J'avais emprunté une vieille édition jaune à la fac (aux Etats-Unis, donc en anglais) et je l'ai dévoré ! oui tout y est, de l'humour, de la passion et un vrai fourmillement. Je me dis toujours que je dois le relire.
RépondreSupprimer@ Electra : mais oui, en anglais, on lit ce qui est disponible!
SupprimerUne relecture d'un roman si foisonnant est parfaitement possible.
J'ai tenté L'idiot il y a moultes années en arrière mais c'était moi, l'idiote, je n'arrivais pas à suivre... Un jour peut-être que je retenterai d'autant que j'avais adoré Crime et châtiment et survécu aux frères Karamazov.
RépondreSupprimer@ Jenevelle Laclos : Figure toi que j'en avais lu plus de la moitié il y a quelques années, et là ce fut tout bon, il me suffisait de mettre de côté l'agitation de certains personnages, et de noter les personnages principaux sur un papier tout proche.
SupprimerUn chef-d'œuvre découvert en rhéto (dernière année du secondaire) pour un exposé sur la littérature étrangère et relu il y a quelques années. La sincérité de Mychkine est fascinante dans ce milieu où le souci des apparences et de la situation sociale comptent avant tout.
RépondreSupprimer@ Tania : une sorte de pureté étonnante, moi je l'aime bien. Et quelle intelligence et finesse dans ses réparties. Même s'il est parfois un peu 'à l'ouest' (et alors? ^_^)
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