Au nord par une montagne
au sud par un lac,
à l'ouest par des chemins,
à l'est par un cours d'eau
Laszlo Krasznahorkai
Babel, 2017
Traduit par Joëlle Dufeuilly
Maintenant que j'ai lu ce livre, je comprends mieux l'effarement de certains lecteurs dont c'était la première expérience avec l'auteur. Ce n'est pas du tout le plus abordable, et heureusement que j'avais lu avant Seiobo, où la plongée dans un Japon traditionnel était bien plus aisée.
Comme pour Seiobo est descendue sur terre, je n'ai pu m'empêcher de chercher des images,
"La colossale porte nommée Nandaimon se dressait brusquement à l'intérieur de l'enceinte, au milieu de la cour, quatre paires d'épaisses colonnes en bois d'hinoki poli (une sorte de cyprès japonais), sur un haut socle en pierre, soutenaient une double toiture légèrement incurvée en son sommet, deux toits, l'un au-dessus de l'autre, c'était comme si deux immenses feuilles d'automne, aux bords déjà légèrement racornis, étaient tombées l'une après l'autre (etc.)"
Descendant du train (ah les trains salués à leur départ par les employés des chemins de fer...) le petit-fils du prince Genji, en petite forme il faut dire, a une quête : voir un fabuleux jardin dont il a entendu parler, "un tapis de mousse, () une mousse épaisse aux reflets argentés, () sur laquelle huit hinokis () déployaient leurs frondaisons jusque dans le ciel." Donc il erre dans la parc, découvrant temple, bouddhas, documents anciens, chambre d'un responsable (genre chambre d'ados, quoi!). Trouvera-t-il LE jardin? En tout cas l'auteur narre en détail comment ce jardin s'est crée sans intervention humaine, le vent, le pollen, etc.
Apparaissent là dedans un chien venant mourir dans un coin caché, un renard mourant aussi, et l'escorte du prince, pas très sobre, arrivant, repartant, à la recherche du prince qui les a volontairement semés.
Le lecteur fait mieux de se laisser guider, même s'il ne découvre que petit à petit (et pas complètement), les pérégrinations du prince et les arts traditionnels japonais de construction et d'écriture.
Et le titre? Ce sont les quatre prescriptions pour la configuration du site.
Arrive le chapitre XXXVIII, et voilà, de Sir Wilford Stanley Gilmore, le livre intitulé "L'infini est une erreur", où Laszlo K part un poil dans un délire...
Je sens qu'il faudrait relire ce roman pour (peut-être) mieux comprendre et ressentir...
Avis babelio, Aifelle (abandon), Cléanthe, Inganmic, Passage à l'est,

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