Le dossier 1569

 


Le dossier 1569

Jorn Lier Horst

Gallimard, 2025

Traduit par Céline Romand-Monnier


En vacances chez lui, l'inspecteur Wistling n'a en prévision que la tonte de sa pelouse et le baby sitting de sa petite fille; il s'intéresse quand même à une affaire de disparition (c'est le mari ou pas?) dont il n'est pas en charge.

Une lettre, ou plutôt une feuille quasiment blanche arrive dans sa boite aux lettres, suivie d'autres quasiment aussi mystérieuses, et cela le conduit sur une affaire de meurtre de deux jeunes filles, en 1999 et 2001, ayant des points communs. Un coupable a été arrêté lors de la première affaire, il vient de sortir de prison, et quant à la seconde,  Wistling était alors chargé de l'enquête, et le coupable est décédé en prison.

Qui laisse ces courriers? Qui semble vouloir attirer son attention sur une possible erreur judiciaire? Ajoutons une journaliste bien fouineuse, un procureur ambitieux, et tout est en place pour tourner les pages activement.

J'aime beaucoup retrouver ces enquêtes bien ficelées, menées par un héros sans doute pas très loin de la retraite, mais aux neurones bien actifs. Avec elles, pas de détails inutilement gore, de l'empathie pour les victimes, on prend un peu son temps, mais sans s'ennuyer. Une poursuite et une accélération vers la fin, normal classique, mais le suspense et le grattage de tête du lecteur sont présents tout du long.

J'ai pris connaissance de méthodes modernes d'enquête, non, pas le téléphone ça c'est connu, mais au moyen des compteurs connectés; je ne vais plus regarder mon linky de la même façon maintenant. 

"La surveillance avait changé de forme et de nature. Elle n'était plus imposée aux citoyens par les autorités, mais choisie par la plupart d'entre eux moyennant un clic sur un 'OK'. Le moindre pas qu'ils faisaient était effectué sous surveillance, littéralement.

Il trouvait difficile d'avoir une opinion définie sur la société de surveillance. Il n'aimait pas l'idée de multinationales collectant et analysant des données le concernant, il n'aimait pas que le poste de commandement puisse à tout moment savoir où se trouvait sa voiture de fonction, ni que les gérants de son supermarché connaissent ses habitudes de consommation. Cependant, il aimait que l'on puisse surveiller les maris violents à l'aide d'un bracelet GPS, il aimait que l'on sache où se trouvaient des terroristes potentiels et que l'on soit au courant de leurs déplacements transfrontaliers, et aussi que l'on parvienne à identifier des agresseurs grâce au trafic de données,  que les autorités de santé publique aient la possibilité de surveiller la diffusion de virus dangereux grâce au traçage de personnes contacts."

De bons questionnements...

Avis babelio, 

Commentaires