Jeu sur tambours et tambourins (2001)
suivi de L'armoire et autres nouvelles (1997)
Olga Tokarczuk
Livre de poche, 2025
Traduit par Maryna Laurent
De l'auteure j'ai lu deux recueils de nouvelles, Récits ultimes et Histoires bizarroïdes, des romans, Les livres de Jacob (un pavé), Sur les ossements des morts, Les pérégrins. Autant dire que je ne suis pas novice, j'aime beaucoup, et donc j'ai acheté Jeu sur tambours et tambourins les yeux fermés.
Est-ce parce que ce sont d'anciens écrits? Parce que ce sont des nouvelles? Parce que j'avais la tête ailleurs?
Hé bien, je me suis ennuyée quasiment à chaque fois, et s'il n'y avait pas eu une Lecture commune avec Inganmic, j'aurais jeté l'éponge.
La 4ème de couverture était prometteuse, ce qui explique peut-être mon achat compulsif. Il évoque trois des nouvelles, dont deux qui m'ont beaucoup plu (forcément), et une dont je serais incapable de dire laquelle c'était. Bref.
La belle écriture de l'auteure n'est pas en cause, ni le côté parfois bizarre, c'est juste que ... voilà!
Ouvre les yeux, tu n'es plus en vie! ouvre le recueil. C. vient d'acquérir un roman policier palpitant au départ, mais... ça n'avance pas, pas de cadavre en vue (dans un polar, cela fait partie du jeu, non?), alors elle décide d'intervenir dans le livre, réalité et fiction se mélangent, les morts s'accumulent.
J'ai jubilé.
Dans Un mois écossais, une écossaise désire accueillir un écrivain, qui soit une femme et une polonaise. Donc la narratrice.
" La littérature est une forme de mensonge admis, dispensé de toute éthique, accepté socialement, admiré. Je crois que c'est pour cela que j'ai toujours été attirée par l'écriture. Existe-t-il une autre activité qui autorise autant de possibilités d'inventer, de mentir de toutes les façons, d'amender la réalité, de lui inventer des possibilités nouvelles? Les écrivains sèment l'anarchie dans les universaux, ils sont des relativistes de naissance, des expérimentateurs de la vérité, des découvreurs d'alternatives."
La vie de l'écrivain Samborski, dans Le double fictionnel de l'auteur, est chamboulée par l'intrusion d'un type qui prend sa place au restaurant, sa place à sa table de travail, bref, sa vie!
J'ai finalement aimé Bardo, La crèche, sans comprendre le fin du fin, on trouve sur internet si on veut.
En revanche, La soirée littéraire est un récit absolument charmant, où l'on ressent la nostalgie de cette époque fin 19ème, avec une histoire d'amour du passé.
"Panama en paille dans la boîte à chapeaux, jupe sombre en crêpe georgette, corsage blanc avec volants sur la poitrine , ombrelle en dentelle,. Malette et grand sac de voyage en cuir. Des chaussures fermées par des butons. Un flacon de parfum dans les sous-vêtements en soie. Des gants de rechange. Des bagages."
Personnellement je visualise la finesse de ces détails désuets...
La conquête de Jérusalem. Raten, 1675, voit un hobereau local lancer ses serfs dans la construction d'une réplique de Jérusalem, pour terminer par une reconstitution de bataille complètement dingue. Je n'ai pu m'empêcher de penser au Puy du Fou, et me suis bien amusée.
Le professeur Andrews à Varsovie utilise pour la deuxième fois du recueil la proclamation de la loi martiale en 1981, où un malheureux professeur se retrouve à Varsovie, sans bagages, isolé, sans bien évidemment comprendre la langue, une sorte d'Epépé polonais...
Le consommé de Noël est finalement une jolie histoire, avec ce bébé de père inconnu, qui finira par un trouver un, qui n'est sûrement pas le sien.
A relire mon billet, je m'aperçois que je n'ai pas tant détesté, mais que certaines nouvelles m'accrochaient moins, ou alors j'avais le stress de la lecture commune? (et d'autres bouquins plus attractifs autour de moi?)
Avis babelio,

Commentaires
Enregistrer un commentaire
Les commentaires sont modérés, histoire de vous éviter des cases à cocher pour prouver que vous n'êtes pas un robot.