lundi 11 novembre 2019

Les réfugiés sont notre avenir

Les réfugiés sont notre avenir
Les causes profondes
La position de l'Etat
L'accueil citoyen
Ouvrage collectif
Ginkgo, 2019


Je sais, le titre est gonflé, et le sujet va peut-être lasser, tant pis, quoique l'actualité récente prouve que rien n'est figé. Mais ce livre m'est véritablement arrivé dans les mains sans crier gare. J'errais aux Rendez-vous de l'Histoire (Blois), plus précisément au salon du livre, encore plus précisément vers les éditeurs de littérature de voyage, Transboréal et Ginkgo (et leurs associés) histoire de me faire du mal me laisser tenter, et de saluer éventuellement Reynald Mongne, un des responsables de Ginkgo. J'ai tout de suite repéré ce titre, et figurez-vous que les droits d'auteurs sont reversés aux associations d'aide, notamment Tous Migrants, à Briançon. Bon, sur 10 € (et en plus c'est vraiment cadeau comme prix!) j'ignore combien ça fait, mais c'est pour le principe.

J'ai payé ce livre, donc, avec plaisir, livre qui s'est révélé clair, récent, complet, concret. OK, le propos des auteurs n'est pas neutre (et alors?), surtout quand il  rappelle quelques vérités sur la politique économique des pays occidentaux, dont la France, en Afrique depuis des décennies.
Des tableaux, des chiffres, des pourcentages (mais pas trop) remettent les pendules à l'heure.

Bien sûr on retrouve des exemples bien connus, particulièrement sur la frontière italo-française, et en dernier des initiatives citoyennes, avec des pistes, compliquées comme souvent par l'administration.

Pour terminer, d'utiles adresses, et un lexique pour tenter de s'y retrouver dans le maquis des sigles où moi-même je me perds (alors, imaginer quand on ne parle pas trop le français).

jeudi 7 novembre 2019

Un monde sans rivage

Un monde sans rivage
Hélène Gaudy
Actes sud, 2019


Franchement où les jurés des prix ont-ils la tête, ils tenaient là un roman ou presque roman bourré de qualités. Mais les deux années précédentes le Goncourt était allé à Actes sud, alors ç'aurait fait désordre, une troisième fois? Mais on aurait eu une femme  lauréate, sans se forcer.

Hélène Gaudy m'avait déjà émerveillée avec Une île, une forteresse, sur un sujet difficile mais quel livre! Je luis ai fait confiance une nouvelle fois, surtout que ça rentrait dans une lubie 'Arctique'.

Bon, de quoi ça parle, au fait?

En 1926, l'italien Umberto Nobile fut le premier (avec ses accompagnateurs) à survoler le pôle nord (et le retour ne s'est pas très bien passé, on va dire). On se doute alors que l'expédition Andrée, partie en 1897 d'une île du Svalbard, en ballon, n'a pas réussi alors que son objectif était en gros le même : survoler le pôle. Incroyable de penser qu'il y a en gros un siècle il restait des zones où la main de l'homme n'avait pas mis le pied, et où l'on risquait la mort lors d'expéditions risquées. Quoique, même maintenant, la mer, par exemple, a des mystères, et la montagne des dangers...

Hélène Gaudy d'ailleurs n'hésite pas à parler de Shackleton et Léonie d'Aunet (quelle femme!) mais on s'éloigne du sujet, qui est l'expédition de Salomon August Andrée, Knut Fraenkel et Nils Strinberg, partis dans en ballon en juin 1897, et dont on n'eut plus de nouvelles jusqu'en 1930, quand on retrouva fortuitement les restes d'un campement, des ossements, le journal d'Andrée et des photos, dont celle de la couverture.

Fascinant, non? A partir de là, Hélène Gaudy raconte, imagine. Les trois hommes se sont rapidement retrouvés à marcher sur la banquise durant des semaines. S'ils ont perdus espoir, on l'ignore, le journal et les photos donnent (volontairement?) l'impression qu'ils tiennent bon. Ils continuent à observer, bien manger, en dépit d'une impréparation et d'un dilettantisme incroyables. On fête les anniversaires, on a emporté les drapeaux du pays, ah toute une époque. Nils est attendu par une fiancée, qui aura une demande incroyable après sa mort, des décennies plus tard.

J'aurais aimé avoir dans ce livre plus de photos, évoquées avec talent par l'auteur (sans doute une histoire de droits) et une carte, mais de nos jours chacun peut fouiner sur internet. Alors que nos trois explorateurs sont partis avec des pigeons voyageurs...

Il faut lire cette formidable ode à la force de l'esprit humain, son envie d'aller toujours plus loin, de découvrir l'inconnu, de tenir vaillamment.

Un lien vers cartes et photos, si on tape Expédition Andrée.

Les avis de l'Or des livres, Dominique, Maryline,

lundi 4 novembre 2019

La servante écarlate

La servante écarlate
The handmaid's tale
Margaret Atwood
Pavillons poche, R Laffont, 2015
Postface de l'auteur



Evidemment (presque) tout le monde a lu La servante écarlate (et peut-être vu la série), il semble que j'arrive après la bataille; mais on annonce une 'suite' , que j'espère lire, donc il fallait bien que je me plonge dans ce roman paru en 1985. Les 'Notes historiques' à la fin du roman semblaient pourtant clôturer l'histoire, même si le sort de Defred n'était pas si clair.

Ceci étant, il s'agit d'une relecture, sans que je puisse me souvenir de la date, bien avant internet c'est quasiment sûr. Bien avant la série, donc j'avais mes propres images en tête, et maintenant, c'est impossible...

Alors? Hé bien c'est encore une grosse claque! J'ai été épatée par la construction impeccable, ces informations, ces explications distillées peu à peu, et qui font vraiment froid dans le dos. Comment tout a basculé pour se retrouver dans ce monde oppressant...

Quelqu'un ignore-t-il encore le sujet? Si oui, lisez donc l'histoire de Defred, j'ai la flemme d'être la n-ième à la raconter.

Une lecture commune avec A girl

Pour un petit rappel aussi, voici deux photos
http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2016/05/03/femmes-de-kaboul-avant-et-apres-275891.html

jeudi 31 octobre 2019

Mur Méditerranée

Mur Méditerranée
Louis-Philippe Dalembert
Sabien Wespieser, 2019



En 2014, après avoir embarqué sur un chalutier au large de la côte libyenne, trois femmes vont connaître, avec des centaines de passagers, une traversée périlleuse de la Méditerranée. Une histoire inspirée de la tragédie d'un bateau sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte cette année là.

Dima la syrienne a fui avec sa famille Alep et ses bombardements, puis Damas, et son voyage ne s'effectue pas tout à fait dans les mêmes conditions que celui de Chochana, nigériane issue d'une communauté juive Ibo, et Semhar, chrétienne orthodoxe érythréenne, toutes deux en fond de cale. Et auparavant Chochana, quittant son village à cause d'une sécheresse persistante, et Semhar, fuyant un service militaire à durée illimitée, ont dû se plier comme les autres au bon vouloir de passeurs avides et violents.

Le roman démarre par l'embarquement, et, par des retours en arrière, raconte l'histoire de chacune de ces femmes. Bien écrit, bien découpé, vivant, clair, un poil pédagogique avec ces trois cas distincts, ces trois religions, qui parfois se rejoignent dans les textes, les chants ou les prières, mais pas trop démonstratif et larmoyant. Sur l'écriture, un langage un peu familier s'insinue sans crier gare (pourquoi piges au lieu de ans, par exemple) et Dima mère louve, une fois suffisait. Mais je chipote. Après lecture, on a compris, si ce n'est déjà fait, que derrière chaque migrant anonyme il y a une histoire et des souffrances.

Les avis de Bibliza, jostein, babelio,

lundi 28 octobre 2019

Le bonheur est dans le peu

Le bonheur est dans le peu
Ranger, trier, s'alléger, vivre autrement
Francine Jay
First Editions, 2016
Traduit par Frédérique Corre-Montagu




La Marie Kondo américaine? Ou plutôt, Miss Minimalist? Là j'ai un peu peur a priori, mais quand j'ai vu ce livre dans la boîte à livres de la bibli, je n'ai pas résisté au jeu de mots du titre. En anglais, The Joy of less, c'est moins fun, c'est sûr.

Qu'on se rassure, pas de boîtes de rangements, pas d'adieux déchirants à vos moindres possessions (ouf!) mais un poil de bon sens. L'auteur propose sa méthode Streamline, intraduisible bien sûr, et j'ai vite oublié à quoi correspondaient les S, T, etc. en français. Pour en savoir plus, là c'est expliqué http://www.seveilleretsepanouirdemaniereraisonnee.com/2016/09/biblio-le-bonheur-est-dans-le-peu-francine-jay-le-minimalisme-mis-a-l-honneur.html)(ne pas s'inquiéter de la citation-pissenlit, le livre n'en surabonde pas, ouf)

Mais comme depuis quelque temps, et sans Francine Jay, je me parle à moi-même, du genre 'as-tu vraiment besoin d'acheter ça?' ou 'vas-tu vraiment avoir besoin de ce truc qui est chez toi sans servir depuis 10 ans?' , ce livre a confirmé ma décision de ne pas me laisser envahir (heu, on me souffle dans l'oreillette que pour les livres ce n'est pas gagné) et de RANGER! J'ai (re) découvert que les surfaces planes ont horreur du vide et au cours de ma lecture j'ai commencé à leur redonner la respiration (mais ça revient). J'ai plein de projets pour nettoyer et Jeter/ Garder/ Donner, en tout cas continuer sur ma lancée (avant cette lecture). Je confirme que ça fait du bien!

L'auteur sait qu'on ne va pas y arriver d'un coup (les objets sont malins...) et surtout ne donne pas de conseils trop précis sur ce qu'on doit garder, à chacun de prendre une décision.

Alors, un livre qui fonctionne avec les déjà convaincus? Peut-être. Il se termine sur une chapitre 'mode de vie' bon pour la planète, qui confirme aussi, un poil bien optimiste mais mieux que rien (je continue à consommer agrumes, mangues et avocats)(mais fruits et légumes très locaux aussi)

Et bien sûr, ce livre va retourner dans la boîte à livres où je l'ai pris!

Des avis sur babelio