dimanche 25 septembre 2022

Les chiens de chasse


 Les chiens de chasse

Jorn Lier Horst

folio policier, 2020

Traduit par Hélène Hervieu


C'est chez Nicole avec La chambre du fils que j'ai découvert cet auteur norvégien, et voici par ailleurs ce qu'elle disait dans son billet sur Les chiens de chasse

"Du polar comme je les aime : tout dans la psychologie, sans effet de manche, sans hémoglobine, avec une progression intellectuelle que l'on suit avec plaisir en se remuant les méninges un peu paresseusement puisque les enquêteurs le font pour nous. Bref, le bouquin idéal pour un week-end de Pâques un peu frais passé en grande partie sous la couette. Avec en prime une balade sur les routes de Norvège et même un petit passage en Suède. Atmosphère nordique et rythme efficace, écrit par un ancien inspecteur de police, ceci expliquant cela."

Dans mon cas, il s'est agi de faire connaissance de  l'inspecteur Wisting au cours d'un voyage estival en train suivi de quelques jours de coupure, en ressentant du plaisir à chaque reprise de ma lecture. C'est le deuxième d'une série, mais il se lit sans encombres si on ne connaît pas le contexte familial du héros. Juste savoir que sa fille Line est journaliste et pas mauvaise pour enquêter quand elle tient un bon sujet d'article. Là son journal l'envoie sur les lieux d'un assassinat.

De son côté, son père a des ennuis avec une affaire vieille de dix-sept ans : une jeune fille enlevée avait été retrouvée morte, et l'homme arrêté pour ce crime vient de sortir de prison. Son avocat prétend que des preuves ont été falsifiées à l'époque. Comme il était responsable de l'enquête, le voilà mis à pied par sa hiérarchie. Mais il reprend le dossier pour savoir qui aurait pu à l'époque opérer ainsi, forcément il ne peut s'agir que d'un membre de la police ... Une erreur judiciaire a-t-elle été commise? L'équipe de l'époque a-t-elle foncé comme des chiens de chasse flairant une bonne proie, négligeant d'autres pistes?

Le père et la fille uniront leurs intelligences et leurs intuitions pour tirer tout cela au clair. Je n'en dis pas plus, car d'autres éléments vont intervenir, pour donner du peps à l'enquête et le trouble sur la vérité demeure fort longtemps.

Avis babelio, Tasha, Actu du noir

Voilà un bon polar selon mes goûts, et j'ai déjà emprunté un autre de la série.


Le code de Katharina

Jorn Lier Horst

Gallimard, 2021

Traduit par Céline Roman-Monnier


Quelque année plus tard, le temps pour Line d'avoir une petite fille! Cette fois apparaît Stiller, de la Kripos, chargé d'enquêter sur une ancienne histoire d'enlèvement, qui rebondit grâce aux nouvelles méthodes d'investigation. Une affaire reliée à une autre, celle de la disparition de Katharina Haugen. A l'époque le mari avait un alibi en béton et Wisting a continué à le fréquenter, partant ensemble à la pêche.

Forcé de surveiller Haugen, Wisting est gêné aux entournures, surtout que Stiller s'arrange pour que la presse ressorte la première affaire d'enlèvement.

Un roman plus tranquille, plus intime quelque part que le premier, avec l'arrivée de Stiller, plutôt manipulateur et parfois proche de la ligne du bord dans ses méthodes.

Avis babelio, Actu du noir

Ensuite j'ai mis la main et les yeux sur 


Le disparu de Larvik

Gallimard, 2020

Même traductrice


Dans cet opus Line est en fin de grossesse. Elle retrouve une de ses amies d'école, dont le grand père, en dépit de ses activités criminelles, avait su échapper à la police.

Par ailleurs Wisting, le père de Line, enquête sur un disparition, et ses découvertes l'amènent à mettre les pieds dans une autre affaire pourtant bouclée, au grand déplaisir d'un collègue.

Je ne vais pas en dire trop, je retrouve une bonne atmosphère bien fichue, un peu comme chez Connelly à Los Angeles, où le lecteur suit bien les procédures, sans insister non plus dans les détails. On peut chipoter sur la coïncidence des découvertes de Line et Wisting, mais bah, c'est le jeu de la série.

Electra a aimé, sans écrire de chronique.

Avis babelio, Tasha, Actu du noir





mardi 20 septembre 2022

La douceur de l'eau


 La douceur de l'eau

The Sweetness of Water

Nathan Harris

Philippe Rey, 2022

Traduit par Isabelle Chapman


En Géorgie, juste après la fin de la guerre de Sécession, les soldats reviennent- ou pas. Ainsi Caleb et August, qui d'ailleurs ne furent pas des héros. Les esclaves sont affranchis, ainsi Prentiss et Landry, mais leur sort n'est guère meilleur qu'avant, ils sont libres, et errent autour de la ville.

George Walker, père de Caleb, propose à Prentiss et Landry de l'aider à cultiver ses terres, contre rémunération correcte. 

Pour ma part j'ai rarement lu sur cette époque. Sans insister, l'auteur évoque les conséquences pour différentes couches de la société, et crée des personnages qu'on n'oubliera pas. Les femmes d'abord, Isabelle, Mildred et Clementine. Georges aussi, dont la décision d'engager Prentiss et Landry contribue à le mettre quasiment hors la bonne société (et il n'en a cure, d'ailleurs). Des petits détails émouvants, comme ces chaussettes.

Le rythme du roman est assez étonnant, parfois très lent en fait, et puis une accélération, un drame, se produisent, qu'on n'avait pas vu venir.

Un très beau roman.

Avis babelio, bibliosurf

L'auteur sera présent au festival America!!!

jeudi 15 septembre 2022

Mes nuits sauvages


 Mes nuits sauvages

Sylvie Pérenne

Editions Jouvence, 2022


Quant j'ai entendu parler de ce livre, chez Et si on bouquinait, ça a fait tilt chez moi! En effet j'ai une amie ayant reçu récemment un terrain et une promesse d'argent, et la voilà rêvant d'avoir une petite maison sur ce terrain, Tiny house ou pas? Je projette donc de lui offrir ce livre.

Donc, je l'ai acheté, d'où une descente en librairie de tous les dangers, et fatalement des achats non prévus, mais là je m'égare.

Alors, le livre?

Ostéopathe en Alsace, exerçant dans un cabinet (qui pourra servir de plan B), la trentaine, Sylvie se retrouve à vivre dans un camion, la nuit en pleine nature, le jour ... au boulot. Elle apprend à apprivoiser le froid et vivre dans vraiment très peu d'espace, après avoir fait le tri dans ses possessions. Une démarche qui la conduira à rêver de Tiny house, et on la suit dans la maturation du projet et le parcours administratif. Elle est tenace, passe des nuits à dormir dans la nature, le hamac accroché à un arbre, puis devant louer un appartement en attendant. Jusqu'au jour où son rêve se réalise! Les curieux, dont je suis, pourront trouver des vidéos sur internet. (ici par exemple)

Un lien qui en raconte bien plus, avec des photos.

C'est bien fluide, écrit avec soin, l'auteure est enthousiaste, lucide, honnête finalement, elle sait faire partager son émerveillement devant la nature, ses questionnements écologiques (elle reconnaît qu'elle n'est pas 100% dans les clous, mais qui l'est?), ses premiers pas dans le jardinage, bref une lecture agréable et pas idiote du tout, qui devrait faire réfléchir et peut-être donner des idées? Et puis, quelqu'un qui boit autant de thé au fil des pages ne peut être que sympathique.

Avis de cathulu

Babelio

samedi 10 septembre 2022

Bêtes de villes


 Bêtes de villes

Petit traité d'histoires naturelles au cœur des cités du monde

Nicolas Gilsoul

fayard, 2020


Le-bon-heur! Quand le fond et la forme se rejoignent, c'est le coup de cœur assuré!

Pour faire vite, disons que Nicolas Gilsoul est architecte (ainsi que paysagiste et docteur en sciences à l'Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement à Paris, et j'en passe). Le versant architecte de son CV lui permet d'offrir une vision originale des relations entre bestioles et humains.

De courts chapitres, chacun consacré à une bestiole devant cohabiter avec les humains, proposent des solutions quand ça ne se passe pas trop bien, quitte à déplorer le comportement desdits humains, ou à s'amuser de l'adaptation des bestioles. Beaucoup d'informations, et surtout présentées avec pas mal d'ironie sous-jacente ont rendu cette lecture un vrai plaisir!

A Berlin, 35 000 sangliers dans les parcs. "En France, ils préfèrent jouer au golf. Avec le changement climatique et les sécheresses que subit notre pays, les golfs restent des havres de fraîcheur. Un arrosage abondant sur une pelouse désormais traitée sans pesticides dans les golfs municipaux convoque des vers de terre bien gras et 100% bio."

Manitoba, "à l'automne, les ours polaires envahissent les rues."(...) Les habitants ont même pris l'habitude de laisser les portières des voitures stationnées ouvertes pour permettre aux passants de se réfugier en cas de rencontre trop impressionnante."

Ces ours sont trop forts! En Suède, interdit de tirer sur une ourse accompagnée de ses petits. On constate que cette période est passée de 6 mois en moyenne à bien plus! "Le congé maternité prolongé augmente ainsi la survie de l'espèce".

Quant aux oiseaux, l'idée est de leur éviter les surfaces vitrées des hauts immeubles, mais ce n'est pas encore gagné.  Cependant "les études d'impact préalables pour bâtir nos châteaux de verre doivent aujourd'hui prendre en compte les couloirs migrateurs."

Que faire de toute la terre creusée par les tunneliers? L'auteur suggère de "faire un stage chez trois maîtres terrassiers : Blaireau, Termite et Wombat."

Quant à la bernache, elle gêne pas mal... Surtout aux abords des aéroports. On va jusqu'à dresser un border collie à imiter la démarche d'un coyote pour les effrayer. Ou rendre plus lisses les façades des aéroports. "Fini les façades à perchoirs et les renfoncements pour nidifier tranquillement."

Rendez-vous en ville proposé par Inganmic et Athalie

Plein d'idées lecture sur le sujet ou autour.

lundi 5 septembre 2022

Voyage à Nantes : petits détails

 Nantes n'était pas l'objectif du voyage, juste une escale. Mais l'occasion de flâner. La cathédrale ne se visite pas (mais j'y suis entrée plusieurs fois au cours d'années passées) et en tournant dans une ruelle je découvre un jardin (public) où se dresse un arbre magnifique (le muret mesure dans les 1,30 m, ça donne une idée de la taille)

Mais je repère à hauteur  dans un vieux mur
Une enquête s'impose. Dérangé par deux promeneurs de chiens, voici enfin le destinataire de ces bons soins.
Plus loin, on laisse les 'mauvaises herbes' s'exprimer librement



avec un peu d'aide parfois.
Petit amusement personnel : dans quelle rue me trouvais-je?
Forcément :
Tiens, ça irait bien dans le Rendez-vous en ville proposé par Inganmic et Athalie
Ce n'est pas une lecture, mais ça pourrait annoncer le Rendez-vous!

Plein d'idées lecture sur le sujet ou autour.


jeudi 1 septembre 2022

Tout le bleu du ciel


 Tout le bleu du ciel

Melissa Da Costa

Livre de poche, 2021


Il paraît que ce roman est fort connu, mais j'avoue que sans une amie qui venait de le lire et m'en parlait avec enthousiasme, je ne me serais pas lancée dans une lecture qui me sort de ma zone de confort (oui, vous savez, les récits de voyage, la nature -en péril-, et diverses bestioles -en péril-, sans parler des romans barrés). Pour pouvoir partager ensuite, il me fallait le lire et puis, heu, 838 pages, c'est tout bon pour le pavé de l'été chez Brize!

Challenge pavé de l'été chez Brize

Arrivée (péniblement) au tiers, j'ai découvert l'avis de Manou  , qui raconte tellement bien que je n'ai plus guère envie de trop détailler. je précise que l'écriture de Manou est (à mon goût) bien meilleure que celle de Mélissa da Costa, elle aurait sa chance si elle se lançait, je dis ça je dis rien.

Donc je devais m'efforcer de lire le roman, pour la découverte, quoi.

Les gens, j'ai peiné. L'écriture en sujet verbe complément c'est dur. Au fil du temps, cela a un peu changé. Il y a eu aussi un habile chassé croisé passé et présent dans la narration qui donnait un peu de peps. Je reconnais aussi que l'auteure n'est pas tombée dans le pathos.

Mais pfou, que c'est long! Quand un événement est abordé à un moment, puis repris détaillé plus tard, quand tout ou presque est gentillet et prévisible, même si dramatique parfois! hé bien j'avoue développer  la lecture rapide.

Voilà, désolée pour les avis ultra positifs, mais je suis passée un peu à côté. (Comment ça tu n'as pas été émue? OK, j'ai eu mes petites larmes, mais complètement à la fin)

L'histoire? Là au moins c'est original. Emile, 26 ans, commence un Alzheimer précoce, il a deux ans maximum à vivre. Refusant un traitement qui ne fonctionnera pas et l'obligera à terminer ses jours en hôpital, refusant que sa famille voie son état se dégrader, il décide de partir en minivan, tout en cherchant un compagnon de voyage, et ce sera Joanne, qui a un passé douloureux aussi. 

Aaaah si ça avait été moins long, écrit avec plus de peps, j'aurais mieux adhéré.

Un tas d'avis Babelio, certains sévères, je suis moins seule! Celui de Philippe

Est-ce du feel good? Pour moi, non. 

lundi 29 août 2022

Voyager avec Theroux

 Encore une fois je voyage sur les traces de Paul Theroux. Peu de trains, mais des modes de transport différents.

Les îles heureuses d'Océanie

Le Pacifique à la pagaie

Paul Theroux

Grasset, 1993

L'auteur ne voyage pas toujours en train (sauf là à l'intérieur de l'Australie), et le voilà en kayak (pliable). Non, il ne refait pas les voyages des Polynésiens à travers le Pacifique, peuplant il y a des siècles divers archipels séparés de centaines voire milliers de kilomètres, il se contente de justement arriver sur une île ou un groupe d'îles, par bateau ou avion, et ensuite d'explorer au maximum, campant si possible et usant du kayak.

Une cinquantaine d'îles de tailles diverses, de l'Australie à Hawaï, en passant par Tahiti, les Marquises (les français en prennent pour leur grade!), l'île de Pâques; peu d'archipels lui échappent. Toujours des rencontres, un ton souvent moqueur mais qui sait se faire sérieux. Une lecture idéale pour se dépayser. Le voyage s'est déroulé en 1991, en pleine guerre du Golfe, je le précise car bien des habitants fort éloignés du conflit demandaient des nouvelles!

Un récit fort complet, instructif et agréable à lire. Varié, sans lassitude du lecteur.

Babelio : une critique

Merci wiki pour cette carte fascinante
https://fr.wikipedia.org/wiki/Oc%C3%A9anie

J'ai donc continué  sans enchaîner cependant avec : 


Safari noir

Du Caire au Cap en passant par les terres

Paul Theroux

Grasset, 2004

Traduit par Dominique Peters


Ayant séjourné au Kenya, Ouganda et Malawi dans les années soixante, Paul Theroux, plein de nostalgie, veut y retourner, mais lors d’une grande descente nord sud de toute l'Afrique de l'est, accomplie en 2001. Comme d'habitude, il voyage seul, avec les moyens de transport locaux, felouque, ferry, train, camion, etc., en vêtements usagés, rien de tape-à-l'œil. 

Dès l'Egypte

"J'étais parti des rives de la Méditerranée et, par les Colonnes d'Hercule, peu à peu je pénétrais plus profondément en Afrique. Le voyage est une transition; au mieux, c'est un départ de chez soi et une avancée. Je déteste être parachuté quelque part. J'ai besoin de relier les lieux les uns aux autres. Un des problèmes que je rencontre en voyage, c'est la facilité avec laquelle une personne peut être transportée si vite du familier à l'étrange, avec laquelle, disons, le cadre new-yorkais qui quitte son bureau se retrouve d'un coup d'ailes le lendemain en Afrique pour observer les gorilles. C'est juste un moyen de se sentir étranger. L'autre manière, la lenteur, la traversée des frontières nationales, le frôlement des barbelés, sac sur le dos et passeport à la main est le meilleur moyen de se souvenir qu'il y a une relation entre 'ici' et' là-bas', qu'un récit de voyage, c'est l'histoire de' là-bas' et retour."

Quelque part, sur une route dangereuse, dans un véhicule hors d'âge. Au sujet de voleurs de grands chemins:

"Ils ne veulent pas ta vie, ils veulent tes chaussures. (...). Bien des fois, après cela,  au cours de mes errances africaines, je me suis murmuré ces mots, épitaphe du sous-développement, le désespoir en une simple phrase. A quoi leur sert ta vie? A rien. Mais tes chaussures - ah c'est une autre affaire! Elles valent quelque chose, bien plus que ta montre (ils ont le soleil) ou ton stylo (ils sont illettrés) ou ton sac (ils n'ont rien à mettre dedans). C'étaient des hommes qui avaient besoin de chaussures, parce qu'ils étaient toujours en marche."

L'un des plus beaux chapitres est le 15, le passage intéressant pages 346 et 347, où il revient à l'endroit où des années auparavant il avait enseigné. Las, tout a changé, l'école est délabrée. Une occasion de regarder cet endroit qui a influencé le cours de sa vie, et de mettre le doigt sur l'inutilité (voire pire) de l'aide extérieure) en Afrique.

Son projet était de terminer au Cap, mission accomplie. Après le Zimbabwe, le Mozambique, et l'Afrique du sud bien sûr. Une vision désenchantée de l'Afrique urbaine, avec plus d'espoir pour les campagnes.

A mon avis un des meilleurs opus de l'auteur.

Il a fortement aimé la gare de Maputo (Gustave Eiffel y a mis sa patte) et j'avoue que...

(voir le lien)

Babelio : une critique

mardi 23 août 2022

Le Chomor


 Le Chomor

Manuel des joueurs

Martin Mongin

Tusitala, 2022


Comme je n'avais pas oublié ma lecture de Francis Rissin, j'ai sauté en librairie sur Le Chomor (il y a des témoins) et englouti vite fait les 594 pages annoncées.

Comment en parler? Des trucs comme cela, on n'en lit pas tous les jours. Tout démarre avec Val, qui, en vacances avec ses parents sur la côte bretonne, fait connaissance de cousins, des jumelles et Efflamm, et un jour celui-ci disparaît totalement et mystérieusement. L'on passe à Lausanne, étudiante à Rennes, embarquée dans une aventure étrange (un message aux extra-terrestres, vraiment? demander l'aide de Bruce Willis? ) . Puis voici des jumelles cherchant à s'échapper d'un univers inquiétant.  Puis l'on découvre La grande traque, "déconcertant jeu de piste". Un site d'enfouissement de déchets nucléaires (ah le discours du directeur!). Puis un départ vers les étoiles (Elon Musk, oui). Un jeu dont on est le héros, ou plutôt la maire de Rennes, ville vraiment chamboulée. Et toujours de mystérieuses destructions,  un poil d'écoterrorisme? (sortez vos clés à molette!) Et puis ça continue, le lecteur essaie de relier les fils, il s'est quand même bien fait balader, pour son plus grand plaisir.

Une drôle d'expérience, qui m'a fait toucher à des genres que j'évite d'ordinaire. Un poil d'imaginaire, de fantastique même, je dirais plus simplement du 'pas possible' mais entraînant et irrésistible. L'impression d'être dans un autre univers, avec du flou, un changement climatique bien avancé (encore plus avancé, quoi), un mystérieux ennemi, un monstre, des poursuites, un beau final maritime genre film de pirates et île au trésor.

C'est quand même du bonheur, un auteur avec tant d'imagination!

Forcément lu par Nicole

Avis babelio

Challenge pavé de l'été chez Brize

samedi 20 août 2022

Le Grand Monde


 Le Grand Monde

Pierre Lemaître

Calmann Levy, 2022


Ce  roman de la rentrée de janvier, premier d'une trilogie intitulée Les années glorieuses, je savais que je ne mettrais pas la main dessus aisément. Comme j'avais quand même d'autres livres  à lire (pas vous?) je n'ai pas eu à piétiner d'impatience, juste être là quand il était de retour à la bibli. Mon verdict? Mission accomplie pour l'auteur, encore un brave gros roman d'environ 575 pages (j'ai rendu le livre à la bibli, mais ça dépasse largement les 550 pages - 592 pages lis-je sur internet) qui se lit tout seul et me permet d'ajouter un pavé au

Challenge pavé de l'été chez Brize

Départ pour Beyrouth Saïgon Paris en 1948

Avec la famille Pelletier, prenons le père, Louis, propriétaire d'une grosse entreprise de savons à Beyrouth, marié à Angèle, a priori épouse tranquille et dévouée, mais elle réservera des surprises au lecteur.

Les enfants? L'aîné, Jean, surnommé Bouboule, sous la coupe de sa femme Geneviève, elle est un de ces personnages qu'on aime détester et qui en rajoutera toujours une couche dans la mauvaiseté, pour le plus grand plaisir du lecteur, si! Plaindre Bouboule? Pas forcément, car ce type a des secrets.

François, lui, veut percer dans le journalisme, n'hésitant pas à mettre son pied dans l'ouverture de la porte (c'est une image). Etienne, ah Etienne, magnifique, allant s'installer à Saïgon pour retrouver son beau légionnaire Raymond. Et pour terminer Hélène, la petite dernière, vingt ans à peine.

Alors, l'ambiance poisseuse de Saïgon, les horreurs de la guerre avec le Viet-Minh (lecteur, accroche-toi) , les arrangements pour se faire de l'argent sur le dos de l'état, oui, ça tripatouille à fond, quelle galerie de personnages bien croqués.  Sans oublier le chat Joseph (lui va s'en tirer).

Un clin d'oeil rapide quand on croise un personnage de la trilogie précédente... voire plus. Mais chut.

La fin laisse quand même le lecteur avec des réponses, mais pas toutes. Tiens, par exemple, Nine, on aimerait en savoir plus. Et le père du futur enfant, parce que, quand même. L'affaire des piastres est bien réelle, Lemaître l'utilisera-t-il encore ? Y a-t-il des photos intéressantes encore à développer dans l'appareil d'Etienne? Et puis et puis, la famille Pelletier, on veut la suite!!! Bref, voici un bon roman populaire, qui ne révolutionnera pas la littérature mondiale, mais franchement c'est efficace, souvent amusant, ironique, un poil 'de trop', mais on en redemande.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_piastres#/media/Fichier:French_Indochina_Piastre_1885.jpg

Beaucoup d'avis, bien sûr... babelio, bibliosurf, la petite liste, delphine olympe, aleslire, brize, eve


lundi 8 août 2022

87ème district Volume 3


 87è District 3

Ed McBain

Omnibus, 2004

(image https://www.leslibraires.fr/livre/755650-87e-district-3-87eme-district-tome-3-ed-mc-bain-omnibus)


Bon, il existe deux sortes de lecteurs, ceux qui ont lu les enquêtes du 87ème ... et les autres. Pour ceux qui en ignorent tout, se reporter à mon billet sur le Volume 2, où j'espérais lire le 3, hum , dans un délai déjà bien dépassé. Pas grave, car  ces enquêtes, c'est comme des bonbons addictifs, mais ne se périmant pas.

J'avoue que depuis j'ai mis la main sur quatre autres volumes (yes!). 

Parlons du 3. Paru chez Omnibus, avec comme traducteurs, Chantal Wourgaft, G. Louedec, Jacques Martinache, Rosine Fitzgrald (et Pierre de Laubie), Jane Fillon, André Bénat,  et comprenant plusieurs titres. J'ai lu les trois premiers il y a un certain temps mais il en restait cinq, donc cela me permettra de participer largement  à la trilogie de l'été chez Philippe

Ces histoires se déroulent au début des années soixante, dans la ville fictive d'Isola, et font la part belle à des enquêtes du 87è district, particulièrement celles aux mains de Steve Carella. Les fans dont je suis les lisent dans l'ordre chronologique, non que McBain ne dévoile trop sur les précédents romans, mais on se sent comme dans une histoire de famille, avec l'évolution des personnages.

Chaque fois je suis épatée par la facilité avec laquelle on entre dans chaque histoire, le ton particulier, l'humour sensible particulièrement dans les dialogues, mais aussi l'émotion qui point, sans parler des informations sur la vie d'une brigade et la loi à respecter.

Allons y pour les détails

Dix plus un

Un tireur posté en hauteur abat des personnes n'ayant absolument rien en commun, un canardeur fou? c'est la crainte de la police. Bien sûr elle va trouver les liens et attrapera de justesse le coupable.

La hache

Sans entrer dans les détails, un crime sanglant et sordide.

Entre deux chaises

Certains n'aiment pas, et j'accepte qu'on soit déconcerté. Les policiers demeurent en retrait, des seconds rôles. Alors qu'un jeune homme hésite tout le long du roman à rencontrer un inspecteur car il a quelque chose à dire, mais toujours quelque chose à faire avant. Mais que veut-il déclarer? Et le fera-t-il?

Cause toujours, ma poupée

Alors là un événement au milieu du roman m'a coupé le souffle, bien sûr que ce n'était pas possible, mais...

80 millions de voyeurs

Un artiste meurt en direct à la télévision, suicide ou assassinat? Une seconde intrigue sans rapport avec la première existe aussi, un type violent faisant une fixation sur une jeune fille (rencontrée dans Dix plus un).

Voyons plus loin, un quatrième volume pourrait être lu en 2023?

lundi 1 août 2022

Fille, femme, autre


 Fille, femme, autre

Bernardine Evaristo

Globe, 2020

Man Booker Prize 2019

Traduit par Françoise Adelstain


C'est la lecture de billets sur Mr Loverman (de la même auteure, plus récemment paru en France) qui m'a poussée à enfin lire Fille, femme, autre... A première vue, un texte que j'aurais dû abandonner fissa, le genre retour fréquent à la ligne, pas de majuscules, pas de points.

Et puis...en un paragraphe j'étais happée là-dedans, tenue par cette énergie se dégageant du texte, non dénuée d'ironie, sachant respecter les personnages.

Les personnages? Quasiment tous féminins, aux origines mélangées, tout comme l'auteure d'ailleurs, en tout cas ce sont douze femmes qui interviennent l'une après l'autre, au fil du temps sans trop de chronologie, liées par leur vie ou à leur insu, des femmes qui ont dû lutter pour se faire entendre et refuser le destin qui leur était promis.

Bref, un chouette roman qui m'a enthousiasmée (comme quoi il ne faut pas se laisser impressionner par une première vision, et donc un jour je lirai peut-être certains romans dont la présentation m'attire peu) et que je vous invite à lire aussi!

Des avis babelio, et beaucoup de billets... motspourmots, eva, pages versicolores, kathel, sylire, antigone, bibliosurf, lanuitjemens

lundi 25 juillet 2022

Une histoire du monde sans sortir de chez moi


 Une histoire du monde sans sortir de chez moi

A short history of private life

Bill Bryson

Lu en Petite bibliothèque Payot, poche 2015

 plus de 550 pages, de la page 15 à 628


Bill Bryson a son rond de serviette dans ce blog, et sa propension à écrire des livres plein d'humour qui coulent tout seuls, sans oublier érudition et intelligence, en fait un candidat idéal pour le pavé de l'été (et un livre de moins dans la PAL)

Propriétaire d'un ancien presbytère dans le Norfolk, le voilà s'intéressant aux pièces dudit, sans oublier le jardin; contrairement à ce que laisse penser le titre, ses recherches conduisent le lecteur fort loin dans le passé et ce vaste monde... 

Prenons la cuisine

"Les homards étaient si nombreux le long des côtes britanniques qu'on en donnait aux prisonniers, aux orphelins,  ou qu'on les broyait pour en faire de l'engrais. Les domestiques demandaient à leurs employeurs l'assurance écrite qu'on ne leur en servirait pas plus de deux fois par semaine."

L'arrière-cuisine et le cellier : la dure vie des domestiques

Le salon : les célèbres meubles Chippendale ont été tellement demandés qu'il sera impossible d'avoir exactement  les mêmes, car fabriqués avec une variété d'acajou irrémédiablement disparue. 

A partir des simples poivrier et salière vient l'occasion de découvrir toutes sortes d'épices, leur provenance, leur quête, que d'aventures! (oui, on sort du presbytère)

La cave : on en apprend plein sur les briques!

Le couloir : où j'apprends en passant qu'Eiffel a imaginé la charpente de la statue de la Liberté. Quant au domaine de Biltmore, j'en suis baba, oui, elle ressemble (un peu) à un château de la Loire- "en plus grandiose, bien entendu, et avec des sanitaires plus convenables." (voir ci-dessous, en effet...)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Domaine_Biltmore#/media/Fichier:Biltmore_Estate.jpg
Le bureau : "la tapette à souris. Celle-ci fait partie -au même titre que le trombone, la fermeture Eclair et l'épingle de nourrice- des nombreux objets utiles qui furent inventés à la fin du 19ème siècle  et qui étaient d'emblée si proches de la perfection que c'est à peine si on les a améliorés depuis."

Je m'en voudrais de laisser croire qu'il ne s'agit que d'un recueil d'anecdotes plaisantes, c'est absolument passionnant et agréable à lire, ce qui n'est pas si aisé à réussir en fait, et j'ai aimé qu'à la fin l'auteur s'interroge sur les conséquences de l'activité humaine, même si on connaît, cela ne fait pas de mal de se l'entendre répéter.

Avis babelio

Challenge pavé de l'été chez Brize

lundi 18 juillet 2022

Le passage du canyon


 Le passage du canyon

Canyon passage, 1945

Ernest Haycox

Actes sud, 2015

Traduit par Jean Esch

Postface de B. Tavernier (surtout à propos du film, d’ailleurs) 


Quand je découvre un auteur, et l'aime, je continue à le découvrir, et au risque de lasser, après Les pionniers, voici encore une occasion de séjourner dans l'ouest (le vrai), à savoir cette fois l'Oregon, vers 1850. Les chariots ne roulent plus, mais des convois de mules convoient les marchandises d'un endroit à un autre; l'or des chercheurs, peut sortir d'un coffre, être perdu au jeu, ou voyager avec un cavalier, au risque d'attirer les convoitises. Les indiens, ici les Rogues, sont censés être en paix, mais censés seulement, et ils peuvent attaquer les fermiers établis sur leurs terres (celles des indiens, quoi). 

Haycox a vraiment le chic pour imaginer des personnages humains, pas parfaits, crédibles, et indiquer clairement leur mode de vie sans détailler inutilement, s'intéressant à des moments clés, laissant le lecteur deviner quelques péripéties. Quels personnages? Deux amis, Logan Stuart et Georges Camrose, ce dernier dont les faiblesses le perdront, et fiancé à Lucy dont Logan est amoureux. Argh, quoi. Un vrai méchant aussi, Bragg , qui vaudra une bien belle bagarre de saloon. Je termine par les deux jeunes femmes, Lucy et Caroline,  et comme dans Les pionniers, ce sont des personnages déterminés, solides, pas juste dans le décor!

Le premier paragraphe: on est tout de suite dans l'affaire, tous les sens dont concernés,  non?

"Dès qu'il fut arrivé à Portland, Logan Stuart laissa son cheval à l'écurie d'Oak Street et rebroussa chemin dans Front Street en direction du bureau de messagerie exprès. Un vent violent du sud-ouest faisait rouler des nuages noirs au-dessus de la ville et les gouttes gonflées d'une pluie cinglante formaient un écran argenté et oblique autour de lui, ridant la boue liquide des rues et exécutant une danse cristalline sur les toits brillants. Les trottoirs de planches aux intersections étaient à moitié immergés et s'enfonçaient sous son poids. A 14 heures, un jour comme celui-ci, les lampes à pétrole scintillaient déjà à travers les carreaux ruisselants, et l'odeur qui émanait des saloons devant lesquels il passait était un mélange chaud et puissant de tabac, de whisky et de vêtements de laine trempés."

Avis babelio

jeudi 14 juillet 2022

Je suis une fille sans histoire


 Je suis une fille sans histoire

Alice Zeniter

L'Arche, 2021

Des écrits pour la parole


J'ai lu dévoré ce texte d'un seul souffle, sentant fréquemment mes neurones grésiller (expression que je dois à Nicole (pour d'autres écrits, peu importe). Vous savez, l'impression de découvrir ou redécouvrir des notions complexes et de les comprendre! Tout en sachant hélas que je vais rapidement être incapable de bien expliquer, mais en attendant, quel bonheur! Alice Zeniter sait expliquer avec des images, beaucoup d'humour et de vivacité. Ah cette sensation de se sentir plus intelligent! (pour un moment ^_^)

"Dans la Théorie de la fiction-panier, l'autrice américaine Ursula Le Guin se demande comment notre civilisation de chasseurs-cueilleurs a pu devenir le berceau de récits qui ne parlent que de chasseurs." p14

Eco : "Par définition , des textes de fiction parlent clairement de personnes et d'événements non existants. Donc, une assertion fictionnelle devrait toujours dire ce qui n'est pas existant et pourtant nous ne considérons pas ces assertions fictionnelles comme des mensonges." (on va même jusqu'à pleurer sur la mort d'un personnage)

Voilà, fiction, le mot est clair, et Zeniter passionnante. Il faut lire sa présentation théâtrale de la poétique d'Aristote, ses coups de griffes féministes, ses notes de bas de page hilarantes...

Oups numéro 1 : je constate en relisant mon billet qu'on ne sait même pas de quoi ça parle... Comme je suis sympa, je copie colle ce qu'en dit l'éditeur: 

« Une bonne histoire, aujourd’hui encore, c’est souvent l’histoire d’un mec qui fait des trucs. Et si ça peut être un peu violent, si ça peut inclure de la viande, une carabine et des lances, c’est mieux... »

Mais quelle place accorde-t-on dans ces histoires aux personnages féminins et à la représentation de leur corps ? Alice Zeniter déconstruit le modèle du héros et révèle la manière dont on façonne les grands récits depuis l’Antiquité. De la littérature au discours politique, elle nous raconte avec humour et lucidité les rouages de la fabrique des histoires et le pouvoir de la fiction.

Oups numéro 2 : ce bouquin est totalement le genre qu'affectionne cathulu! Je trouve bien sûr son billet.

Avis babelio

lundi 11 juillet 2022

Un voisin trop discret

 


Un voisin trop discret

Parallax

Iain Levison

Liana Levi, 2021

Traduit par Fanchita Gonzalez Batlle


Dans l'immeuble de Jim, à Seattle, viennent d'emménager Corina et son fils. Ailleurs, Kyle fait à son flirt de jeunesse Madison une drôle de proposition, qui devrait les avantager tous les deux. En Afghanistan un guetteur et un sniper sont chargés d'éliminer des afghans planqués dans des villages reculés.

Au fur et à mesure les liens entre ces différents personnages se révèlent, jusqu'à la fin. C'est ciselé, mené de main de maître, sans insister l'auteur laisse deviner le futur de chacun. Avant cela, bien des scènes à suspense, des morts, et une vision de l'Amérique, non sans ironie. Encore une fois Iain Levison réussit son coup!

Un billet court, qui vous gagnera du temps, à utiliser pour vous précipiter sur ce livre!

Avis babelio, alex, bibliosurf

jeudi 7 juillet 2022

Des poissons dans le désert


 Des poissons dans le désert

Quand l'homme répare la nature

Elisabeth Kolbert

Buchet Chastel, 2022

Traduit par Hélène Borraz


Au fil du temps l'homme s'est senti maître de la nature sur notre unique planète et s'en est donné à cœur joie. C'est bien connu, et l'intérêt de ce livre n'est pas de raconter ce qu'on sait tous, mais d'exposer quelques exemples de réparation des dégâts (après lecture, il est bien possible que je sois pleine d'ironie dubitative au sujet desdites tentatives de réparation...).

Direction les grands lacs, où creuser un canal il y a un bout de temps histoire de déverser des eaux usées a conduit à rendre les bassins versants de ces lacs et du Mississipi un poil trop communicants. Dorénavant les eaux sont plus propres, mais celles du Mississipi  accueillant de grandes carpes venues d'Asie (devinez qui les a introduites?), il y a risque que ces poissons ne viennent déséquilibrer la faune et la flore des lacs. La solution pour l'instant : on électrifie une rivière.

Passons en Louisiane : le delta du Mississipi est vivant, les bras ne demandent qu'à bouger, le limon qu'à se déposer, les terres qu'à être immergées au fil du temps. De nos jours existent des digues immenses, solides (on l'espère). "Mais plus on pompe de l'eau, plus vite s'affaisse la ville. Et plus elle s'enfonce, plus il faut pomper."

Les poissons dans le désert du titre sont eux surveillés par les chercheurs et la petite centaine existant encore survit dans une grotte dont on ignore la profondeur (elle est sensible aux marées, alors que située dans le Nevada, incroyable!) et dans une grotte artificielle crée pour elle. Il faut dire que les essais nucléaires menés dans ce coin n'avaient pas trop arrangé les choses, à un moment.

Quant à la grande barrière de corail, l'idée est de s'arranger pour que le corail devienne plus résistant à l'élévation de la température de l'eau, en sélectionnant les organismes les plus costauds.

(Rappel : l'Australie et ses mines de charbon, acheminé en passant vraiment pas loin du récif.)

Restons en Australie, là c'est le crapaud buffle qui pose problème. Bien évidemment, ce n'est pas une espèce indigène. "Si la carpe pose problème aux Etats-Unis, c'est que rien ne la mange, tandis que le crapaud buffle représente une menace en Australie parce que tout le mange." Il empoisonne ses prédateurs, quoi. L'idée est de changer quelques gênes de la bestiole pour la rendre non consommable mais pas toxique. Le remède sera-t-il pire que le mal?

On termine avec encore une  belle idée pour se débarrasser du dioxyde de carbone. Le piéger en sous sol profond? Autre idée pour lutter contre le réchauffement : imiter la nature qui après une explosion de volcan bien costaude envoie des particules et cause un climat plus frais comme en 1815/1816 sur toute la planète après l'éruption du Tambura? je passe les détails, l'imagination humaine est fertile (trop, souvent).

Babelio : un avis, mais 5 étoiles!

lundi 4 juillet 2022

Une deux trois


 Une deux trois

Shalosh

Dror Mishani

Gallimard, 2020

Traduit par Laurence Sendrowicz


Un même homme, l'avocat Guil fait connaissance d'Orna sur un site de rencontres, s'intéresse à Emilia une réfugiée lettonne un peu paumée qui s'est occupée du père de Guil, pour finir par la troisième, Ella, cette fois repérée à travailler dans un café.

A chacune il raconte en gros la même histoire, pour les entraîner jusque là où c'était programmé, pas à pas, tranquillement. Le lecteur s'attache à Orna, en plein bouleversement post-divorce, et mère poule de son fils assez fragilisé. Emilia est quelque peu mystique, Ella semble plus assurée, mais...

Franchement c'est bien fichu, j'ai lu ce roman en une demi-journée. la première partie est narrée au passé, la deuxième au présent, et la dernière, au futur. Voilà qui est remarquable. Pour l'enquête policière, il faudra attendre la dernière partie.

 Où l'on apprend aussi qu'un israélien peut obtenir une double nationalité selon son origine familiale, ainsi que le système d'aide aux personnes âgées, faisant bien appel à des étrangers.

Pour ce que j'en sais, il n'y a pas de vouvoiement en hébreu, mais à un moment on passe du vous au tu quand par exemple Orna et Guil se connaissent un peu mieux, et c'est signalé dans le texte. Il serait intéressant de savoir s'il s'agit d'une intervention de la traductrice?

Avis babelio, kathel, miriam

De l'auteur j'avais lu Une disparition inquiétante, le premier de la série avec l'inspecteur Avraham. Pas de billet, en fait, l'impression de flou et d'un manque de quelque chose, alors, après ma réussite avec Une deux trois, que je recommande, je voulais revoir cet Avraham.


Les doutes d'Avraham

Seuil, 2016, même traductrice

Désormais il est le chef, et il doit gérer sa première enquête criminelle en tant que responsable. Cela cahote, cela tiraille, chacun défend sa piste. Il s'agit d'une femme assassinée chez elle.

En parallèle on suit l'histoire d'une famille où la femme s'interroge sur le comportement de son mari.

Une bonne histoire intéressante, une bonne idée de départ, mais les tergiversations, les imaginations, les questionnements intérieurs, les dialogues interrompus  (d'accord, comme dans la vie), bref une façon de mener la narration, a fini par me lasser, m'embrouiller et finalement me laisser indifférente aux personnages et leurs mobiles. 

Avis babelio, kathel

jeudi 30 juin 2022

La force des femmes


 La force des femmes

Puiser dans la résilience pour réparer le monde

Denis Mukwege

Gallimard, 2021

Traduit par Marie Chuvin et Laetitia Devaux


Né en 1955 dans une famille de l'est du Congo, une zone proche du Rwanda, Burundi et Ouganda, le docteur Denis Mukwege a voulu rester dans son pays (après une formation en France), là où les besoins en gynécologie obstétrique étaient criants. Le taux de mortalité maternelle y est effarant. 

"Aujourd'hui seuls deux pays au monde ne prévoient pas une forme de congé payé pour la mère. Il s'agit en premier lieu de la Papouasie Nouvelle Guinée, et des Etats-Unis." Le président actuel a un plan. Mais Noires et Latino-Américaines sont mal loties sur ce plan.

On le constate assez rapidement, le récit de l'auteur, dans sa biographie complète et passionnante, prend de la hauteur et s'intéresse aux femmes en général de part le monde.

Dès les années 90, les conflits dans la région s'étendent et là encore les principales victimes sont les femmes, souvent extrêmement jeunes. Enlèvements, viols, les détails sont écœurants, nécessaires mais pas étalés inutilement. Gynécologue chirurgien, le docteur répare les femmes, physiquement lorsque c'est encore possible, psychiquement mais pas toujours,  leur force est immense. On sent sa grande admiration pour ces femmes.

En cherchant les causes (en effet, pourquoi dans cette zone du pays et pas à côté?)

"La carte que nous avons produite, qui superposait les zones avec des taux de viol élevés et les zones d'extraction, montrait de façon frappante le lien entre violences sexuelles et lutte pour le contrôle des minerais, métaux et diamants."

On le sait, le Congo est dit un "scandale géologique", dont profite peu le peuple congolais. Pour ceux qui ignoreraient les grandes lignes de l'histoire congolaise, on retrouve en résumé ce que j'avais lu dans Congo de David van Reybrouk.

Denis Mukwege lutte donc à son niveau pour que ça change, rencontrant des communautés, essayant de faire évoluer certaines mentalités misogynes. Pour cela, il donne quelques idées, particulièrement dans l'éducation des garçons.

Le problème de la violence à l'égard des femmes et des viols de masse lors des conflits ne se limite pas au Congo. Nadia Murad, jeune femme Yézidi, a reçu en 2018 le pris Nobel de la paix, avec le docteur Mukwege.

En conclusion, disons que ce livre est à lire, j'ai été bousculée bien sûr, mais des lueurs d'espoir existent, tant qu'il y aura des gens comme ce docteur et ses collaborateurs au Congo.

Avis babelio

lundi 27 juin 2022

Les amoureux de Sylvia


 Les amoureux de Sylvia

Sylvia's lovers, 1863

Elisabeth Gaskell

Fayard, 2012

Traduit par Françoise du Sorbier


Un bon gros roman victorien, oui, ça faisait longtemps! Celui-ci se déroule dans une petite ville au bord de la mer, Monkshaven, dans les dernières années du 18ème siècle, quand l'ennemi (héréditaire) était la France (et Bonaparte!). La marine anglaise a besoin d'hommes pour la guerre, usant parfois de méthodes brutales pour les enrôler, enlevant donc contre leur gré des marins de la région côtière. Ce contexte va avoir son importance lors de plusieurs épisodes du roman.

Fille unique d'un couple de fermiers près de Monkshaven, Sylvia n'a au début guère de soucis plus importants que de choisir la couleur d'un tissu acheté à la boutique des Foster. Boutique où travaille l'assez terne Philip, amoureux transi et cousin de Sylvia. Mais celle-ci se laisse prendre au charme de Kinraid, marin, harponneur sur un bateau chasseur de baleines jusqu'au Groenland.

Il m'a fallu tout de même quelques pages pour sentir l'histoire décoller, car Gaskell prend son temps pour planter le décor et immerger le lecteur (de son temps, de notre temps) dans l'ambiance rurale. Les personnages autour du trio principal se dessinent bien. Dont ceux d'amoureux timides, tels Hester à l'égard de Philip.

L'assez frivole et insouciante Sylvia va devoir évoluer suite à des drames dans sa vie, que le lecteur découvrira. Arrivée aux deux tiers du roman, je pensais d'ailleurs que c'était plié, sans surprises, mais je me trompais, il restait encore des événements à découvrir, jusqu'à une fin haletante, quoique un poil  mélodramatique.

Ce n'est pas le roman le plus connu d'Elisabeth Gaskell, mais sans doute le plus triste ou noir.

Avis babelio, Agnès

jeudi 23 juin 2022

Les vaisseaux du temps


 Les vaisseaux du temps

The time ships

Stephen Baxter

Robert Laffont, poche2003

Traduit par Bernard Sigaud


Stephen Baxter, à lire Wikipédia, est professeur de Mathématiques, de Physique et d'Informatique, et, sans peur, s'est lancé dans l'écriture de la suite de la mythique œuvre de Wells, dont la fin était assez ouverte. L'on sait pourquoi, grâce à lui, et l'on retrouve le même voyageur du temps, aussi victorien et non dénué d'opinions préconçues, qu'il saura cependant surmonter. Classiquement, le texte de ces Vaisseaux du temps est parvenu à l'éditeur de façon brumeuse, sans qu'il soit aisé de savoir s'il s'agit de fiction ou pas! La fin restera aussi ouverte...

A la question "faut-il avoir lu d'abord La machine à explorer le temps?" je répondrais que oui, ce serait dommage de se priver de cette œuvre géniale, et courte. Mais sachez que Baxter rappelle les péripéties principales du récit de Wells dès que besoin est.

Le voilà désireux de sauver Weena, hélas il réalise que tout a changé. Son incursion dans le futur a changé ce monde des Eloïs et des Morlocks. Accompagné d'un Morlock (complètement différent de ceux de Wells), il revient à son époque, et là je préfère ne pas trop en dire, car ça voyage pas mal! Dans une Angleterre du 20ème siècle en proie à la guerre avec l'Allemagne, une guerre faisant désespérer de l'être humain, mais poursuivie des millions d'années avant notre époque.

Bon, j'avoue que certains passages, en particulier avec la terre glacée, sont bourrés d'explications scientifiques et de descriptions qui m'ont laissée sur le flan. Peu importe, certains voyages sont plus passionnants que d'autres...  L'on rencontre quelques personnages intéressants, tels Nebogipfel le Morlock, qui accompagnera le narrateur presque jusqu'au bout, et même le narrateur tout jeune! Tant pis pour les impossibilités, c'est expliqué, pourquoi pas!

Question style, Baxter a choisi de coller à celui de Wells, c'est cohérent. Quant à une question non résolue de La machine à explorer le temps, à savoir d'où vient la plattnérite, Baxter a intelligemment bouclé la boucle.

Une LC avec le squatteur chez dasola et A girl (on n'a pas été au top pour la date commune)

Une lecture qui entre dans le cadre du mois Wells, non? Le logo vient de chez La petite liste. Détails chez elle. Le co blogueur de Dasola est aussi organisateur.

lundi 20 juin 2022

Ma fabuleuse aventure avec les bourdons


 Ma fabuleuse aventure avec les bourdons

récit

Dave Goulson

Gaïa éditions, 2019

Traduit par Jérémy Oriol


Tel un bourdon à la recherche de nectar ou pollen, un instinct très sûr m'a conduite dans le rayon animalier de la médiathèque (590 zoologie), délaissant pour une fois le rayon Récits de voyages (côte 910). Et j'ai immédiatement senti que ce livre allait convenir. Un auteur anglais, doté d'un solide humour, par ailleurs une pointure de l'étude des bourdons.

Les quoi? Si tout comme moi vous ignorez tout de ces bestioles, ce livre est pour vous! Tout d'abord, il ne produit pas de miel et ne pique pas. Je pense que c'est  rondouillet (et mignon). Quand on l'embête, il file plus loin.

Pour ceux qui se sont régalés des aventures de Gerald Durrell à Corfou, sachez que Dave Goulson est lui aussi tombé tôt dans la marmite de l'observation (ses parents étaient vraiment sympas) au cours de son enfance dans la campagne anglaise. Il en a fait son sujet d'étude, son métier. En effet le bourdon ne se contente pas de bourdonner, il est essentiel dans la pollinisation (et donc notre nourriture à nous humains pollueurs)(sauf si vous voulez polliniser 'à la main' les fleurs de tomates). 

Alerte! Le bourdon, faute de fleurs à butiner, disparait. C'est là qu'interviennent les chercheurs (hum, mener ses recherches en Nouvelle Zélande en janvier, il y a pire quand on habite le Royaume-Uni, l'auteur reconnaît lui-même que c'est un argument) et ils font montre d'imagination fertile pour étudier ces petits animaux. Vraiment fertile, je vous dis.

Dave Goulson a même acquis un petit domaine dans l'ouest de la France, histoire de fournir une grande et belle prairie bien fleurie à ses chouchous et bien sûr les étudier encore mieux.

Sans être spécialiste, j'ai l'impression qu'un jardin même petit mais pas vraiment entretenu (le mien, hum) est un paradis pour les bourdons, à voir les visites fréquentes qu'ils y rendent depuis des semaines, passant des arbustes au thym et autres fleurs du moment. Je les observe de près (et ai même pu voir un moro-sphynx, pas un bourdon, mais un truc que je n'avais jamais vu de ma vie! en pleine activité). Prochaine étape : repérer un nid de bourdons.

Vous l'aurez compris : coup de coeur

 "La prochaine fois que vous presserez un tube de ketchup sur votre fish & chips, prenez donc un peu de temps pour réfléchir à la nature du monde moderne. Votre ketchup a très probablement été fabriqué dans une usine des Pays-bas à partir de tomates cultivées en Espagne, pollinisées par des bourdons turcs élevés dans une usine de Slovaquie. Je suis convaincu que notre chaîne alimentaire n'a pas besoin d'être aussi alambiquée."

Avis babelio

jeudi 16 juin 2022

Marie Curie prend un amant




Marie Curie prend un amant

Irène Frain

Seuil, 2015



A l'époque, à savoir plus d'un siècle en arrière, les journaux trainant les personnalités dans la boue existaient déjà, même si sans internet leurs écrits se répandaient moins loin et moins vite (on l'espère). Mais des duels pouvaient avoir lieu, avec témoins et tout et tout. 

Sous un titre un poil choc, Irène Frain écrit en fait une passionnante autobiographie de Marie Curie. Tout part pour elle de la découverte chez un bouquiniste d'une livret bleu datant de l'époque où les adversaires de Marie Curie s'en donnaient à cœur joie. Pas du tout parce qu'elle avait obtenu un prix Nobel, encore moins parce qu'un second lui était promis (quoique, s'ils avaient pu l'en empêcher), mais parce qu'on avait découvert (grâce à des lettres volées) qu'elle avait un amant, Paul Langevin, éminent physicien lui aussi. Elle était veuve depuis plusieurs années, lui, marié et mal marié, mais elle était considérée comme complice d'un adultère. Une liaison fort discrète qui dut prendre fin.

Toute une époque, quoi. Irène Frain a  fort bien reconstitué ces moments de labeur où le couple Curie travaillait dans son hangar à découvrir la radioactivité, évoqué ces réunions où chimistes, physiciens de très haut vol discutaient jusqu'à pas d'heure. Mais elle sait aussi faire sentir ces moments de fragilité ou de fermeté de son héroïne. Elle a pu consulter des lettres, le fameux livret bleu et les carnets de comptes de Marie Curie, où les dépenses ont beaucoup changé lorsqu'elle et Paul se rencontraient fréquemment. Un travail de fourmi, et parfois l'on sent poindre l'émotion de l'auteur.

Pour terminer, je me souviens du livre de Rosa Montero, L'idée ridicule de ne plus te revoir, là aussi belle évocation de Pierre et Marie Curie.

Avis babelio, Géraldine (merci A girl de me l'avoir signalé)

lundi 13 juin 2022

Une datcha dans le Golfe


 Une datcha dans le Golfe

Una dacha en el Golfo

Emilio Sanchez Mediavilla

Metailié, 2022

Traduit par Miriam Chirousse

Allez, avouez, vous ne savez pas grand chose sur Bahreïn! En tous cas j'aurais placé ce pays aux alentours de l'Arabie Saoudite, Qatar, etc. Imaginant un beau désert avec chameaux (faux, c'est caillouteux et sans trop d'animaux), de l'Islam (vrai, sunnites en minorité -avec pouvoir, chiites en grosse majorité -sans pouvoir politique et économique), des étrangers (vrai, des expat' occidentaux et des 'esclaves' issus de pays asiatiques).

Une monarchie constitutionnelle. Un territoire gagné sur la mer au fil du temps.

Pas vraiment de démocratie. Les mouvements de 2011 ont été sévèrement réprimés. Arrestations, tortures, disparitions.

Espagnol, l'auteur a suivi là sa compagne. Je m'attendais à une présentation assez ironique (même si parfois il promène un regard amusé, étonné et fait preuve d'assez autodérision), mais la tonalité générale est sérieuse voire tragique, ce qui est normal lorsqu'il évoque les répressions et la vie des travailleurs immigrés (la loi ressemble en gros à celle d'l'Arabie Saoudite toute proche, passeport confisqué, longues semaines de travail). Il a rencontré beaucoup de monde, a discuté. 

Un livre ayant reçu le prix Anagramma de reportage Sergio Gonzalez Rodriguez 2019, et le prix Nicolas Bouvier Etonnants voyageurs 2022.

Les avis de Sandrion, babelio, jelisjeblogue

jeudi 9 juin 2022

Avec la permission de Gandhi


 Avec la permission de Gandhi

Smoke and Ashes

Abir Mukherjee

Liana Levi, 2022

Traduit par Fanchita Gonzalez Batlle


Calcutta, 1921, Noël approche, il fait quasiment froid selon les normes locales. Les partisans de Gandhi, quoique non violents, causent bien des soucis aux Britanniques, avec leur désobéissance et leurs manifestations non autorisées. Là-dessus le prince de Galles arrive en visite.

De son côté, le capitaine Sam Wyndham, toujours opiomane, ce qui lui pourrit la vie, n'oublie pas la belle anglo-indienne qui le snobe. Cependant rayon professionnel il  a de quoi s'occuper, lui et son sergent Banerjee : quoi de commun entre trois personnes assassinées avec le même modus operandi? Et cela risque de continuer, voire d'empirer. Sans oublier ses rapports tendus avec la section H.

Troisième épisode de la série, toujours aussi réussi. Des héros que l'on suit avec plaisir, une enquête palpitante, et surtout une plongée dans ce pays encore sous domination anglaise mais qui aspire à secouer le joug. Sans oublier humour et sens de la formule.


Avis babelio, Actu du noir, Encore du noir, bibliosurf, jelisjeblogue



lundi 6 juin 2022

L'homme invisible


 L'homme invisible

The invisible man , 1897

H G Wells

Livre de Poche, 2002

Traduit par Achille Laurent


"L'étranger arriva en février, par une matinée brumeuse, dans un tourbillon de vent et de neige." Dans la bonne ville d'Iping vont survenir des événements incompréhensibles, donnant lieu à des réactions diverses bien rendues, alors que la vie d'un village anglais de la fin 19ème siècle suit son cour normal, en apparence.

Après mes lectures enthousiastes de La machine à voyager dans le temps et la guerre des mondes, il était logique que je participe au challenge lancé par La petite liste et dasola, plus exactement son co-blogueur. Challenge que je vous invite à rejoindre!

Même si cet homme invisible m'a plutôt ennuyée, je me dois d'être honnête; cela démarrait bien (voir plus haut) mais le problème est que tous les événements faisant tourner en bourrique les habitants s'expliquent pour le lecteur grâce au titre du roman. Soit. Ledit lecteur attend quand même de savoir comment l'homme invisible l'est devenu, pourquoi il est arrivé en campagne anglaise, et où cela va mener. Cependant tout cela devient un poil répétitif, ces descriptions d'actions de l'homme invisible à l'insu des autres, on a déjà compris, les vêtements volent, les gens tombent, etc.

A la suite d'une expérience dûment validée par des connaissances scientifiques (un poil zappées par moi), et essai sur un chat (non, ça ne se fait pas!), l'homme invisible réalise que ce n'était pas une excellente idée, finalement. Etre invisible a des avantages, mais sans vêtements l'hiver c'est nettement moins amusant. Il doit fuir Londres. Et il arrive à Iping, donc.

Un avis en demi-teinte, mais je compte poursuivre avec Wells tout de même!

Avis babelio, Géraldine

Une lecture dans le cadre du  mois Wells, Le logo vient de chez La petite liste. Détails chez elle. Le co blogueur de Dasola est aussi organisateur.