lundi 29 novembre 2021

Et toujours en été


 Et toujours en été

Julie Wolkenstein

P.O.L. , 2020 (couverture du poche)

 

 

Julie W. et moi :

Curieusement, c'est Adèle et moi, sans doute la plus classique des histoires de Julie Wolkenstein, qui m'a le moins enthousiasmé, peut-être trop classique justement? 

Depuis,  je ne l'ai pas laissée tomber, et reconnais qu’elle a un style, un univers bien personnel, et surtout une grande originalité dans sa façon de traiter la narration.

Pour Et toujours en été, le sujet était casse-g., puisqu'à première vue il s'agit de décrire la (grande) villa de famille au bord de la mer, à Saint-Pair, et d'évoquer les vacances s'y déroulant, frères, sœurs, cousins, amis, familles recomposées, etc., sur plusieurs décennies. Le risque était que le lecteur ne soit que spectateur, et laisse ces gens à leur vie et leur décor de vacances. 

Mais l'idée de départ est d'explorer cette maison comme dans un escape game. Pour ceux qui en ignorent tout, on a un tutoriel en début de livre, et ensuite l'on s'amuse à découvrir les pièces, non sans changer d'époque; on clique, en vain ou pas, sur les objets, on réfléchit aussi. Bien sûr on peut se lasser, mais le tout n'a que 220 pages, et puis on peut ne pas se stresser sur certaines descriptions.

Un dernier aveu : le titre; là j'ai l'air dans la tête, et page 203, je cite "... le temps, ici, de durer longtemps, et la vie sûrement plus d'un million d'années."

 Avis babelio,

jeudi 25 novembre 2021

Deborah Levy : Trilogie autobiographique

 


Le coût de la vie

The cost of living

Deborah Levy

Editions du sous-sol, 2020

Traduit par 

 

Un nom inconnu, vu chez La nuit je mens, et assez d'envie de découvrir pour repérer tout de suite le livre sur le présentoir de la bibli. Sur les conseils du bibliothécaire, j'ai choisi le volet 2 de cette autobiographie et m'y suis plongée sans trop en savoir. 

Si on veut, on peut parler d'autobiographie, elle évoque  sa venue en Angleterre, son père, la maladie de sa mère (ah ces glaces achetées chez les frères turcs, le cœur se serre), la séparation d'avec son mari, l'installation dans un immeuble pas chauffé et en travaux, l'écriture, et donc son refuge, un cabanon au fond du jardin de Celia.

"Celia, comprenant que je pourrais passer écrire à toute heure du jour et de la nuit, m'a présentée à ses amis comme La Femme tapie dans le Jardin. Tant qu'elle serait là, personne n'aurait autorisation de m'interrompre; ni pour faire la conversation (météo, nouvelles, un gâteau tout juste servi) ni même pour transmettre un message urgent à la Maîtresse de Maison. Se voir respectée et valorisée de la sorte, comme s'il n'y avait rien de plus naturel au monde, était nouveau pour moi. Je l'ignorais encore, mais j'allais écrire trois livres dans ce cabanon, dont celui que vous êtes en train de lire. C'est là que j'ai commencé à écrire à la première personne, à recourir à un Je qui m'est proche sans être moi  pour autant."

Vivacité, humour, mordant, dans cette description d'un chambre pour soi très woolfienne. Lisez ce livre, court, intelligent et prenant, ciselé, avec des échos parfois, par exemple la couleur jaune, l'obscurité noire et bleutée... Je l'ai dévoré, trop vite sans doute, mais peu importe...

Avis babelio

 N'ayant pas été trop psychorigide, mais tout de même tenace, j'ai emprunté et lu le volet 1.


Ce que je ne veux pas savoir

Une réponse au 'Pourquoi j'écris' de Georges Orwell (1946)

Things I don't want to know.

A response to Georges Orawell's essay 'Why I write'

Deborah Levy

Éditions du sous-sol, 2020

Traduit par Céline Leroy

 

Retrouvant avec plaisir ce ton, j'ai (re)découvert une façon de mettre le lecteur tout de suite dans le bain, sans détails inutiles; là voici à Majorque (où, l'hiver il fait si froid!) en pleine interrogation. Puis elle évoque son enfance en Afrique du sud, son 'exil' en Angleterre. C'est à découvrir tout seul, je n'en dis rien, volontairement.

"Ce printemps là, à Majorque, alors que la vie était très compliquée et que je ne voyais tout bonnement pas vers quoi tendre, je songeai que ce vers quoi je pouvais tendre était une prise électrique. Plus utiles encore pour un écrivain qu'une chambre à soi sont les rallonges et une panoplie d'adaptateurs pour l'Europe, l'Asie et l'Afrique."

Lilly a aussi choisi de présenter les deux en même temps. Avis babelio,

Et voici le dernier


Etat des lieux

Real Estate

Deborah Levy

Editions du sous-sol, 2021

Traduit par Céline Leroy

 

Un vrai plaisir de retrouver la plume de Deborah Levy, vivante, énergique, personnelle. Elle s'apprête à quitter sa cabane chez Célia, séjourne à Paris, en Inde, en Grèce, fête ses soixante ans, laisse partir ses filles quasi adultes. Elle rêve d'une maison bien précise, sans avoir les moyens de l'acquérir, une maison qu'elle n'a pas trouvée de toute façin. "Mon seul projet était la villa avec le grenadier, ses mimosas, sa cheminée en forme d'oeuf d'autruche, la rivière et la barque appelée Sister Rosetta. Je n'avais pas de plan B alors que dans la vie il faut toujours un plan B." 

Plein de détails sympathiques, de réflexions. Elle m'a fait noter la lecture de Le cornet acoustique de Leonora Carrington, mais, coïncidence, je me suis aperçue juste après que je l'avais déjà lu et aimé! Si le coeur vous en dit...

Quoi donc? Ah oui, au passage, au sujet des traductions :

"Je savais que ces traductrices et traducteurs talentueux ne créaient pas tant un double de mon livre qu'ils ne lui offraient une nouvelle vie. Faire entendre sa voix dans ce vaste monde impressionnant était le but de l'écriture, l'unique but, même."

Avis babelio,

lundi 22 novembre 2021

Au coeur du Yamato

 Au coeur du Yamato est une pentalogie d'Aki Shimazaki, comprenant de forts courts livres, tout comme Le poids des secrets. Comme je suis psychorigide, j'ai commencé par le premier, quoiqu'il semble que ça n'a pas d'importance, mais comme le 2 est emprunté depuis des semaines (et 15 jours de retard!), je vais peut-être devoir être plus souple.


Mitsuba

Aki Shimazaki

Actes sud, 2012

Takashi Aoki est un employé modèle d'une compagnie japonaise, un shôsha man ne comptant pas ses heures et ses jours de travail. Après le travail, comme ses collègues mariés (sauf un), il va se détendre autour d'un verre dans un bar. Mais il rêve de se marier, il refuse les mariages arrangés, d'ailleurs il est amoureux de Yûko Tanase.

Une jolie histoire plutôt triste, racontée avec sobriété, fausse simplicité et sensibilité. J'y ai découvert l'emprise des compagnies sur la vie des gens...

Avis babelio,

Zakuro

Le père de Tsuyoshi Toda était en Mandchourie a la fin de la seconde guerre mondiale, puis il a disparu en Sibérie. Ce roman est l'occasion de découvrir un pan de l'histoire japonaise, caché même là-bas, à savoir le sort de nombreux japonais dans des camps en Sibérie.

Jusqu'au jour où Tsuyoshi découvre qu'en fait son père vit au Japon... Un jolie histoire familiale, aussi.

L'histoire se déroule en 1970, on découvre que c'est grâce à Toda que la famille du héros de Mitsuba a pu  bénéficier de meilleures conditions de vie après le décès du père. On aura des nouvelles de Toda, rapidement, dans le volume suivant, Tonbo.

Tonbo

L'occasion de découvrir le système des cours privés après l'école, et que les brimades existent aussi au Japon... On retrouve Nobu, ami du héros de Mitsuba, qui a préféré démissionner, et l'on découvre un éclaircissement sur la mort de son propre père, enseignant lui aussi.

Arrivée à plus de la moitié, je pense continuer tranquillement. C'est dans ce numéro trois que l'on explique Yamato, mais ça ne m'a pas trop intéressée. En fait l'auteur explique parfois trop la signification d'un mot, qui revient de façon assez artificielle. 

Le charme de la série agit quand même. Affaire à suivre.

Tsukushi

Pour qui a lu le 1, à savoir Mitsuba, l'on connaît ce qui s'est passé avant le mariage de Yuko Tanase et ce qui arrive lors de son séjour à Kobe, où elle se rend à la fin du 4. Et si on lit d'abord le 4, on a quasiment l'histoire du 1 à l'intérieur.

Mais quoiqu'il en soit, Mitsuba, fille de Yuko, fête ses 13 ans. Fête familiale où tout baigne, pas d'aspérités, milieu aisé, belle maison. Yuko trouve une boîte d'allumettes dans une table de chevet et c'est le début de découverte d'un pan important de la vie de son mari. Un lecteur vigilant aura vite deviné de quoi il s'agit...

Yamabuki

On termine avec Tsuyoshi Toda, et une belle histoire d'amour racontée par son épouse Aïko. des questionnements sur le couple, les mariages arrangés, c'est doux et tranquille. La fin se devine, mais ce n'est pas grave...

Comme l'auteure vit au Canada (elle écrit directement en français), on va dire que c'est le mois du Québec, mais version Japon.

Mon ordi étant péniblement lent, je ne mets pas de liens et images...

jeudi 18 novembre 2021

La malchimie


 La malchimie

Récit

Gisèle Bienne

Actes sud, un endroit où aller, 2019



La narratrice ne se nomme pas Gisèle, mais elle est le calque de l'auteur, et il est annoncé 'récit'. Dès l'entrée, il sera évoqué Mort d'une inconsolée, Les derniers jours de Susan Sontag, écrit par son fils David Rieff. Susan Sontag est décédée d'une leucémie. Ce livre accompagnera la narration, cela finement entrelacé.

La nouvelle vient de tomber, le frère de Gabrielle (oui, je crois, Gabrielle-Gisèle) est atteint d'une leucémie. Traitements lourds, visites à l'hôpital dans divers services, s'y rendant par le tramway où elle  lie sympathie avec un monsieur, continuation de travaux d'écriture, voilà désormais le quotidien de la soeur. Espoir, espoir. Sylvain et sa soeur sont fils d'agriculteurs, à l'ancienne, mais Sylvain a dû devenir ouvrier agricole, traitant les récoltes sans protection. On traite, oui. Dans cette histoire les coupables ont un nom, Monsanto Bayer, mais les accuser, c'est le pot de terre contre le pot de fer...

Gisèle Bienne, que je découvre, sait vraiment bien écrire. Une enquête sur les méfaits de certains produits, une plongée dans les services d'un hôpital, une évocation de beaux souvenirs d'enfance d'un frère et d'une sœur proches par l'âge. Sans pathos, sans violons, sans colère, mais d'une grande sensibilité et efficacité.

Avis babelio,

Il semble que le monde rural ait la cote, ce n'est pas un reproche, ma médiathèque va prochainement proposer une présentation de quelques titres, récents ou non, illustrée de petits films. Cette Malchimie y aura sa place.

Il y aura aussi Mohican d'Eric Fottorino, où l'on brasse la vie paysanne sur plusieurs décennies (et même plus, à mon grand plaisir). Rien de très nouveau, on a ce que j'appelle les 'passages obligés', sauf la découverte de la fin, sur les terres des agriculteurs, et les méfaits des éoliennes. Des tonnes de béton... Là j'ai appris des choses quand même.

lundi 15 novembre 2021

Dehors, la tempête


 Dehors, la tempête

Clémentine Mélois

Grasset, 2020

 

"Je ne connais pas de plus grand plaisir que celui de lire des histoires d'aventures maritimes, à l'abri et au sec sur la terre ferme, tandis qu'au dehors la tempête -c'est-à-dire l'infini- fait rage inutilement."

 Avec Clémentine Mélois, je poursuis dans ma lubie Oulipo. D'elle j'ai lu Cent titres et Sinon j'oublie . Là voilà qui parle livres et lecture, comment résister? Elle aime Tolkien, Maigret, Moby Dick, les listes, avoue-t-elle, allant jusqu'à noter ce que boit Maigret en une journée (heureusement il ne conduit pas), laissant son imagination partir, sans oublier l'humour. 

"Les livres de chevet, comme la liste de courses ou le journal intime, ne sont pas censés être vus par d'autres. Ils relèvent du privé. C'est donc une chose importante. Ils s'accumulent là sans recherche, sans coquetterie, sans qu'on y prenne garde. (...). On trouve là des livres depuis longtemps aimés et qu'on garde près de soi (...) des livres d'auteurs découverts récemment, des livres prêtés qu'on a oublié de rendre, des livres empruntés, des livres offerts, des livres tout juste retrouvés, des livres qu'on relit sans cesse, des livres qu'on aimerait relire, des livres auxquels on voudrait accorder une nouvelle chance, des livres qu'on aimerait lire mais qu'on ne lira jamais, des livres décidément trop compliqués, des livres décevants, des livres écrits par des amis,des livres qui nous sont tombés des mains, des livres dont on se dit qu'il faudrait tout de même les lire un jour (...) , des livres qu'on nous a conseillés, des livres dont on a oublié pourquoi ils se trouvaient là ..."

Avis babelio,


jeudi 11 novembre 2021

Mobylette


 Mobylette

Frédéric Ploussard

Héloïse d'Ormesson, 2021

 

Cap vers l'est, 'le vrai', le 'Texas lorrain', à Clinquey, ville imaginaire mais fort crédible. En mobylette ou pas, il faut vite y filer, pas pour du tourisme tranquille, mais une aventure littéraire méritant le détour. 

L'auteur, né à Briey, Meurthe et Moselle, est un ancien éducateur spécialisé et on espère pour lui que son expérience professionnelle s'est déroulée dans des conditions moins épiques, moins sportives, moins borderline que dans son roman. Cependant,  ce qui se ressent, c'est son empathie pour des gamins cabossés par la vie dès le début. Familles d’accueil pas forcément accueillantes, puis ce centre où les adultes (hors le narrateur et son pote Matthias) gèrent leurs affaires sans souci d'éthique.

Ha oui, le narrateur, Dominique! Marié, jeune père, sa vie familiale prend parfois l'eau. Et quand on lit le récit de son enfance, là aussi il y a du lourd...

Mais pas de panique! Je me suis amusée (si!) tout du long, et assez vite j'ai ressenti de l'empathie pour ces presque losers et ces gamins. Des retournements aussi à prévoir, et une paella un peu spéciale qui donnera lieu à un grand moment dans Clinquey.

A lire sans attendre! D'autant que je n'ai pas tout dit (il y a une hyène là-dedans)

Avis : babelio,

lundi 8 novembre 2021

Animal


Animal

Chaque génération a son combat, voici le nôtre

Cyril Dion 

Domaine du possible, Actes sud, 2021


Pour ce que j'en sais, Animal est aussi un film (sortie fin 2021), bâti sur le même principe que Demain, du même Cyril Dion. Avec Animal, le livre, l'avantage est qu'on peut se poser tranquillement, réfléchir, avaler les données, prendre son temps.

La quatrième de couverture est parfaite, alors pourquoi se gêner? Je donne quand même des réflexions après.

"Imaginez que vous puissiez voyager sur quatre continents pour rencontrer certains des plus éminents et passionnants biologistes, climatologues, paléontologistes, anthropologues, philosophes, économistes, naturalistes et activistes, qui cherchent à comprendre pourquoi les espèces disparaissent, pourquoi le climat se dérègle et, surtout, comment inverser la tendance.
Imaginez que ces femmes et ces hommes puissent tout à la fois vous raconter pourquoi les fourmis sont indispensables à la vie des humains, comment fonctionnent les lobbys au Parlement européen, comment sauver une espèce de renards unique au monde, pourquoi les indicateurs de santé remplaceront la croissance du PIB au cours du XXIe siècle, pourquoi la nature est un concept qui n’existe que dans la culture des Occidentaux, comment les loups, les pumas et les humains peuvent cohabiter, comment les dauphins et les baleines peuvent être sauvés de la pollution chimique et plastique, pourquoi donner des droits à la nature pourrait tout changer à nos civilisations, comment les indiens Brörán du Costa Rica ont reconstitué des forêts sur des pâturages en moins de quarante ans… et bien d’autres choses.
Imaginez que toutes ces histoires aient un lien et qu’en faisant ce lien, se dessine une nouvelle histoire pour le futur des humains.
Imaginez que cette histoire propose une réponse à la question : “À quoi servons-nous ?”.
Et bien, c’est ce voyage que vous propose ce livre. Et sans doute bien plus encore…"

J'avoue qu'au départ je sentais le truc encore bien pessimiste, et les pourcentages catastrophiques au début du livre n'ont rien arrangé. Mais rapidement l'auteur et ses deux jeunes associés, Bella et Vipulan, ont rencontré plein d'interlocuteurs, et le mode questions réponses était dynamique, vivant et fort coulant pour le lecteur. J'y ai retrouvé des gens connus, comme Descola et Morizot, des agriculteurs, un éleveur de lapins (si!), un berger (avec loups autour), des expérimentateurs dans leur coin, des scientifiques, un président (le Costa Rica), des passionnés, et surtout surtout, en sortant de la lecture on a la pêche, on y croit, on reprend confiance. Mais la lutte sera difficile, le passage sur les politiques européennes est particulièrement désolant.

Avis babelio,

lundi 1 novembre 2021

Dans l'infinité des déserts


Dans l'infinité des déserts

Voyages aux quatre coins du monde

William Atkins

Albin Michel, 2021

Traduit par Nathalie Cunnington


Comment résister à un titre pareil quand on a déjà dans sa PAL deux livres parlant de déserts? (dont celui de van Dyke, que l'auteur possède aussi, non mais...)

"De l'adjectif latin desertus, participe passé du verbe deserere : abandonner."

Voyages, oui, mais pas forcément en chameau, plutôt en 4x4, et œil de journaliste. Même si bien sûr l'auteur est fasciné par les déserts et sait passer du temps seul à explorer sous le cagnard.

D'abord, direction Oman, pour le Quart Vide, oui c'est le nom. "Posés sur la ligne d'horizon à vingt kilomètres de là se dressaient quatre énormes silos à toit conique, hauts de vingt mètres environ. 'Des élevages de poulets' m'a expliqué Hassan. Évidemment : des températures maximales de cinquante-quatre degrés, des vents pouvant atteindre les cent quarante kilomètres-heure, cinq millimètres de pluie par an... Mais il était bien là, l'A'Saffa, 'le troisième élevage de poulets au monde par la taille!'" L214 ne doit sûrement pas traîner son chèche par là-bas. Mais je suis mauvais esprit, l'auteur décrit aussi le désert et les premiers explorateurs. 

Au centre de l'Australie, le désert, forcément personne là (!), donc il y a quelques décennies c'était l'endroit idéal pour tester quelques explosions nucléaires. Ah oui, les aborigènes se déplaçant par là sur des kilomètres et dont on ignore souvent où ils se trouvent? Pfff.

" Sur la route qui doit nous conduire au site de Marcoo, nous dépassons un groupe de six chamelles marchant face au vent. Pour Robin, il est important d'abattre les animaux malades ou âgés. 'Tu zigouilles uen de ces bêtes, dit-il, et la carcasse reste là à pourrir.A l'intérieur des zones des essais, les dingos n'y touchent pas, les aigles non plus. J'sais pas pourquoi, mais on dirait qu'ils savent. Regarde...' Il désigne les plaines rouge-gris autour de nous. 'Les spinifex poussent jusqu'à douze centimètres, puis ils meurent.'

De fait, dans un périmètre de huit cents mètres autour de la pyramide tronquée qui marque le site des essais Biak, à un kilomètre de Marcoo, pas un seul buisson ne dépasse le genou.Il n'y a que la ligne de mulga gris et bas qui s'amasse autour de la zone stérile. L'hiver, Robin voit à Maralinga des centaines de perruches qui se perchent sur les arbres pendant leur migration vers le nord. Mais ici, dans la zone des essais, on n'en voit jamais. Elles contournent les lieux comme un ruisseau contourne un rocher."

Puis direction les déserts de Gobi et Taklamakan, en Chine. Avec aussi essais nucléaires dans le coin...

En suite la mer d'Aral, enfin, ce qu'il en reste. 

Les déserts américains, du côté de l'Arizona, que tentent de traverser les migrants. Une association, No more deaths, y va laisser de l'eau et de la nourriture. Mais souvent les Rangers détruisent et nettoient. Des gens "persuadés que laisser de l'eau pour des gens qui meurent de soif, c'est trahir son pays."

On va terminer avec du moins lourd, un reportage sur Burning Man, dans le désert du Nevada, et des monastères égyptiens.

Conclusion : un bon bouquin, intelligent et intéressant, à découvrir bien sûr.

Quelque part dans l'ouest de la Chine...