mardi 3 août 2021

Une odyssée africaine


 Une odyssée africaine

Mary Kingsley

Payot Voyageurs, 1995

Traduit par Anne Hugon

Préface de Anne Hugon et Robert Sctrick

 

Quand j'aurai révélé que le titre complet est 'Une exploratrice victorienne chez les mangeurs d'hommes (1893-1895)',  vous comprendrez la raison de cette lecture. 

Cependant la plus hardie, c'est Mary! A trente ans, libérée d'obligations familiales, elle part en Afrique, pour étudier coutumes et animaux (les poissons -ichtyologie). En bateau bien sûr, voyageant plutôt léger, et se vêtant victorien. Elle se félicite d'ailleurs de porter une robe assez épaisse et protectrice quand elle tombe dans un piège en pleine forêt gabonaise.

"Je pris un raccourci et avant d'avoir le temps de faire ouf, me retrouvai au fond d'une piège hérissé de piques, à quinze pieds de profondeur.

C'est dans ce genre d'occasion que l'on bénit les bonnes vieilles jupes en coton épais."

Pas de porteurs indigènes pour elle, elle crapahute comme ses accompagnateurs, traverse les cours d'eau profonds, loge au village, mange de tout (seule précaution, eau bouillie et thé), palabre et échange. De temps en temps elle fait escale chez un couple 'blanc', mais la plupart du temps, infatigable, curieuse, passionnée et admirative, elle mène sa troupe de locaux pas toujours unis. Et elle échappe à tous les dangers, parfois de justesse!

Quasi infatigable, elle explore, tient son journal, prend des notes. Certains passages sont longuement descriptifs, mais globalement, grâce à sa dérision fort british et son enthousiasme d'acier, c'est extrêmement plaisant à lire. J'ai préféré sa découverte de l'Ogooué (les rapides!!!) et de la Remboué, au Gabon, pas de tout repos. Voire dangereux. Je passe sur les nombreuses bestioles de tous calibres que l'on trouve dans ce coin là.

Après des pages sur le fétichisme dans ces régions, elle termine avec son ascension du mont Cameroun (en robe bien sûr et bottines...), dans la brume et les pluies glaciales, avec une équipe de bras casés qu’elle doit reprendre! Elle en revient boueuse et entière!

"La côte de l'Afrique occidentale a un point commun avec les régions antarctiques: une fois que l'on y est allé, on ne pense plus qu'à y retourner."

"Le battement régulier du pilon est l'un des bruits les plus caractéristiques des villages de brousse."

Elle meurt de dysenterie en 1900, alors qu’elle soigne les blessés d'un camp de prisonniers en Afrique du sud.

Avis babelio, dont celui de Myriam,

mercredi 28 juillet 2021

Y Le dernier homme

 Il y a fort longtemps j'avais lu les cinq premiers tomes de Saga, et depuis rien à faire pour emprunter la suite. Pas de souci, une inscription dans une autre médiathèque, et voilà. J'ai donc relu les cinq, et englouti la série jusqu'au tome 9, qui m'a laissée sur le flan (à scruter internet, il semble que le 10 existe, non traduit). J'avoue cependant que le binge reading ça fatigue ...

Mais! Voilà-t-y pas que je découvre une autre série due au même Brian K. Vaughan que Saga, et, tenez-vous bien (info extrêmement importante pour les amateurs de séries) : la série est terminée en 5 tomes!!!! OK, dans les 300 pages chaque volume, mais au moins on peut se lancer l'esprit tranquille. 

Et tout avaler rapidement, oups.

Cependant mon intérêt n'a pas faibli, c'est un signe, et, surtout (info  extrêmement précieuse pour les amateurs de séries): la fin ne m'a pas déçue.

Bon, je vous mets la couv' du deuxième et les infos habituelles.


 Le dernier homme

Brian K. Vaughan, Pia Guerra

José Marzan, Jr., Goran Sudzuka

Le dernier homme

Urban Comics, Vertigo, 2002-2008 (en gros)


 

L'idée de départ : Pas de chance pour les porteurs d'un chromosome Y! Tous meurent d'un coup d'un seul, on imagine bien les crashs d'avion, les accidents de voitures, les disparition de chefs d'états... Hé oui,  et la série, sans être lourde, mettra bien en valeur les inégalités existant jusque là. Le problème, c'est la disparition à plus ou moins long terme des animaux, en commençant par ceux vivant le moins longtemps, et bien sûr l'être humain. 

Mais, et les banques de sperme, alors?  Il faut savoir que les idées tordues et la violence ne sont pas l'apanage du chromosome Y, et certains établissements sont détruits par des groupes de femmes. Le clonage? Pas au point.

Alors?

OK, j'ai écrit tous, mais en fait on a un survivant, Yorick (alas, poor) et son singe capucin (mâle), Esperluette. Ne pas se réjouir, pour des raisons de génétique il ne repeuplera pas la planète, d'autant plus que franchement, il n'est pas malin malin. Son idée fixe est de retrouver sa copine Beth, dernièrement vue en Australie. Il ne va donc pas sauter sur tout ce qui bouge!

Âmes sensibles, ne vous désolez-pas, il y aura deux bébés quand même dans la série, mais je ne dévoilerai pas les noms des parents.

On voyage beaucoup (oui, retrouver Beth) mais surtout on doit échapper à celles qui en veulent à Yorick (et/ou Esperluette). Des Israéliennes, des Australiennes, des Américaines... Beaucoup de bagarres, de combats, de blessées, de mortes. Ce doit être la règle du genre. Mais des moments plus calmes, des rebondissements, des idées, des dialogues, bref, du pur divertissement, qui se termine à ...Paris! (yes)

Plein d'avis là dessus sur babelio, comme d'hab'

La trilogie de l'été chez Phildes.

 

mercredi 21 juillet 2021

Les pionniers


 Les pionniers

The earthbreakers, 1952

Ernest Haycox

Actes sud, 2021

Traduit par Fabienne Duvigneau 

 

Traces des roues de chariots sur l'Oregon Trail


Dans la série de romans 'L'Ouest, le vrai',  voici un auteur classique qui a su me conquérir! On attend les clichés habituels de fiers cowboys affrontant la nature (sauvage) et les autochtones (non moins sauvages). Du viril, quoi. On a bien le bétail et les chariots, les familles ayant tout quitté pour s'installer dans l'Oregon. Trois mille kilomètres en cinq mois, quatre cents personnes, que l'on découvre sous une pluie incessante, descendant une rivière sur de grands radeaux (mais replaçant les chariots sur la terre ferme pour passer les chutes). Une épopée où on ne plaisante pas, sans espoir de retour. 

Mais la majeure partie du roman conte l’installation des pionniers survivants dans un coin où tout est à construire, maisons en rondins,  route à penser, espérant une récolte le moment venu, en se serrant la ceinture pour faire durer les provisions, et chassant en attendant. Pour survivre le mieux possible, il faut l'entraide.

On y est, là, à fond! Avec quels personnages! Les meneurs respectueux, les hésitants, les têtes brulées,  et surtout des femmes qui ne se laissent pas dominer forcément. (le genre de femme qui sait tuer et plumer un poulet, cultiver un jardin, fabriquer son pain et son savon, et éventuellement tricoter)(Edna et Katherine). Une vie de labeur, non sans drames et fêtes. 

La nature est superbement évoquée, les travaux concrètement aussi, ainsi que les affrontements, avec des scènes plus intimistes. Parfois le coeur se serre, parfois on sourit, toujours on est intéressé, certains événements sont attendus, d'autres surprenants.

A découvrir!

Avis babelio




 

 




lundi 12 juillet 2021

Happy End


 Happy end

Julie Wolkenstein

P.O.L. , 2004

"Au moins son avis de décès ressemblera-t-il à ceux qu'elle lit dans Le Figaro (elle commence toujours par là) et les lignes successives situent précisément les membres qui font part dans une génération de prénoms cruellement datables.

Lise, Julien et Catherine, ses enfants,

Antoine, Camille, Léa, Simon, Prune, Justinien , Isadora, Elvire, ses petits-enfants,

Ysé, Shiva, ses arrière-petites-filles,

ont la tristesse d'annoncer, etc.

Aux dernières nouvelles, Camille, qui attend son premier bébé, envisagerait Contest. Marie-Hélène n'en pesne rien. Elle n'est pas sûre que Contest tout seul lui évoque sa baie, sa maison. Et elle doute que Camille aille jusqu'à appeler son fils Saint-Contest."

Maintenant que j'ai lu la plupart des romans de Julie Wolkenstein, je sais qu'il y aura de grandes villas bourgeoises et familiales au bord de la côte normande (mais pas que), de grandes vacances d'été, quand les hommes arrivent de Paris le week end, toute une époque déjà ancienne dans ce roman. A Saint-Contest, donc, commune qui existe réellement, j'ai vérifié. Quelques familles ont hérité de ces villas, sur lesquelles pèse une menace, car la mer se rapproche, le sable gagne les jardins, il faudra détruire.  Seule Éliane tient bon et refuse de quitter sa villa. Ses souvenirs, plus ou moins reconstruits, évoquent la vie des habitants, elle se confie à Brigitte, qui, elle, lui demande comment elle est devenue handicapée. 

Des familles sur plusieurs générations, on a déjà lu cela, mais ici la construction est intéressante, en tout cas j'ai été interloquée de bien accrocher dès l'abord à Mélanie, Ben, etc., pour apprendre leur décès rapide. Avec Éliane, une seconde partie plus longue démêlera les fils.

Bref, j'ai aimé cette histoire narrée comme l'entend l'auteur, dans un style vivant, imagé, non dénué d'humour, et percutant parfois.

avis babelio,

jeudi 8 juillet 2021

Ici pour aller ailleurs


 Ici pour aller ailleurs

Un recueil de Geoff Dyer

Editions du sous-sol, 2020

Traduit par Pierre Demarty


Voilà, je pense que c'est Le bouquineur qui a attiré mon attention sur ce livre : les mots importants étaient là, voyage, humour anglais, et,  cerise sur le gâteau, disponible à la bibli!

L'humour est bien là et j'ai tout de suite adhéré, mais il ne faut pas s'attendre à des voyages narrés classiquement. Visiter la cité interdite est l'occasion de faire connaissance de Li, puis direction la Polynésie sur les traces de Gauguin. "Il y avait également quelque chose à vous fendre l'âme dans le spectacle de ces chauffeurs de bus prêts à 'transférer' les touristes dans leurs hôtels au luxe barbare : bâtis comme des piliers de rugby, biologiquement programmer pour écraser le Quinze de la Rose, ils en étaient réduits à jouer les bagagistes confits en politesse." Puis le lecteur découvre des coins paumés des Etats Unis dédiés au Land art, le Lightning Field, Spiral Jetty, apparaissant ou non selon le niveau de l'eau (Utah).

 

Le voilà parti avec son épouse à la recherche d'aurores boréales, donc l'hiver plein nord! Froid, obscurité. Verront-ils la fameuse aurore boréale espérée?

En tout cas, ils prennent en stop un type dans un coin perdu, et s'ensuit une séquence de peur...

Ils habitent Los Angeles, et là aussi ils découvrent la demeure d'Adorno et les Watts Towers.

Non, ce n'est pas un livre de voyage de plus, les réflexions et la personnalité de l'auteur sortent de l'ordinaire.

Avis babelio,

lundi 5 juillet 2021

Un anthropologue en déroute (et son retour)

 


Un anthropologue en déroute

The innocent anthropologist

Nigel Barley

Voyageurs Payot, 1992

Traduit par Marc Duchamp

 

On le sait, quand les anglais  se lancent dans les voyages et l'autodérision, ça décape. Nigel Barley, sûrement un très sérieux anthropologue quand il s'agit de rédiger du document professionnel, se lâche en racontant ses mois sur le terrain, dans un village au nord du Cameroun. Pourquoi les Dowayos? Et pourquoi pas! 

D'abord apprendre la langue, avec l'aide de Matthieu qui lui a fréquenté l'école. Trouver à se loger, amadouer le chef local, Zuuldibo, le faiseur de pluies, etc. Accepter de subir les moqueries (gentilles) des habitants, prendre des notes, des photographies. Parfois se retrouver avec d'autres européens  ou américains. Affronter les attentes (avec un bouquin) et les complications des administrations diverses.

Puis finalement partir à regret, ne vouloir que revenir, et enfin prendre comme prétexte la grande affaire dans ce coin : la circoncision! Qu'il ne doit pas rater! 

 Avis babelio,

Ceci sera raconté dans 


Le retour de l'anthropologue, même éditeur, 1994 traducteur Alain Bories.

On pourrait craindre des répétitions, de la lassitude : que nenni!!! Le deuxième opus est quasiment meilleur, c'est dire! Bien sûr, j'avoue avoir un plus dans cette lecture, j'ai traîné mes sandales en Afrique de l'ouest et je me suis retrouvée dans pas mal de situations... Y compris le retour en France, affolée par l'offre dans les rayons des magasins, et incapable de choisir.

 Avis babelio,

 

 

 

Poursuivons avec Nigel Barley, toujours aussi amusant, cette fois pour un roman où il n’apparaît pas, puisqu'il se déroule au 19ème siècle. Comme il avise son lecteur, rien ou presque n'est inventé, et il s'inspire visiblement d'éléments réels, mais à sa sauce. 

 


Le dernier voyage du révérend

The coast

Nigel Barley

Payot, 2001

traduit par Bernard Blanc

 


Le révérend Emmanuel Truscot arrive donc au Nigeria actuel, dans le delta du Niger, humide, sablonneux, favorable au paludisme et à la fièvre jaune. Il est accompagné de son épouse, habillée comme lui à la victorienne, j'en ai chaud d'avance. La population se complique moins la vie... 

Côté africain, il doit se plier aux lubies du roi Jack et sa famille, ainsi qu'aux embrouilles des autres européens. Une époque où théoriquement la traite est interdite, mais l'esclavage demeure. Traditions cruelles, religions locales (existant encore de nos jours), le pauvre révérend naïf et crédule doit se débrouiller, mais il poursuit admirablement son chemin, enseignant dans son école, se faisant rouler dans la farine sans s'en rendre compte, mais ne lâchant rien de ses convictions religieuses.

L'ambiance est extrêmement bien rendue, et c'est à la fois tragique et drôle.

Avis babelio

Trois livres lus il y a quelque temps, mais qui me permettent de participer à La trilogie de l'été chez Phildes.

 


jeudi 1 juillet 2021

L'attaque du Calcutta-Darjeeling


 L'attaque du Calcutta-Darjeeling

A rising man

Abir Mukherjee

Liana Levi, 2019 

Traduit par Fanchita Gonzalez Batlle


En 1919, le capitaine Wyndham, plein d'expérience acquise en Europe, débarque à Calcutta. Assez vite, il doit résoudre deux affaires, liées semble-t-il, l'assassinat d'un fonctionnaire britannique et l'attaque d'un train. Il enquête avec un collègue anglais et surtout un officier indien, le sergent Banerjee. 

Atmosphère poisseuse, racisme ambiant, le lecteur va être plongé dans toutes les facettes de la ville et découvrir une ambiance réaliste. Avec un humour qui fait passer bien des faits choquants.

J'ai donc beaucoup aimé, l'intrigue policière à rebondissements est classique mais c'est l'ambiance de l'époque et du lieu qui m'a beaucoup plu., car je sens que c'est fort bien rendu. Différent quartiers, couches sociales, des terroristes, des services secrets... Le titre français attire l'oeil, mais cette fameuse attaque n'est pas du tout l'essentiel de l'affaire. Je pense continuer avec les princes de Sambalpur (A necessary evil en VO, il semble que les versions françaises préfèrent l'exotisme dans leurs titres)

" Un panneau en bois annonce en lettres blanches:

Entrée interdite aux chiens et aux indiens

Banerjee remarque ma désapprobation.

'Ne vous inquiétez pas, Monsieur, dit-il. Nous savons où est notre place. En outre, les britanniques ont réalisé en un siècle et demi des choses que notre civilisation n'a pas atteintes en plus de quatre mille ans.'

(...) Je demande des exemples.

Banerjee a un mince sourire. 'Eh bien, nous n'avons jamais réussi à apprendre à lire aux chiens.'

Avis babelioactu du noir, le bouquineur, dasola , anne,


Les princes de Sambalpur

Abir Mukherjee

Liana levi, 2020

Traduit par Fanchita Gonzalez Batlle


L'auteur est britannique mais d'origine indienne, et l'on sent qu'il prend plaisir à égratigner la colonisation anglaise en Inde. Là encore, c'est une plongée réaliste dans un royaume à mines de diamants, maharadjahs, maharanées, concubines, prêtres, et coups tordus sans omettre des assassinats. Et une chasse au tigre à dos d'éléphant... Une enquête pour les deux héros du premier volume, Wyndham toujours amoureux d'une anglo-indiennes aussi intelligente que belle, et bien trop indépendante pour son goût. De l'exotisme, de l'humour, ça marche! A la fin on aura la vérité, mais aura-t-on la justice?

Avis babelio, encore du noir, dasola,

lundi 28 juin 2021

Les colonnes d'Hercule


 Les colonnes d'Hercule

Voyage autour de la Méditerranée

Paul Theroux

Grasset, 1997

Traduit par Isabelle D. Philippe 


L'idée de départ était de partir de Gibraltar, et de parcourir les rivages méditerranéens jusqu'au Maroc, en face, dans le sens des aiguilles d'une montre. En s'interdisant de prendre l'avion. restent alors le train, et le bateau, qui suffiront amplement aux trajets parfois en zigzags, en retours en arrière et contournements. 

"La plupart du temps, en voyageant, j'ignorais où j'allais. Je ne savais même pas pourquoi j'y allais. je n'étais pas historien, ni géographe. Je détestais la politique. Ce que j'aimais par dessus tout, c'était avoir de l'espace et du temps. Me lever le matin et partir pour une destination qu'à tout moment - si quelque chose de mieux forçait mon attention- je pouvais abandonner. Je n'avais pas de thème, je n'en voulais pas. J'avais eu l'intention d'explorer la Méditerranée, sans programme bien arrêté. Je n'écrivais pas de livre, je vivais ma vie et j'avais trouvé une manière plaisante de le faire."

Il a choisi de voyager seul, sentant combien ce côté vagabondage serait difficile à imposer. Il téléphone quand il peut à Honolulu pour un contact familial (nous sommes avant les portables et internet...) et cherche ou pas les contacts. Je l’avais précédemment trouvé critique et caustique, mais dans ce livre j'ai apprivoisé sa méthode et son humour parfois particuliers. "Mais c'était le propre de mon voyage: une quête du détail, la conversation comme une forme de traquenard, le voyageur en tant que provocateur."

Car il provoque, c'est sûr. Quitte à n'obtenir que du silence dans des coins peu voués à la démocratie, tels l'Albanie après Enver Hoxha et la Syrie d'Assad (le père), où l'on sent une chape de plomb. 

Il n'a pas pu voyager dans toute la Yougoslavie, en train de devenir ex, et la guerre non terminée. Il n'a pas pu voyager en Libye, ni en Algérie. Il a ses préférences, ses détestations. 

Mais j'ai pris un grand plaisir à le suivre!

Avis : babelio,

jeudi 24 juin 2021

Des adhésifs dans le monde moderne


 Des adhésifs dans le monde moderne

We are all made of glue

Marina Lewycka

Editions des 2 terres, 2011 

Traduit par Sabine Porte


Les adhésifs dans le monde moderne, c'est la revue pour laquelle travaille Georgie Sinclair, mais ce sera une métaphore des rapports humains. Bien complexes, ceci étant, mais cette lecture sera de bout en bout un vrai plaisir. 

Au tout début, le mari de Georgie vient de la quitter après une dispute. Elle fait connaissance de Naomi Shapiro, une dame âgée vivant pas loin dans une grande maison en assez mauvais état, sachant que Naomi possède aussi une idée très personnelle de la propreté et de la péremption des aliments. Quand elle se retrouve hospitalisée, elle fait appel à Georgie. Aussi pour s'occuper de ses nombreux félins. Des agents immobiliers, attirés par le potentiel de la maison située en plein Londres, rodent autour. Georgie engage une équipe de rénovation.

En fait, le mieux est de se laisser porter par les événements et les dialogues, sourire aux lèvres. Un poil foufou, ça fait du bien, et je compte bien renouer avec l'auteur.

Avis : babelio, cathulu,

Quelques semaines plus tard...


Deux caravanes

Marina Lewycka

Editions des 2 terres, 2010

Traduit par Sabine Porte

Dans le Kent, des travailleurs saisonniers sont logés et nourris à peu de frais dans deux caravanes. Venant de l'Europe de l'est, d'Afrique et d'Asie. Exploités et précaires. Voire, pour les jeunes filles,  en danger d'être envoyées sur le trottoir par des types sans scrupules. Après la cueillette des fraises, suivra une plongée dans l'horreur des usines à poulets et là il faut s'accrocher! Très réaliste.

Cependant l'auteur apporte toujours une petite touche de fantaisie. On s'attachera même à un chien recueilli. Une gentille histoire d'amour. Bravo à la traductrice pour avoir rendu le style des non anglophones, c'est savoureux.

 Avis babelio,

 

lundi 21 juin 2021

Voyage au pays du silence


 Voyage au pays du silence

The last wilderness

Neil Ansell

Hoëbeke,2021


Une lecture coup de coeur que je dois à Dominique, dont le billet a attiré mon oeil, et comme le livre venait d'arriver à la bibli, la rencontre s'est faite rapidement. C'est un coup de coeur.

Voyageur aguerri, préférant souvent la solitude, Neil Ansell a décidé de parcourir à nouveau les montagnes du Rough Bounds, au nord-ouest des Highlands d'Ecosse. Cinq courts voyages d'une semaine environ, étalés sur une année. Descriptions de la nature, de la faune et réflexions personnelles, rien d'original peut-on penser, sauf que c'est merveilleusement écrit, avec empathie et sans listes casse-pieds trop détaillées. Ce n'est pas un guide.

 "Rien ne peut se comparer à la joie qu'inspire une rencontre, même très brève, avec un animal sauvage rare et beau dans son milieu naturel."

Notre homme, si heureux de voir les oiseaux (entre autres) souffre hélas d'une surdité qui s'aggrave, il sait qu'au fil du temps certains oiseaux 'disparaîtront' pour lui...

"Si je vois, chemin faisant; quelque chose qui m'attire, je ne demanderai pas mieux que de partir à l'aventure.

Je suis comme ça; je ne cherche nullement à laisser entendre que c'est la seule façon de faire, ni même la meilleure. J'imagine qu'il  y a autant de manières de se présenter au monde qu'il  y a d'êtres humains. Il s'agit ici de préférences personnelles, pas de règles qu je me suis fixées. Je n’irai même pas jusqu'à prétendre que j'évite les sentiers. Bien souvent, ils sont là où ils se trouvent pour une bonne raison, tracés par la configuration du terrain, la pente et la distribution des lacs et des cours d'eau."

Personnellement, je trouve que dans le ton de Neil Ansell, il y a un petit quelque chose de Montaigne...

jeudi 17 juin 2021

Les ardomphes


 Les ardomphes

Gilles Verdet

Ginkgo noir, 2020

 

 Mais que voilà une jolie découverte ! Que l'éditeur ne m'en veuille pas de l'avoir laissé attendre sur une étagère, car une fois lancée, j'ai englouti le roman!

On n'en saura guère sur Richard, clochard parisien vivant de récupération d'objets laissés sur les trottoirs. Sa grande ennemie, la pluie. Il préfère sa tranquillité, moins dangereuse. 

Un jour, dans un sac abandonné, voilà une magnifique écharpe et un cru de grande maison bordelaise; pas question de revendre l'écharpe, et voilà Richard prenant le soleil sur un banc. L'ensemble attire l’œil d'une photographe professionnelle, qui voir le parti à tirer de tel clichés décalés pour la publicité du cru en question.

Cette histoire est racontée régulièrement sur les ondes, avec la voix de Catherine, coachée par François. Histoire en cours d'écriture, et l'auteur demeurant anonyme. Catherine et François seront aussi photographiés à leur insu.

Je n'en dirai pas plus, voulant laisser aux autres lecteurs le plaisir de découvrir ce chouette roman. Parce qu'il est écrit dans une langue à la fois fluide et travaillée, imagée, parfois argotique. Parce que ces histoires en miroir réservant des surprises tissent habilement une intrigue qui, l'annonce la couverture, va virer au noir. Et pas mal se nouer autour de l'hôtel des Ardennes, près du canal Saint-Martin. Ardomphes, c'est ainsi que Rimbaud désignait les Ardennes.

 Extrait (site de l'éditeur)

« Les Abribus, Richard les fréquentait souvent. Pour traquer le sac oublié ou la valise égarée. Les bus un peu moins. Même si la fange qui lui collait aux basques lui laissait toujours une place assise. C’était son avantage. Son privilège de pouilleux. Les culs-crottés de la rue, les pue-de-la-gueule et les « crassouilles » en goguette, ça refilait de la distance avec l’autre monde. L’autre pays. Celui des mieux nourris, des mieux chauffés et des mieux lavés. Des gens propres et coiffés qui regardaient toujours ailleurs. Mais avec des coups d’œil en biais, des manières polies et des allures rusées d’indifférence qui le toisaient en loucedé. Richard y prenait plus garde depuis longtemps, les deux humanités savaient d’instinct se préserver des contacts, éviter les frôlements et les touchers fortuits, par une distance sanitaire passive, un écart spontané aussi naturel qu’une mixité de territoire entre deux espèces animales éloignées. »

Avis : le blog du polar

lundi 14 juin 2021

Un moindre mal


 Un moindre mal

Lesser evils

Joe Flanagan

Gallmeister, 2017

Traduit par Janique Jouin-de-Laurens


Une bonne pioche sur les étagères de la bibli, sans rien connaître, sauf bien sûr l'éditeur. Cette fois c'est un poil noir bien sûr, mais pas de détails horrifiques ou d'insistance sur les gens tordus, ouf. C'est bien écrit, bien mené, du suspense, des personnages principaux ou secondaires bien présentés et intéressants, et de l'empathie pour certains (faut pas exagérer non plus, les flics pourris, ça passe moins bien)

L'histoire se déroule à Cape Cod, en 1957. Le lieutenant Warren est le chef de la police locale. Son épouse est partie, et il s'occupe de son fils, handicapé mental. Flic intègre et tenace, mais pas parfait non plus, il va affronter Stasiak, de la police d’État, aux méthodes peu recommandables et au passé trouble, qui enlèvera à Warren la direction des enquêtes principales, ainsi que quelques adjoints.

Pourtant il s'en passe, dans le coin! Des gosses sont tués. Des paris clandestins sont organisés, des gens tabassés, une famille disparait des radars, plus un psychiatre douteux, un prêtre mystérieux. Les événements s'imbriquent, s'éclairent peu à peu.

Je recommande, et pas seulement aux amateurs de ce genre de livre.

Avis babelio, Miss Sunalee,


jeudi 10 juin 2021

Le bruit de la mer



 Le bruit de la mer 

Franck Maubert

Flammarion, 2020


Allez, j'avoue, au cas où vous en douteriez, je résiste mal aux récits de voyage plutôt bien écrits, même s'ils conduisent au coin de la rue. Pas de rencontres avec des habitants de contrées lointaines, mais des autochtones bien d'ici, parfois bavards, parfois non, complètement ou presque au hasard des déambulations de l'auteur. Celui-ci a décidé de suivre la côté ouest de la France, en automobile, histoire de quitter Pierre, un ami se mourant d'un cancer, mais qu'il contacte souvent au téléphone ou retrouve lors de retours à Paris. Un voyage que Pierre ne peut accomplir, mais pourtant son ombre plane sur le voyage et certaines destinations.

Depuis le coup de coeur du  Tour de France des villes incomprises, je sais qu'il ne faut jamais mépriser une destination, la découverte intéressante est là! Le nord en janvier, la Normandie en février, cela n'apporte pas du rêve a priori, et pourtant, quand tout ou presque est fermé et que les touristes ne sont pas encore arrivés, c'est moins facile mais presque un challenge! Ne pas s'attendre à un guide de voyage (ceux de l'auteur datent de décennies) mais personnellement j'ai ressenti une grande envie d'y aller, par exemple, dans ce Cotentin mal perçu.

Une lecture agréable, quittée à regret en 'juin', après 6 mois d'errance, d'iode et de vagues...

Avis babelio

Ayant eu l'occasion de continuer avec l'auteur, voici


Avec Bacon

Franck Maubert

Gallimard, 2019

Où j'apprends que l'auteur est 'entré à l'Express, en 1979, jeune journaliste d'art', avec une idée fixe : rencontrer Francis Bacon. Admirateur enthousiaste de son œuvre, il en parle avec fougue, et permet aussi de connaître mieux le peintre.

Si vous voulez vous aussi en savoir plus sur ce peintre, c'est l'occasion!

Avis babelio

lundi 7 juin 2021

La Demoiselle à coeur ouvert


 La Demoiselle à cœur ouvert

Lise Charles

P.O.L. , 2020

 

Quatrième de couverture : "Nous aurions préféré ne pas avoir à publier cette correspondance. Nous avons jugé que c'était notre devoir." L.C.

La présentation proposée par ma médiathèque en disait beaucoup plus, trop peut-être, en tout cas impossible de résister.

Bien m'en a pris, je sors de cette lecture épatée, tourneboulée, effarée, je vais voir si les autres romans de l'auteur sont disponibles en médiathèque (non, hélas).

Correspondance par mails, avec pièces attachées parfois : une nouvelle d'Octave Milton, auteur nouveau pensionnaire à la villa Medicis (comme Lisa Charles en 2017-2018), un article sur le discours rapporté, par Marianne Lenoir, maîtresse de conférences à l'Université de Nantes (comme Lisa Charles), Marianne Lenoir étant le pseudo de Lisa Charles pour des romans jeunesse, et un journal d'adolescente (Louise, fille de Marianne... mais finalement, qu'en est-il?). Apparaissent divers correspondants, y compris Paul Otchakovsky-Laurens, l'éditeur décédé accidentellement, j'allais dire au cours du roman, Livia Colangeli, une ex d'Octave (initiales LC aussi). Les artistes séjournant à la villa Medicis sont croqués sans pitié. Même Octave Milton, censé écrire une biographie de Borromini, n'est guère actif.

Cela paraît compliqué, mais c'est fluide et jubilatoire, on sombre dans un 'jeu de miroirs', des 'mises en abyme', les Liaisons dangereuses sont convoquées par certains lecteurs.

Avis babelio, lire au lit,

jeudi 3 juin 2021

Tant qu'il y aura des coquelicots

A la médiathèque je voulais emprunter un livre de Jean-Loup Trassard, car Traquet motteux m'avait beaucoup plu. Mais je me suis trompée de prénom, la quatrième de couverture était rurale aussi, alors voilà :



Tant qu'il y aura des coquelicots
Voyage en agriculture
Maryline Trassard

l'aube document, 2004


Maryline Trassard a connu une enfance à la ferme, des études au lycée agricole de Rennes Le Rheu; elle vit à Paris, est devenue journaliste, et en 2000 le ministère de l'Agriculture lui a proposé d'effectuer une série de reportages sur des agriculteurs. La voilà donc sur les routes et les chemins, de l'est au sud, pour terminer à l'ouest -sa région. Ce livre est le résultat de ces rencontres avec des éleveurs, vaches, couvées, lapins, chèvres, des producteur de blé, maïs, fromage, viande, lait, olives, légumes divers... Huitres, vigne...

Tous ne sont pas 'bio', mais se posent des questions et aiment leur métier, c'est sûr! Il ne faut pas compter ses heures. Ce livre date de 2004 mais j'ai l'impression que la situation n'a pas vraiment changé, et par exemple le poignant témoignage d'un éleveur de volailles n'a pas pris une ride ("Je fais le pire métier pour un paysan : éleveur de volailles intégré..." Il suffit de se souvenir des dernières manifestations paysannes...

C'est un bon panorama de l'agriculture en France, avec aussi l'interview de deux paysannes d'ailleurs, Sénégal et Bulgarie.

lundi 31 mai 2021

Le bruit du rêve contre la vitre


 Le bruit du rêve contre la vitre

Axel Sénéquier

Quadrature, 2021

 

 Des nouvelles écrites pendant le (premier) confinement et sur le confinement, ça pouvait ne pas bien se passer, puisque chacun a vécu ce confinement, d'une façon ou d'une autre, et en aurait à raconter. Seulement Alex Sénéquier, lui, a un talent d'écriture et certaines nouvelles atteignent à l'intemporel. 

Par exemple cette femme battue de Les murs porteurs ou La crise de la quarantaine, et même Marée noire, auraient pu exister hors confinement. En revanche, l'apéro Zoom de Verre solitaire ou Fashion faux-pas sont bien dans l'air, et font preuve d'humour caustique voire déjanté. Fermentation lente est une originale variation sur ces néo-boulangers en appartement. Chacun comprendra le  héros de Le chemin de l'école, débordé par l'école à la maison! Intégration conte le retour de 'parisiens' vers leur maison de campagne. 

Les somnambules en pleine crise COVID en EHPAD et Le bruit du rêve contre la vitre, superbe plongée dans la tête d'un 'intubé' ramènent au concret glaçant.

Et j'allais oublier Balcons fleuris et les messages affichés en ville, ainsi que Sauvage et sa famille renard en plein centre ville...

 J'ai dévoré ces 12 variations avec plaisir, je recommande!

Avis : alex,  capharnaum éclairé, anne, babelio, krol, manU,

Et je participe ainsi (de justesse) à Mai en nouvelles 

   chez la nuit je mens et hop sous la couette

jeudi 27 mai 2021

Le parfum des fleurs la nuit


 Le parfum des fleurs la nuit

Leïla Slimani

Stock, 2021

 

Première phrase :  "La première règle quand on veut écrire un roman, c'est de dire non."

Sauf que Leïla Slimani n'a pas respecté cette règle quand on lui a proposé de passer une nuit au musée, en l’occurrence à Venise, à la Punta della Dogana (architecte Tadao Endo, un de mes chouchous). "Dans quel piège suis-je encore allée me fourrer? Pourquoi au-je accepté d'écrire ce texte alors que je suis intimement convaincue que l'écriture doit répondre à une nécessité, à une obsession intime, à une urgence intérieure?"

Elle reconnaît ne pas  trop s'y connaître en art contemporain, "la simplicité de certaines œuvres me désarçonne", mais réussit à intéresser le lecteur avec certains artistes et leurs conceptions, reconnaissant qu’elle sort là de son domaine habituel

Mettant de côté son roman en cours, mais évoquant tout de même ses recherches à son sujet, elle livre là une belle réflexion sur sa conception de l'écriture, elle se livre aussi, rappelant son enfance, évoquant son identité entre deux pays et cultures. Belle écriture fluide, une découverte.

Avis babelio,



lundi 24 mai 2021

Les rois du Yukon

 

Saumon royal nageant dans une faible épaisseur d'eau pour rejoindre leurs frayères.(merci wiki)


 Les rois du Yukon

Trois mille kilomètres en canoë à travers l'Alaska

Adam Weymouth

Albin Michel, 2020

Traduit par Bruno Boudard

 

Une équipée de plusieurs mois à descendre le Yukon en canoë, voyage qui n'est pas de tout repos, mais moins éreintant et dangereux que celui des saumons royaux, nés  à la source du fleuve, descendus jusqu'à la mer de Béring, puis, une fois adultes, y revenant, pour frayer ... et mourir. A la force des nageoires ils remontent les 3000 kilomètres, et le dénivelé!, n'échappant pas toujours aux pêcheurs et ... aux ours!

Au fil du voyage, Adam Weymouth ('journaliste, spécialiste des questions environnementales et écologiques') décrit élégamment et avec précision le paysage, mais rencontre toutes sortes de personnes, des 'premières nations' ou pas, et un ours (mais ça s'est bien passé, chacun a continué sa route). Oui, là, l'homme n'est pas au sommet de la chaîne alimentaire...

Détails du voyage lui-même, des rencontres et des résultats de recherches sont mêlés, rendant la lecture fort agréable et vivante. L'humour n'est pas absent.

"D'après le recensement de 2010, seules 39% des personnes vivant en Alaska y sont nées. Que le phénomène soit le fruit d'un engouement réel pour la région ou la manifestation géographique d’une sorte de syndrome de Stockholm, ce chiffre signifie que la majorité des habitants ont émigré en Alaska et qu'ils y sont restés. Il n'y a guère d'ambivalence à ce sujet chez celles et ceux que je rencontre - des températures de moins quarante ne laissent aucune place à l'ambivalence. Les gens viennent ici dans le cadre d'une affectation militaire, ou appâtés par les richesses supposées du pays. Les gens viennent ici pour s'enfuir le plus loin possible de leur famille tout en continuant à habiter en Amérique. Et certains viennent ici pour assouvir leur fantasme de la frontière sauvage, de ce lieu où l'homme peut vivre à l'écart du système."

Des mots évocateurs : Klondike, par exemple, et Jack London...

La forêt boréale, en danger elle aussi

"A présent, les arbres refluent à tout allure vers le nord, au rythme de cent mètres par an. En 2008, un feu de forêt s'est déclenché au nord du cercle arctique, alors qu'aucun terme n'existe dans le dialecte local pour désigner semblable phénomène. Les forêts boréales se sont réchauffées deux fois plus vite que la moyenne mondiale (...) et les zones climatiques remontent vers le nord dix fois plus vite que ne le peut la forêt."

Adam Weymouth rencontre aussi des Autochtones de divers âges, qui ont vu au fil du temps le nombre de saumons diminuer. Les camps de pêche et le séchage font partie de leurs traditions et façons de vivre depuis des siècles. "Ils s'interdisent le gaspillage, considéré comme immoral. Ce n'est pas une question de rareté de la ressource, mais de respect." "Chaque tribu de la région Pacifique a ses rites sur la manière dont doit être consommé le premier royal de la saison." j'ai aussi pensé au livre "Payer la terre" de Joe Sacco, quand on reparle des pensionnats destinés aux enfants.

 Un livre enthousiasmant, donc, qui aborde intelligemment divers problèmes. Une mine parfaitement digeste!

"Il existe une possibilité de sauver le saumon. Après une absence de deux cents ans, il nage de nouveau à Sheffield, en Angleterre, depuis que les rivières ont été nettoyées. Il est réapparu à Portland, dans l''Oregon, comme à Paris, en France. Ils ne sont pas nombreux, mais c'est un début. Et le futur des royaux du Yukon ne paraît pas bouché lui non plus, si l'on parvient à réconcilier les intérêts divergents. Réconcilier pêche commerciale et pêche de subsistance, population de l'estuaire et population de la source, pêcheurs qui voient leur droit à la nourriture, à la richesse et à la culture remonter le fleuve sous leur nez et pêcheurs qui professent une approche de préservation, voire une interdiction totale et définitive. Ainsi que je l'ai découvert, la vie d'un fleuve et d'un cours d'eau est incroyablement complexe."


https://fr.wikipedia.org/wiki/Yukon_(fleuve)

Avis : Dominique, avec plein de photos comme d'habitude!

Avis babelio

jeudi 20 mai 2021

Une guerre dans la tête


 Une guerre dans la tête

Walking it Off : A veteran's chronicle of war and wilderness

Doug Peacock

Gallmeister, 2007

Traduit par Camille Fort-Cantoni

 

Un bon vieux Gallmeister niché au fin fond du 'magasin' de la bibli : il me le fallait. Parce que Doug Peacock, c'est quand même  un vieil ami d'Edward Abbey, lequel l'a immortalisé dans ses romans du gang à la clé à molette sous le nom de Hayduke. De lui j'ai lu déjà Mes années grizzli, chez Gallmeister bien sûr. Du brave bon vieux nature writing, du vrai du costaud.

Pour ceux qui sont encore là (les autres sont sans doute partis à la recherche des œuvres d'Abbey, hum?)(ou Mes années Grizzli), sachez que ce bouquin vous baladera dans des coins sauvages, certains interdits. Par exemple une zone de tir située juste au nord de la frontière mexicaine. A pied. D'un rare point d'eau à l'autre. Dont l'un bloqué par un couvercle muni d'un cadenas. Scandaleux! Mais des migrants désespérés passent par là!

 Crapahutage au nord du Mexique chez les Tarahumaras, dans divers parcs américains, observation précise de la faune et la flore (on n'est pas obligé de tout connaître, pas de souci), des chapitres dans le Népal, et un retour en terre grizzli, histoire de constater que le grizzli noir, mâle alpha rencontré il y a une dizaine d'années est toujours là, et pas content si on le dérange...

Ce livre est composé de courts chapitres, formant un tout et assez autobiographique. La rencontre avec Ed Abbey, leurs virées ensemble, sa mort et son ensevelissement en pleine nature (c'est interdit), des randonnées en sa mémoire, et des souvenirs précis et choquants de la guerre du Vietnam, à laquelle il a participé en tant qu'infirmier.  Doug Peacock souffre de stress post traumatique, et les pages où il relate ses sensations sont fort intéressantes et effrayantes. Sa vie familiale en subira les contrecoups, et l'on comprend que la nature sauvage est une échappatoire et un bienfait.

The great gallery, Barrier Canyon, wikipedia

Avis babelio,

lundi 17 mai 2021

Bel canto

(je suis restée sur blogger, je suis désolée d'avoir mis en route des annonces, mais on ne sait jamais...)(je préviendrai dès que blogger m'agace!)

 Son dernier livre paru me fait beaucoup envie, mais en attendant j'ai fait sortir de sa réserve Bel canto, datant de 2001, et dont je fais un coup de coeur. Oldies but goldies.

 


Bel canto

Ann Patchett

Rivages, 2002

Traduit par Oristelle Bonis

 Couverture : Diego Rivera, May Day Moscow, 1928

 Histoire d'inciter M; Hosokawa, prospère industriel japonais, à investir dans son pays situé quelque part en Amérique latine, le président lui offre un magnifique cadeau d'anniversaire : un concert avec Roxane Cross, chanteuse d'opéra américaine dont il est un fan absolu. Le concert se déroule à la résidence du vice-président, avec des invités triés sur le volet.

Pas de temps pour les bis éventuels, la demeure est envahie par dix-huit guérilleros aux revendications à géométrie variable au fil du temps, leur objectif premier étant d'enlever le président, hélas absent pour une raison plutôt désopilante.

Que faire alors? Après libération d'une partie des otages, restent 39 hommes et une femme, Roxane; un négociateur de la Croix rouge se charge des contacts et de l'alimentation, car cette prise d'otages va durer ... des mois!

Dès la page 25 le lecteur sait que tous les terroristes perdront la vie. Mais j'ai fini par l'oublier tellement c'était prenant, tellement certains se sont révélés attachants. De même parmi les otages, joueront un grand rôle Roxane et ses interprétations à couper le souffle, le vice président, un prêtre, M. Hokasawa et Gen, son interprète multilingue demandé de partout pour traduire.

C'est absolument passionnant de découvrir comment au fil du temps la situation va évoluer. Des moments sidérants, inattendus. A découvrir.

Ce roman s'inspire d'événements réels, survenus au Pérou en 1996.

Avis babelio 

samedi 15 mai 2021

Nouvelles imprévues, je sais!

 Ce matin je découvre trois mails de blogger

Le premier intitulé "Votre article Tupinilandia a été supprimé'

Dont voici la copie

     Bonjour,

     Comme vous le savez peut-être, notre règlement de la communauté 
(https://blogger.com/go/contentpolicy) décrit les types de contenus 
autorisés et non autorisés sur Blogger. Votre article 
intitulé "Tupinilândia" nous a été signalé pour être examiné. Nous avons 
déterminé qu'il enfreint notre règlement et l'avons donc supprimé (ancienne 
URL : http://enlisantenvoyageant.blogspot.com/2021/02/tupinilandia.html).

     Pourquoi l'article de votre blog a-t-il été supprimé ?
     Votre contenu a enfreint le règlement sur les logiciels malveillants et 
les virus. Pour en savoir plus, consultez la page du règlement de la 
communauté, incluse via un lien dans cet e-mail.

Nous vous invitons à passer en revue l'intégralité des articles de votre 
blog afin de vous assurer qu'ils sont bien en conformité avec nos normes. 
En effet, en cas de nouvel incident, votre blog sera purement et simplement 
clôturé.

     Pour en savoir plus, veuillez consulter les ressources suivantes :

Conditions d'utilisation : https://www.blogger.com/go/terms
Règlement de la communauté Blogger : https://blogger.com/go/contentpolicy

Cordialement,

L'équipe Blogger

 Même type de mail pour :

Auteurs d'Amérique latine

et

 Elle n'en pense pas un mot.

En attendant que blogger ne supprime mon blog (si ça les amuse), je vais penser à déménager, ça tombe bien, la météo est parfaite pour m'y lancer.

Voici donc mon nouveau blog à noter; merci!

http://enlisantenvoyageant.hautetfort.com/

Edit :  Scoop ! mes trois billets sont rétablis! 

Bon, je garde blogger (pour l'instant) et mets sous le coude le blog hautetfort...


jeudi 13 mai 2021

Autant en emporte le vent


 Autant en emporte le vent

Gone with the wind

Margaret Mitchell

Gallmeister, 2020

Traduit par Josette Chicheportiche

Allez, on part en Géorgie avant et après la guerre de Sécession? Bien sûr que vous avez sans doute lu cette mythique histoire, les amours de Scarlett O'Hara la belle du sud (Taratata!) aux yeux verts, avec Rhett Butler (argh), Ashley et Melanie comme personnages inoubliables. Bien sûr que votre cœur a palpité en visionnant le film! Sachez si vous l'ignorez qu'Olivia de Haviland, qui jouait Melanie est décédée en juillet 2020 à l'âge de 104 ans.

Gallmeister propose ces 1400 pages (reviens, G.) en deux volumes totem précédés d'une biographie de l'auteur (née à Atlanta en 1900, et ça se sent que la ville est chère à son coeur) et de quelques événements en relation avec le thème des droits des afro-américains. La traduction est toute nouvelle.

Alors, fallait-il ressortir ce roman? Sachant que le film est "régulièrement accusé de faire la promotion de l'époque où le Sud des États-Unis était esclavagiste en présentant une version romantique et très édulcorée de cette période. Alors que les États-Unis sont en plein cœur de débats sur le racisme suite à la mort de George Floyd, tué lors d'un contrôle de police, la plate-forme de streaming HBO Max a décidé de retirer l'œuvre de son catalogue."

J'ai donc décidé de me lancer en scrutant certains détails, et c'est vrai, Margaret Mitchell y va fort quand même dans la promotion du sud et le 'c'était quand même pas mal avant d'affranchir les esclaves' ou 'notre pauvre sud a été mis à terre mais on se relève en gardant nos valeurs'. Opinions d'ailleurs dans la tête ou la bouche de Scarlett et de certains personnages. Souvent choquantes.

J'ai aussi redécouvert des faits sur le Ku Klux Klan (quoi!)

Et la traduction? Fluide, ça se lit tout seul. J'ai englouti ce gros roman quasiment d'une traite. En ayant oublié les images du film et donc en me créant les miennes au fur et à mesure. En attendant avec impatience certaines scènes, en redécouvrant d'autres passages totalement oubliés. J'ai découvert que Mamma n'est plus Mamma, mais Mammy, comme dans la version originale. J'avoue d'ailleurs avoir lu cette version originale.

Juste un exemple de la traduction du parler de Mammy, controversée auparavant car le traducteur avait enlevé les 'r'. 

"Young misses whut frowns an pushes out dey chins an' says 'Ah will' and 'Ah woan' mos gener'ly doan ketch husbands" prophesied Mammy gloomily. "Young misses should cas' down dey eyes an' say, 'Well, suh, Ah mout' an' 'jes'  as you say, suh'"

Ce qui donne maintenant

Les p'tites mam'zelles qui froncent les sourcils et qu'avancent le menton et pis qui disent 'J'veux' et 'J'veux pas', en général, elles attrapent pas de maris, prophétisait Mummy d'un air sombre. Les p'tites mam'zelles, les doivent baisser les yeux et dire 'Bien, m'sieur, je l'ferai' et 'Juste comme vous dites, m'sieur".






lundi 10 mai 2021

Par une mer basse et tranquille


 Par une mer basse et tranquille

Donal Ryan

Albin Michel, 2021

Traduit par Marie Hermet


Voici pour moi l'occasion de découvrir un nouvel auteur pourtant bien connu sur les blogs, qui emporte son lecteur bien loin des terres irlandaises, du moins au début.

Médecin syrien, Farouk fuit son pays avec sa famille, pour une traversée de tous les dangers vers l'Europe.

En Irlande (oui quand même) vit Lampy un jeune homme gentil  qui n'a pas osé réaliser ses rêves de départ, a vu sa petite amie le quitter, vit avec son grand père aux blagues parfois lourdes et sa mère qui le couve. Son job dans une maison de retraite ne le passionne pas. Sympathique et débrouillard quand même.

Puis le mystérieux John se confesse, un vieil homme marqué par la mort de son frère, et dévoilant toutes les mauvaises actions de sa vie.

Trois parties qui pourraient être des nouvelles indépendantes, racontées dans une belle écriture prenante et maîtrisée. On ne peut que se laisser entraîner et découvrir l'intérieur des personnages, leurs pensées, leurs rêves, leurs espoirs.

Dans une dernière partie, les trois héros sont reliés, mais finalement pour moi ce n'était pas tellement nécessaire, c'est beau et bouleversant bien sûr mais les histoires étaient assez complètes avant.

Avis : babelio,


 

 

jeudi 6 mai 2021

Maintenant que j'ai 50 ans


 Maintenant que j'ai 50 ans

Bulbul Sharma

Philippe Picquier, 2011

Traduction de Mélanie Besnel 


Le titre et de bons avis, voilà le prétexte pour partir en Inde. Avec des femmes de 50 ans, on l'aura deviné, pour la plupart mariées, le célibat étant considéré comme une catastrophe par la famille. Ces femmes appartiennent à un milieu aisé, maison confortable et assez grande pour accueillir généralement une belle-mère plus ou moins terrible et despote. Le rôle de la femme est de rendre la vie facile à son mari, être aux petits soins pour lui, quitte à le manipuler un peu ou être son esclave. Pas beaucoup de liberté, le chauffeur est là pour les déplacements.

Alors un jour, à cinquante ans, c'est le moment de la réflexion, voire du changement. 

Fort réussies et variées, ces nouvelles d'une vingtaine de pages environ ont l'art de plonger le lecteur directement dans une histoire, de le conduire aisément dans la vie d'une de ces femmes, puis de le laisser (à regret, je l'avoue) sur les mêmes rails ou vers une libération (quoique pas question de jeter les saris par dessus les moulins). Pour terminer, j'ajouterai qu'un humour de bon aloi traverse les pages.

Avis babelio, lectures sans frontières, le libriosaure, jérôme,

Et je participe ainsi à Mai en nouvelles 

   chez la nuit je mens et hop sous la couette

    

lundi 3 mai 2021

Les fureurs invisibles du coeur



 Les fureurs invisibles du coeur

John Boyne

JC Lattès, 2018

Traduit par Sophie Aslanides


Impossible de me souvenir où j'ai pris l'envie de cette lecture, en tout cas, tout s'est bien passé, et j'ai dévoré ce roman!

En résumé, pas facile d'être une femme, pas facile d'être un homosexuel dans l'Irlande des années 40 et bien après. Mais John Boyne n'écrit pas une thèse, et ses deux héros principaux, Catherine Goggin et Cyril Avery nous entraîneront sur 70 ans, de 7 ans en 7 ans. 

Catherine est la mère de Cyril, mais enceinte sans mari dans un petit village d’Irlande, ça fait désordre, le curé la jette hors de l'église, sa famille de la maison. C'est une fille énergique, elle s'installe à Dublin, décide de laisser son bébé à l'adoption. Cyril se retrouve dans une famille assez étonnante, mais pas trop aimante. Il découvre rapidement qu'il préfère les garçons, est amoureux de son ami Julian, et au fil des années doit cacher ses penchants et ses relations.

Bien des événements dramatiques attendent le lecteur, qui n'a pas le temps de s'ennuyer. Les dialogues offrent souvent un humour décalé. Mention spéciale à Mary-Margaret. Beaucoup de personnages qui se croisent - des coïncidences, c'est très vivant. Bref, un brave gros roman qui a su me satisfaire.

Plein d'avis babelio, bibliosurf, kathel, Autist Reading, A girl (merci de me l'avoir signalé!)

jeudi 29 avril 2021

Humanité


 Humanité

Une histoire optimiste

De meeste mensen deugen (la plupart des gens sont des gens bien)

Rutger Bregman

Seuil, 2020 

Traduit par Caroline Sordia et Pieter Boeykens


Quoi? On ne nous dit pas tout! J'avoue en être restée sur la catastrophe de l’île de Pâques (Jared Diamond dans Effondrement), diverses expériences dont celle de Milgram et sa machine à électrochocs, l'histoire tragique de Catherine Susan Genovese (assassinée sans que personne ne réagisse), sans parler des camps de concentration et du roman Sa majesté des mouches.

D'après l'auteur, les gens (enfin, la plupart) seraient bons? C'est sûr que si on se fie aux médias, ça paraît un poil osé de l'affirmer. Mais les médias aiment les catastrophes, c'est plus vendeur que les belles histoires. 

En 400 pages passionnantes (et plutôt aisées à lire, j'allais dire 'comme un roman'), Rieter Bregman va démonter et démontrer, et j'avoue que ça bouscule pas mal. Il va fouiner dans les documents, opposer Hobbes et Rousseau, écorner la 'civilisation', trouver une histoire vraie de gamins sur une île - qui se termine très bien!- , regarder ce qui se passe chez les actuels chasseurs-cueilleurs, dégoter une histoire de renards argentés rendus tout gentils, pour finir par des exemples où des 'naïfs' avaient raison. On touche à pas mal de notions, historiques, anthropologiques, mais parfaitement digestes.

Qu'on ne se méprenne pas, des méchants, il y en a, il y en a eu, et il y en aura, mais en sortant de cette lecture on est bien bousculé, on se dit 'et pourquoi pas?'. Exemples en Afrique du sud, en Colombie, vraiment détonants.

Suite à cette lecture, j'ai bien envie de lire Hannah Arendt ...

Avis babelio,

lundi 26 avril 2021

Les quatre filles du docteur March


 Les quatre filles du docteur March

Little Women, 1868, 1869

Louisa May Alcott

Gallmeister, 2020

Traduit par Janique Jouin-de-Laurens

 

Même en partant du principe que  presque tout le monde a déjà lu ce roman, y compris en version plus courte, je vais essayer de ne pas trop révéler de l'intrigue. Il y a quelques années je l'avais lu en VO, et là, Gallmeister et tout ça, une bibliothécaire m'en avait parlé, bref j'ai craqué.

Durant la guerre de Sécession, le père de la famille March est aumônier, laissant au foyer son épouse et ses quatre filles adolescentes. La famille a connu des revers de fortune et doit surveiller ses dépenses. Comme voisins, un vieux monsieur et son petit-fils Laurence. On suit ce petit monde durant quelques années, avec deuils, mariages, naissances, voyages...

Mes impressions : 

Pourquoi 'docteur' March? Il semble d'après wikipedia que ce soit un choix de traduction dans les années 1880, histoire de gommer  "le caractère chrétien du personnage". Mais il suffit de bien lire l'édition non coupée pour réaliser que le tout baigne bien dans une atmosphère très WASP, avec parfois références au Voyage du pèlerin. 

Évidemment on reste dans une atmosphère bien pensante,  les filles sont élevées pour devenir de parfaites épouses, mais cependant elles peuvent donner libre cours à leurs envies, les arts pour Amy, l'écriture pour Jo, par exemple. La mère conseille mais laisse ses enfants expérimenter -quitte à tirer ensuite une petite morale.

Il y a des longueurs, parfois du sucré, mais honnêtement il faut se rappeler que c'est écrit dans les années 1860. Et même plutôt bien écrit et observé. Le personnage de Jo, assez chien fou au départ, est original. Personne n'est parfait, ouf, mais chacun évolue au cours du roman.

On peut penser retrouver l'auteur dans le personnage de Jo?

L'édition donne quelques repères de la vie d'Alcott, j'y au appris que se parents avaient fondé une école expérimentale, puis une communauté utopiste (ça n'a pas duré). La famille a habité Concord, Louisa a été scolarisée chez Emerson, puis instruite à la maison.

On retrouve pas mal de détails autobiographiques dans le roman.

Un roman intéressant, un peu daté quand même (désuet dit ma bibliothécaire), mais qui demeure à découvrir. Existent des adaptations cinématographiques, mais peuvent-elles rendre justice au roman?

Avis : babelio

jeudi 22 avril 2021

La carte des Mendelssohn


 La carte des Mendelssohn

Diane Meur

Sabine Wespieser, 2015

 

 Au départ, Diane Meur voulait juste s'intéresser à Abraham Mendelsson, fils de Moses, philosophe du 18ème siècle, et père de Felix, le compositeur romantique. Une position pas facile, en effet. Sauf que, de fil en aiguille, l'auteur s'est trouvée plongée dans une recherche sans fin (elle a dû y mettre fin, sinon elle y serait encore). Jusqu'à établir une carte des descendants de Moses et Fromet son épouse (belles lettres d'amour, tiens) qui trônait sur sa table de salle à manger, avec des réactions diverses venant de ses enfants, amis et même éditrice (oui, Sabine Wespieser apparaît pas mal dans ce livre).

Un début de billet un poil foutraque, mais le livre aussi, car on aura de la biographie sérieuse, quoique tourbillonnante, et des portions de vraie vie, particulièrement à Berlin et à Paris. Je confirme que des recherches généalogiques peuvent conduire à des moments où on perd un peu la tête!

Du sérieux, oui, mais aussi pas mal d'humour, et j'ai particulièrement apprécié "ce roman en spirale qui raconte sa propre histoire." ou "le roman vécu de ma recherche sur les Mendelssohn, dont je serais le seul personnage répondant à mes critères de personnage de fiction, puisque je ne connais pas d'avance ma propre vie (façon de vous dire que j'ignore absolument où, quand et comment finira ce livre)."

Le lecteur découvrira des personnages peu connus mais qui le méritent, le prénom Enole qui a donné du fil à retordre à l'auteur, et Felix Medelssohn, (quel talent! et puis il a contribué à sortir Bach de l'oubli) sans oublier sa soeur Fanny, très douée mais... une femme (et à l'époque, pas question d'être en avant)!

 Avis babelio,myriam (merci!)  , dasola,

vient du site de l'éditrice https://www.swediteur.com/wp-content/uploads/2020/04/LacartedesMendelssohn.png

Cinquième lecture proposée pour le mois belge chez Anne et Mina