mercredi 20 juin 2018

L'héritage des espions

L'héritage des espions
A legacy of spies
John Le Carré
Seuil, 2018
Traduit par IsabelelePerrin


Grâce à wikimachin, je sais que ce roman récent reprend les personnages de L'espion qui venait du froid, roman que j'avais oublié à 99%, une histoire durant la guerre froide, au moment de l'érection du mur de Berlin, avec espions de tous bords, manipulations, agents doubles ou doublés...

En gros, on prend les mêmes et on recommence? Non, Le Carré est plus malin que cela, il entremêle avec virtuosité passé et présent, narration classique et rapports d'agents anglais sur le terrain ou pas.
Peter Guillam, qui coule une heureuse retraite en Bretagne du côté de Lorient, se voit rappeler à Londres car ça sent le brûlé pour lui et son ex service!  Les enfants des agents morts au pied du mur (de Berlin) crient justice et veulent un procès. Peter Guillam est sommé de dire la vérité sur l'affaire Windfall.

Après un début où j'ai dû prendre mes marques, j'ai plongé dans cette histoire haletante, dévorée en deux jours, grâce à l'art de Le Carré et à son humour british. Même si on garde tout de même un goût amer en bouche,  et que j'attendais une fin plus pétante.
Attention, ne pas attendre de l'espionnage avec action, bagarres et compagnie, c'est très psychologique, et la lecture réclame de la concentration.

Un passage, dans une des maisons du Service
"Un chat fait son apparition : un gros matou noir à poils longs et à l'air mauvais avec un collier rouge. Il s'assoit, baille et nous dévisage. Laura lui rend son regard et se tourne vers Millie.
' Il est inscrit au budget, lui aussi?
- Je m'occupe moi-même de son entretien, merci bien.
- Il a un nom?
- Oui.
- Mais il est Top secret?
- Oui.'

Des avis chez babelio,

C'est le mois anglais, chez Lou et Cryssilda

lundi 18 juin 2018

La chambre de Jacob

La chambre de Jacob
Virginia Woolf
Archipoche, 2018
Traduit par Jean Talva



Petit à petit j'avance bien dans ma découverte de l'auteur, presque à la fin des romans en tout cas
 Orlando   L'art du roman   Une chambre à soi   Promenade au phare  Mrs Dalloway  La traversée des apparences  Entre les actes  The common reader(2)  The waves/Les vagues   Nouvelles (autour de Mrs Dalloway)


La chambre de Jacob est parue en 1922 et considérée comme le roman dans lequel Woolf a trouvé sa voix, le flux de conscience et tout ça. C'est plutôt expérimental, à découvrir, mais j'avoue qu'il vaut peut-être mieux commencer par un roman ultérieur.

On suit Jacob de son enfance à sa fin, ses études, ses amitiés, ses amours, ses occupations, ses voyages en Italie et Grèce en particulier. Toujours ou presque vu par son entourage, aux impressions diverses sur le jeune homme. Cela peut être assez froid, déroutant en tout cas. A accepter, quand cela donne ce merveilleux passage à la fin, où Jacob flânant à Londres est aperçu par plusieurs personnes à la suite, sans qu'aucune n'ose l'aborder.

Woolf excelle aussi à évoquer divers milieux, riches ou pauvres, ruraux ou urbains, par petites touches, milieux fréquentés par Jacob.
Enfin, l'écriture superbe est déjà là, précise, colorée.

"Des larmes montèrent à ses yeux. Toute la baie devint tremblante, le phare se mit à osciller, et elle crut voir le petit mât du grand yacht de Mr Connor ployer comme un cierge de cire exposé au grand soleil. Elle cligna vivement des yeux. Il arrive parfois des accidents terribles! Elle battit encre des paupières. Le mât se redressa, la houle redevint régulière, le phare rigide."
"Les lumières de Scarborough étincelaient, comme le collier de diamants d’une femme qui ne cesserait de tourner la tête."

Existent aussi des passages que je trouve pleins d'esprit
"D'ordinaire, une femme élégante voyage avec plus d'une robe, et si le blanc convient aux heures matinales, peut-être qu'un costume de teinte sable semé de pois violets, un chapeau noir et un volume de Balzac, conviennent pour la soirée."

Juste pour voir, j'ai lu deux courtes nouvelles de Woolf, dont Bleu et vert, et franchement, en VO, c'est différent, Woolf cisèle.
"the frog flops over", "beneath the blue bells", par exemple. Intraduisible.

Merci à l'éditeur, qui offre à petit prix des classiques anglais incontournables, ah si j'avais connu cela plus tôt!

C'est le mois anglais, chez Lou et Cryssilda
Cela entre aussi dans le (nouveau) challenge de Philippe!

vendredi 15 juin 2018

Les coulisses du critique

Ah le bon vieux temps des tags! Quand j'ai changé de plateforme de blog (je ne voulais ni payer pour ce loisir, ni laisser proliférer les publicités)(en fait, les publicités, mon oeil les ignore facilement mais je ne voulais pas les imposer aux autres) j'ai viré tous les billets tag...
Mais là c'est Cunéipage -celle qui sans le savoir bien sûr m'a poussée à bloguer - qui a lancé celui-ci.
« Tu adores mes billets, tu voudrais te lancer toi aussi mais tu es trop modeste pour me demander comment est l’arrière cuisine. Le chien n’a rien à cacher, tu sauras tout sur les coulisses de ma vie de blogueur, du choix de mes lectures à la publication de mon article. »
écrit-elle.

(rendons à César... au départ c'était )
Bon on y go? (je vous fais grâce d'une photo de ma vraie arrière cuisine)

Avis, critique, recension et/ou ressenti ?
Je ne vais pas prétendre être une professionnelle (ceux qui écrivent dans les vrais journaux et parlent de livres dans le poste, en racontant parfois trop, grrr), je dis de quoi ça parle, le genre ou alors le début, et le ressenti, si j'ai grimpé aux murs, si je me suis ennuyée, si j'ai crié wahou ou bof. Rien de bien scientifique. L'idée générale étant de donner envie, et en conséquence je ne parle pas des déceptions et encore moins des abandons. Tant pis si mon blog donne l'impression d'être 'trop bon public'.

Le choix du livre
Après une période folle où j'achetais des sacs entiers de livres (et de vinyles, ah ça remonte!) en librairie, je me suis calmée, pour fréquenter des bibliothèques bien fournies en nouveautés et vieilleries, et des bourses aux livres ou bouquineries. Là je peux craquer sur du total inconnu. Sinon, ce sont surtout les blogs qui fournissent les idées, les 'je veux lire ça tout de suite', donc chers blogs continuez, vous êtes ma principale source de tentations!

Cas particulier: Parfois, pas besoin de choisir, les livres viennent à toi via les SP, ou service de presse
En règle générale (mais pas toujours) j'indique la provenance du livre. De toute façon, après une période faste côté SP, les choses se sont calmées (départ d'une attachée de presse, chez un éditeur, nouveaux chez un autre  -j'ai même viré la lettre de nouvelles- , mails perdus semble-t-il ailleurs, mais petits éditeurs fidèles, bref, c'est calme, en contrepartie liberté totale de lire ou pas, et puis, trouver en bibli ce dont j'ai envie évite un SP qui va squatter mes étagères, suffit d'être patient)

Mettre ou ne pas mettre la quatrième de couverture? That is the question
Pour certaines qui racontent tout ou presque, mieux vaut pas! Je ne peux pas dire que je ne la mets jamais, mais en règle générale je concocte un 'résumé du début' personnel.

Prise de notes
Même avec mes livres, je ne corne pas (et je déteste les gens qui cornent les livres empruntés, avec les leurs ils font ce qu'ils veulent, mais pas avec ceux d'autres lecteurs potentiels, na)(évoquons aussi ceux qui soulignent dans les livres empruntés), mais je place un bout de papier pour signaler un passage, qui m'aidera à écrire le billet -ou pas. Pas de prise de notes, donc.

Rédaction
Rarement je commence un billet avant d'avoir terminé la lecture, mais ça arrive, particulièrement sur des lectures lourdes.
Ensuite après lecture sans trop attendre j'écris directement, en enregistrant régulièrement (la peur de la coupure d'électricité ou du bug?), je laisse maturer, j'y reviens, et relis et fignole juste avant parution. Sachant que je n'écris pas de billets sur toutes les lectures...

Serré ou plutôt long?
Rien de systématique, mais certains auteurs imposent la prolixité, à l'insu de mon plein gré (Proust, Montaigne, des gens comme ça)

Divulgâcher, moi! Jamais
J'essaie de ne pas trop en dire, exercice parfois difficile (je me souviens des Hauts de Hurlevent, où mon billet sur babelio a suscité une protestation car j'en disais trop - pourtant c'est un classique connu, non?)

Ils en pensent quoi les autres blogueurs?
En règle générale je cite d'autres avis, si j'en trouve.
Certains ont été à l’origine de ma lecture, mais j'oublie les contenus précis, et j'écris mes billets avant d'y retourner.

Citation
Cela dépend, soit un passage marrant, soit significatif, ou rien. Mais pas un passage qui en dit trop, style "oh Pierre-Jean, tu quoque mi fili!" qui dévoile le nom du coupable.


Taguer ses billets
Ah mais oui j'ai quitté overblog en partie parce qu'on ne pouvait placer plusieurs tags sur un même billet. Là maintenant je peux m'adonner au plaisir du classement et du n'importe quoi (pas trop quand même, certains se lâchent plus). Cela me permet de m'y retrouver, et, je l'espère, aux visiteurs aussi.

Noter ses lectures
Beuh j'ai assez noté comme cela dans ma vie professionnelle, et même en maths la note dépend du correcteur et ne veut pas dire grand chose. OK, sur Goodreads je place des étoiles, mais sans que cela n'aie de grande valeur.


Les affiliations
Quézaco? Je refuse de faire de la pub sur mon blog, si je dis qu'un éditeur est super c'est que je le pense (il s'agit en général d'un petit éditeur qui ne m'a absolument rien demandé mais que j'aime et voudrais voir plus reconnu). Mon blog ne me rapporte rien, et prend du temps. Mais je m'amuse, c'est la récompense.

La reconnaissance
Heu, dans un cercle restreint de lecteurs et visiteurs, oui, sans doute. Ailleurs, j'avoue des refus quand je veux participer à des prix de lecteurs, comme Elle ou autres. J'ai survécu. De toute façon je postule sans parler de mon blog...

Reprend ce (chouette) tag qui veut. Allez, laissez-vous faire, c'est (bientôt) l'été...

mardi 12 juin 2018

Folle passion

Folle passion
Wanting
Angela Huth
Quai Voltaire, 2001
Traduit par Marie-Odile Fortier-Masek



L'invitation à la vie conjugale m'avait tellement plu l'année dernière que le nom d'Angela Huth était resté dans un coin de tête. Et disons tout de suite que le charme a encore opéré.

Pourtant, ce n'était pas gagné. Folle passion de Harris Antlers pour Viola, pourquoi pas, mais franchement il y a plus de folie que de passion là-dedans. Envoyer cent roses, oui, mais harceler au téléphone et à domicile, même quand Viola exprime clairement son manque d'intérêt, c'est odieux. Mais Angela Huth sait user d'un subtil décalage et ça passe (en roman).

Plusieurs personnages se croisent, le touchant Alfred Baxter, Hannah la copine de Gideon (frère de Viola), et d'autres souvent un poil particuliers. Le tout raconté avec certain petit brin de fantaisie; j'ai aussi aimé la surprise réservée vers la fin.

"Ils se serrèrent la main de façon formelle, mais avec tout le plaisir caché de deux Britanniques faisant connaissance dans le désert."

C'est le mois anglais chez Lou et Cryssilda
, profitez-en!

Cela entre aussi dans le (nouveau) challenge de Philippe!

vendredi 8 juin 2018

Qui l'eût cru? Pas moi.

Hé oui, il y a dix ans je démarrais timidement ce blogounet. Non, je ne vais pas jouer les anciens combattants, trop regretter la fofollerie des premières années, mais quand même... Des trucs de malade, la chaîne des livres, avec 40 poches lâchés à travers la France de blog en blog (merci Sandrine), les pique nique de la blogosphère, Chez les filles, les tags et swaps en pagaille, les Harlequinades, Books and the city, auquel je n'ai jamais pu participer (Fashion, on ne t'oublie pas) pour cause de Portes ouvertes au collège et ensuite de caténaire foudroyée (on savait vivre dangereusement, à l'époque), et il y avait déjà Cuné, Papillon, cathulu, dominique, Karine:) In Cold Blog (et ses avatars depuis) et j'en oublie ... 2008 a vu démarrer aussi des blogs qui existent encore (bisous les filles qui se reconnaîtront). Plus ceux qui ont cessé de bloguer mais sont encore présents (cathe)

Mais heureusement la blogosphère bouge toujours, avec ses challenges, mois belges, anglais, japonais, scandinaves et j'en oublie. Plus les rencontres IRL avec des blogueuses parfois devenues auteurs (Stéphie!), ou ces deux craignant les limaces rouges mais adorant les chats,  et lors de salons et autres festival America. Le prochain, du 20 au 23 septembre 2018. Pays invité, le Canada (et le Québec). Auteur vedette : John Irving.

Merci aussi aux fidèles qui continuent à venir ici quoiqu'il soit chroniqué, vieux classiques de derrière les fagots, auteurs géniaux mais absolument inconnus, non fiction avec bestioles et verdure. Quelques nouveautés arrivent à s'insérer, mais encore faut-il que j'arrive au bout, quand ça tombe des mains, c'est au revoir.

Sans parler de grosse flemme à l'idée d'écrire des billets, déjà pour les BD quasiment tout passe à la trappe, même ce qui m'enthousiasme.
Quelques statistiques (merci Goodreads) : en 2018 j'ai déjà lu 12 BD, 38 auteures et 39 non fiction. Ces ensembles ayant des intersections non vides (merci les maths dites modernes), vous ne saurez pas où j'en suis en fait.
D'après mes statistiques (merci blogspot) deux billets tiennent la corde des vues, L'homme qui savait la langue des serpents (plus de 19 000) et Une sale affaire (près de 18000). Je n'ai pas vraiment compris.

Embarquement immédiat pour une nouvelle année!


mercredi 6 juin 2018

Mission zéro déchet

Mission zéro déchet
Lucie Vallon et Vincent Bergier
Rie de l'Echiquier jeunesse, 2018



Grâce à Masse critique chez Babelio je découvre un éditeur qui a eu la bonne idée de joindre son catalogue, et là je tombe vraiment dans mon créneau de lecture. La partie "Parler d'écologie aux enfants" propose déjà plusieurs titres, dont ce Mission zéro déchet (oui j'ai déjà lu le livre de Béa Johnson et La famille zéro déchet)

Mais là la mission est de présenter le zéro déchet aux enfants. Les quatre principes, qui ne feront pas de mal à être rappelés aux adultes, sont
Refuser : oui, tous ces sacs plastiques (vivent les sacs réutilisables), ces publicités dans les boîtes aux lettres (stop pub, le retour) ,  et les goûters multi emballés (une boîte à goûter fait le job)
Réduire : faire la chasse au superflu dans la maison
Réutiliser : boîtes, cartons, ou alors donner, vendre, troquer
Recycler (je signale à l'auteur qu'avant la consigne était très répandue en France, elle revient timidement)

Le tout agrémenté de dessins, de quizz, de petits jeux.

Ce petit livre (40 pages) est proposé 'à partir de 8 ans' par l'éditeur, mais je pense qu'il peut servir de rappel ou de base pour tout adulte (en tout cas pour moi ça marche bien) et je suggère aux parents de le lire avec leur enfant, éventuellement expliquer certains termes, faire les jeux avec eux, discuter, et les aider à mettre en oeuvre certaines idées. Et gare! Les gamins sauront voir les failles chez les adultes, qui ont intérêt à s'y mettre honnêtement, et à accepter d'être remis en cause dans leurs habitudes.
tous les livres sur Babelio.com

lundi 4 juin 2018

Le tunnel aux pigeons

Le tunnel aux pigeons
Histoires de ma vie
John Le Carré
Seuil, 2016
Traduit par Isabelle Perrin

En fait je ne me souviens plus trop quels romans de John Le Carré j'ai lus, mais je sais que j'en ai lu un paquet et que j'aimais bien. Alors, ces Histoires de ma vie, pourquoi pas?

"Le présent ouvrage rassemble des anecdotes vraies racontées de mémoire. Mais que sont la vérité et la mémoire pour un romancier qu atteint ce que nous appellerons pudiquement le soir de sa vie? me demanderez-vous à juste titre. Pour l'avocat, la vérité, ce sont les faits bruts - quant à savoir si les faits peuvent jamais se trouver à l'état brut, c'est une autre histoire. Pour le romancier, les faits sont une matière première, un instrument plutôt qu'une contrainte, et son métier est de faire chanter cet instrument. La vérité vraie, pour autant qu'elle existe, se situe non pas dans les faits mais dans la nuance.
La mémoire peut-elle être objective? J'en doute. Même quand nous arrivons à nous convaincre que nous sommes impartiaux, que nous nous en tenons aux faits bruts sans fioriture ni omission intéressées, l'objectivité de la mémoire nous reste aussi insaisissable qu'une savonnette humide -en tout cas pour moi, après une vie passée à entremêler expérience et imagination."

Soit. Il explique n'avoir jamais "sciemment falsifié un fait ou une anecdote. Retouche si nécessaire, oui; falsifié, jamais."

Et c'est parti pour des souvenirs pas forcément chronologiques, où l'on rencontre palestiniens et israéliens, des ex du KGB, où l'on se rend au Cambodge et au Rwanda, avec l'auteur cherchant à écrire des romans aussi exacts que possible, et des personnages crédibles. Quelques pages plus poignantes, et une évocation de son père, une épine dans le pied ou une blessure, allez savoir.

Cela fourmille de détails intéressants, même si parfois j'étais un peu perdue, ce n'était pas grave, je passais rapidement. J'ai bien aimé voir comment ses romans pouvaient s'écrire, comment ses personnages pouvaient se créer à partir du réel.

"L'espionnage et la littérature marchent de pair.Tous deux exigent un œil prompt à repérer le potentiel transgressif des hommes et les multiples routes menant à la trahison."

Côté écriture, bien entendu c'est fort agréable, l'auteur prétendant que sa formation a l'écriture fut celle de ses "officiers supérieurs pétris de culture classique". Exigeants et pertinents.

C'est le mois anglais, chez Lou et Cryssilda

vendredi 1 juin 2018

Dans une coque de noix

Dans une coque de noix
Nutshell
Ian McEwan
Gallimard, 2017


" O Dieu, je pourrais être enfermé dans une coque de noix et m'y sentir roi d'un espace infini, n'était que j'ai de mauvais rêves." Shakespeare, Hamlet

En anglais visiblement biberonné au Shakespeare, Ian McEwan s'attaque à Hamlet, mais un Hamlet pas encore né. Bien au chaud dans le ventre de sa mère Trudi, il entend tout, apprenant ainsi le dessein de Trudi et de Claude, son amant, de se débarrasser de son père John.

Si on ne veut pas se préoccuper des références littéraires, on prend cependant un vif plaisir à cette histoire s'acheminant vers une tentative d'assassinat et ses conséquences. Histoire, je le répète, suivie par un bébé non encore né, donc forcément parcellaire. Un challenge, quoi.
C'est fascinant aussi de constater tout ce que ressent le futur bébé, chaleur, sons, ingestion d'alcool par la mère. Un bébé aimant écouter les émissions suivies par sa mère, fort instruit donc, et qui parfois en connaît un bout sur le monde dans lequel il risque de mettre bientôt les pieds. McEwan en profite pour évoquer les catastrophes vers lesquelles se dirige notreplanète.

Bref, un roman brillant et souvent drôle, si!, dont le héros forcément sans pouvoir (sauf à lancer des coups de pied pour détourner des conversations) pourra-t-il éviter le sombre dénouement?

Les avis de Nicole, dasola, dominique, babelio (60!), lecture/écriture, Violette, krol,

Bon, c'est le mois anglais, chez Lou et Cryssilda
Cela entre aussi dans le (nouveau) challenge de Philippe!